08.07.2009

La chaîne des gémissements d'été

Je n'aime pas trop l'été... D'une part à cause de la chaleur étouffante qui m'empêche de circuler dans tous les sens à la vitesse de la lumière sans me sentir repoussée par les vagues de nonchalance forcée et encouragée par cette lourdeur étourdissante... D'autre part parce qu'en plus autour de nous tout s'arrête...



Donc je profite de ce moment d'humeur pour répondre à la chaîne que mon mécanicien nord-alsacien préféré a créée et intitulée "Est-il normal que"... Je la décrirais de manière caricaturale si j'osais... Il s'agit d'écrire un billet et de s'autoriser à geindre en commençant toutes ses phrases par "est-il normal que", sachant que nos gémissements collectifs résultent simplement de la dernière "petite phrase" de notre président de la République préféré :

“Est-ce qu’il est normal que le dimanche quand Madame Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois (sic) passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir ? »



Voilà c'est mon tour :

- Est-il normal qu'en France tout s'arrête en été, et particulièrement cette année? On sait que les écoles et les universités sont en vacances, que de nombreuses entreprises ferment en août, et que c'est comme ça... Hormis le fait que c'est une aubaine pour de nombreuses entreprises de fermer cette année pour souffler et mettre tout le monde en grandes vacances pour diminuer les "frais" des départs définitifs qui vont suivre, il est quand même angoissant de se dire que dans quelques jours, il ne se passera plus grand chose entre les murs... et que le tourisme ne va pas forcément apporter autant de "richesses" que d'habitude (sauf si Mme Obama décide en août de faire les boutiques et les musées avec Carla et Rachida, à Paris et Strasbourg, en semaine ET le dimanche).



- Est-il normal que les citoyens soi-disant les plus engagés se mettent aussi en stand-by d'action, tous en même temps?

Quelques exemples? Le PS nous crée tout plein de groupes de réflexion, donc ça réfléchit aux moyens de reprendre le pouvoir, mais bon... En dehors de ça... On verra la suite aux universités d'été fin août/ début septembre... (idem pour beaucoup d'autres partis...)

Les syndicats? L'intersyndicale qui se voulait transpartisane et unie pour lutter en masse et en cohésion au profit de l'emploi et de l'intérêt général vient de reporter toute nouvelle décision à la rentrée... le temps de se poser...



Donc tout le monde suit le mouvement ensuite... Il est urgent de ne rien faire.



- Est-il normal qu'on accepte que tout le monde (enfin presque) se regarde le nombril l'été??? Parce que pendant ce temps là... on s'habitue à tout, on se créé des repères et on accepte ce contre quoi on luttait il y a quelques jours... Et puis le temps de redémarrer la mécanique, à la rentrée, le dynamisme n'est pas prêt à affronter avec suffisamment de recul les nouveautés qu'on devra subir au lieu de comprendre....



Donc M Sarkozy, tu pourras ouvrir tout ce que tu veux le dimanche, tout le monde s'en moque là, surtout que l'été dans les stations balnéaires, on s'habitue à disposer de tout tout le temps. On en reparle en septembre, parce que là, je fais bronzette, tu permets?



Et je tague Olivier, ce cher KaG qui sera ravi de nous faire une petite liste d'humeur... Parce que là, il doute beaucoup, faut faire quet'chose... Mais personne d'autre parce que... "est-il normal qu"'on mobilise toute la blogosphère pour se plaindre? ;-).... Allez, on se remobilise, au moins sur le net...

17.06.2009

Maman, papa, faut qu'on parle... (avec accusé de réception)

Dans la vie telle qu'on la définit en Sarkozie, il y a vraiment des gros nazes : il y en a qui non seulement sont des vrais fainéants (c'est à dire les chômeurs), mais en plus ils ne sont même pas capables d'être en couple et de bien s'entendre avec leur famille. Heureusement qu'on a des tribunaux en France pour s'occuper de tous ces inadaptés...

 

Rappelle-toi comme tes parents étaient contents quand tu as mis fin à ta mission de "Tanguy" et que tu as enfin quitté le nid familial, allant faire ailleurs tes crises d'adolescent en rebellion contre ceux qui t'hébergent, te nourrissent et te supportent! Ils étaient fiers de toi... L'indépendance, la libération. Et toi-même n'étais pas peu fier non plus de voler de tes propres ailes, de faire tout comme tu veux quand tu veux, sans avoir de compte à rendre. Tu en as pris des galons...

 

Et soudain, c'est le drame.

 

Suite à quelques bouleversements dans ta vie de rebelle, suite à de mauvaises rencontres ou des erreurs d'appréciation, suite à un contexte économique défavorable ou à des priorités qui t'ont accaparé, tu es devenu ce que la société sarkozyste nomme un fainéant : tu as donc touché les allocations chômage, et comme tu es aussi un gros naze, les mois passant, toujours pas de boulot.

 

Mais ouf, j'ai une bonne nouvelle pour toi, et tous tes amis du guichet : comme vous le savez tous, le gouvernement a mis en place LA solution du siècle pour combattre le chômage et le syndrome des travailleurs pauvres : grâce au RSA, si vous êtes bien sages, vous mériterez un accompagnement... dans la précarité. Par contre, assurez-vous avant de réclamer nos sous que vos parents ne sont pas des nazes comme vous... parce que s'ils pouvaient vous prendre en charge, ça nous arrangerait. (Ca commence à buzzer pas mal, en provenance de Libération : ici)

 

 

Ben oui. Zavez pas reçu le formulaire de la CAF? ben regardez, il est là :

 

Fac-Simile du formulaire de demande de RSA, un questionnaire de 5 pages.

 

En effet, comme le rappelle le journaliste de Libé :  

 "A la rubrique «Vous êtes célibataire et vous vivez seul», le document interroge les futurs allocataires : «Percevez-vous une pension alimentaire ?» Si le demandeur répond «non», le document lui précise qu’il est «susceptible d’engager une action envers (ses) parents [père, mère, ndlr] pour obtenir une pension alimentaire»."
Bien entendu, si votre ex est susceptible de payer aussi et qu'il/elle ne le fait pas, procès également. Sauf si vous êtes capables d'expliquer et de justifier clairement pourquoi votre ex vous arnaque.

Non mais... faut pas se laisser exploiter par son entourage...

 

Par contre, dépêchez-vous parce que devant la révolte de ces foutus gauchos bien-pensants, ces mentions risquent de disparaître des formulaires.

 

Allez, tous aux tribunaux, même si beaucoup d'entre eux disparaissent, comme Rachida d'ailleurs qu'on verra de moins en moins, sauf peut-être aux soirées VIP de Strasbourg.

 

La solidarité? Ben, c'est un slogan. Quand y a pas d'sous, y a pas d'sous. Va chercher sous les matelas de tes parents, les ingrats, et puis demande des dommages et intérêts pendant que tu y es.

 

La solution pour redynamiser l'emploi en Sarkozie? : attaque tes parents...

 

 

(billet publié aussi sur le blog collecif des Femmes Engagées).

03.06.2009

Vers un pacte global, ensemble, durablement, décemment...

satellites.jpgAlors que certains nous font croire que la préoccupation principale des "gens normaux" actuellement est la sécurité, que d'autres prônent la réconciliation de leurs égéries pour vanter le vote utile (utile au parti - à rien d'autre), pendant que les médias monopolisent notre attention sur le terrible accident de l'Airbus (les journalistes, quand il veulent, ils se mobilisent...), pendant ce temps-là donc la terre continue de tourner... tourner autour d'autres satellites... le satellite de la crise financière, celui de la crise économique, celui de la crise sociale... chacun est satellite de l'autre et de la terre comme la terre est leur satellite... Le cosmos s'agite pendant que ses habitants font comme si tout allait s'arranger bientôt et attendent... attendent... attendent.

 

Attendre ou baisser les bras... c'est quoi la différence aujourd'hui?

 

Et si on fait un petit tour chez les experts qui tentent d'envoyer des fusées de détresse, on remarque qu'il est temps de mobiliser les services de maintenance. La crise sociale, celle des personnes non anonymes dans leur environnement et dans leur entourage (mais invisibles pour les porteurs de rollex et les rois des plateaux), ne se tient pas que dans les rues, sur les pancartes ou les piquets de grève, elle ne se résume pas en slogans temporaires à l'image d'humeurs changeantes et inconstantes... (ndlr : c'est ainsi qu'elles sont montrées, ce n'est pas ma vision...)...

 

 

Sans vouloir sombrer dans le catastrophisme, je communique malgré tout les conclusions récentes des analyses du BIT à propos de la situation mondiale de la protection sociale et de l'emploi :

"M. Somavia [directeur général du BIT ] a cité une série de terribles défis économiques auxquels est confronté le monde du travail, en commençant par la hausse du chômage et de la pauvreté qui pèse sur les entreprises; il a ajouté: «Tout ces éléments réunis signifient que le monde peut s’attendre à une crise de l’emploi et de la protection sociale qui pourrait durer de six à huit ans»." Car en effet, "nous savons par expérience que l’emploi ne retrouve son niveau d’avant crise qu’avec un délai de quatre à cinq ans en moyenne"...

Comme on n'est pas capable encore de mesurer la durée de la crise, l'après-crise semble de plus en plus lointaine.

 

 

J'écrivais plus haut qu'attendre que "ça passe" revenait à baisser les bras. Alors que faire?

 

 

Juan Somavia recommande un PACTE MONDIAL POUR L'EMPLOI : «C’est pourquoi je vous engage, en tant que Conférence tripartite internationale du Travail – la plus haute instance de gouvernance de l’OIT – à concevoir votre Pacte mondial pour l’emploi comme une initiative nationale, régionale et mondiale pour aider les travailleurs, les familles et les entreprises à surmonter la première crise systémique de la mondialisation et à jalonner la voie du travail décent vers la reprise et une croissance durable».

 

Pacte mondial : cela signifie sans doute qu'on va inclure tous les pays du monde, même les plus pauvres, n'est-ce pas?

 

La prise en compte d'une "crise systémique" : cela signifie qu'on ne prendra pas de décisions à l'emporte pièce avec des mises en place de mesures non cohérentes les unes avec les autres comme le RSA qui développe la précarité en période de lutte contre l'explosion sociale, n'est-ce pas?

 

Une "initiative nationale, régionale et mondiale" : cela signifie qu'on va apprendre à travailler en convergence avec ses voisins, les voisins de ses voisins, vers des solutions et des réponses les plus adaptées en s'appuyant sur les réussites des uns et des autres n'est-ce pas?

 

Aider les travailleurs, les familles et les entreprises : cela signifie qu'on va travailler pour des personnes et non pas pour gagner les prochaines élections n'est-ce pas?

 

Wouah, super, sur le papier ça a l'air pas mal...«Donner la priorité aux gens – pas seulement en paroles mais dans les actes – doit être une priorité», a déclaré M. Somavia. Vraiment d'accord. Sauf qu'il va devoir bosser avec nos décideurs... et là... c'est le drame.

 

Et en bref : il n'y a pas que les experts qui doivent plancher sur la question de l'emploi et de la sortie de crise. Nous devons le tenter aussi par nos propres moyens.

 

Un premier pas dimanche pour mettre fin à l'attentisme : voter lors des élections européennes et se mobiliser pour une convergence et une collaboration des différents pays et dirigeants qui devront travailler ensemble. Voter pour des personnes qui vont dans ce sens et non uniquement dans le sens de leur parti.

 

Et ensuite, du concret. Ensemble. A suivre...

08.05.2009

Il sera une fois... la démocratie

La crise actuelle a fait ressortir la misère démocratique de notre société et les révoltes plus ou moins organisées qui prennent voix dans la rue, sur internet ou dans les foyers ou les entreprises, sont caractéristiques d'une époque (française) où les décisions sont prises de manière unilatérale, en réponse à des intérêts bien déterminés - ceux des puissants et qui s'expriment le plus fort... le micro leur est en tout cas tendu....
 
Nos élus désertent les assemblées et quand ils sont présents, ils jouent le jeu du clan, pas celui de leurs électeurs et font masse pour faire passer ou bloquer les textes.
 
Les partis politiques ne se modernisent pas : la voix des chefs guide les fidèles, les militants distribuent les tracts, tout est déjà joué pour 2012, ou presque. Les projets se construisent, dans les bureaux et les réunions, puis se défendent dans la rue, et l'esprit de clan reprend sa place. Les nouvelles générations, celles qui veulent renverser l'esprit d'appareils et voir à long terme pointent le bout de leur nez, timidement, puis se cachent derrière le rideau parce que ne se sentant pas prêtes et le seront quand le boss l'aura décidé. Sauf si les militants actifs reprennent un peu plus la main et participent en-dehors de leur parti à la "vraie vie" des projets collectifs concrets et reviennent plus forts de leur expérience, réalisant les "putchs" nécessaires afin de réactualiser les pratiques. Ca bouilllonne bien, inutile de les faire taire. Mais le temps passe. Trop vite.

La politique ne devrait pas être considérée comme une profession, mais davantage comme une vocation qui permet de donner un chemin à toute une vie d'engagement, avec à un moment donné une prise de poste, ponctuelle et unique, pour faire fructifier cette expérience antérieure puis la laisser à d'autres qui sauront tout aussi bien faire, parce que l'on doit poursuivre ailleurs, dans l'entreprise, la vie civile et citoyenne et les projets politiques avec un peu plus de recul car moins d'ambition strictement individualiste.
 


Comment passer d'une démocratie qui se manifeste de manière purement électorale à une démocratie dont les exigences sont la régulation et la redistribution, avec une prise en compte de la diversité, des différences, de la transparence, du besoin d'interractivité, de l'attente des réponses aux questions?

Comment passer d'une démocratie dont les seuls enjeux sont les prochaines élections et qui met en scène des personnalités avides de pouvoir et d'influence à une démocratie dont l'enjeu est la société?

 

C'est à cette question que le Forum "Réinventons la démocratie" organisé ce long week-end à Grenoble par la République des Idées (site) a vocation a répondre, cf ci-dessous interview de Pierre Rosanvallon, réalisée par Mediapart.

Deux philosophes participeront au débat, Claude Lefort présenté comme le penseur du régime démocratique et Charles Taylor, présenté comme le penseur de la société démocratique.

 

 

Le scrutin européen a pour ambition de présenter des projets qui dépassent les clivages politiciens et nous permettra d'élire des représentants qui vont travailler pour des enjeux qui vont bien au-delà des soucis nationaux consistant à maîtriser ses troupes et ne parler que d'une seule voix pour défendre des décisions pas toujours cohérentes les unes avec les autres et souvent à mille lieux des préoccupations immédiates... Donc on n'en parle surtout pas, des fois que des vocations de remise en cause du régime actuel au nom de la démocratie se généralisent...

 

Chut, on vote bientôt mais faut pas le dire...

Et à tous ceux qui prônent un vote-sanction : s'il vous plaît, on n'en est pas là, la vérité est ailleurs. Dans les défis sociaux, elle est, la vérité.

-

06.05.2009

"Faire ce qui convient au moment opportun".

Le titre est une citation d'Aristote.

 

Il y a deux ans, c'était la fiesta au Fouquet's... Cécilia s'en souvient sûrement, même si elle a depuis tout fait pour oublier le show...  
 
Il y a deux ans, ma migraine qui durait depuis deux semaines (... et qui avait atteint son paroxysme lors du débat Royal/Sarko...)  s'est transformée en colère (non je ne me calmerai pas... non plus...), colère forte et cependant génératrice d'énergie. Mais l'énergie ne suffit pas. Il faut du courage, et il faut la force d'un groupe.

 

Philosophie magazine.jpgLe dernier numéro de Philosophie Magazine, consacré au thème du "courage aujourd'hui", montre à quel point cette qualité humaine a évolué, passant d'un modèle héroïque (dans lequel la personne prouvait par ses actes qu'il était vaillant), à un modèle plus intériorisé et subjectif qui consiste à agir en adéquation avec soi-même et ses valeurs. "Le courage n'est plus une vertu sociale mais la condition de notre perfectibilité - en manquer, être lâche, c'est simplement ne pas être capable de surmonter ses divisions". On pourrait être d'accord dans le cas d'une démocratie apaisée et en vogue vers un véritable projet de société à l'horizon...

Mais dans un contexte de crise dans lequel le régime en place confisque le dialogue social, réprime les libertés publiques et instaure la normalisation des inégalités... (non je n'ai toujours pas lu le dernier livre de F. Bayrou ;-)), il faut proposer et agir contre un "ordre" sécuritaire qu'on essaie de nous imposer et qui avec le temps s'avère être un désordre au regard d'un humanisme dans lequel on mettrait la personne au centre du "progrès".

 

Qui doit être courageux quand notre démocratie est en danger? Celui qui explique ou celui qui se lance et qui agit?

Entre vanité et altruisme, la justification de la révolte et de l'intervention active a du mal à trouver sa place. Il ne s'agit plus de devenir un héros qui agit en dépassant toutes les limites de manière inconsciente, mais de redonner de la valeur à la définition platonicienne et socratique du courage présenté comme "une science de ce qu'il faut craindre et de ce qu'il faut oser"... Tout cela parait bien froid et GuiGrou mon lecteur préféré va encore râler si je parle de science et non d'action... alors qu'il s'agit en fait d'intelligence pratique comme le montre Martin Legros (Philosophie Magazine, "Etre courageux, est-ce réfléchir ou se lancer?"), car le fait de peser le choix de l'action à la lumière de ses propres valeurs, de mettre en jeu sa propre personne, permet la constance, la maîtrise  et le respect des valeurs... pour ne pas se lancer à l'aveuglette et faire le malin dans un souci de "communication" de sa bravoure.

 

 

Il faut construire un projet permettant cette constance et ces actes fidèles aux valeurs de l'humanité, en amont de toute action qui se répercute ensuite dans notre vie de tous les jours, citoyenne,  et aussi dans les associations ou les groupes agissant.

 

Les courageux qui doivent s'affirmer aujourd'hui au premier plan sont :courage.jpg

- les journalistes qui doivent informer en toute indépendance et objectivité, suite à un travail d'investigation, d'analyse et de mise en perspective.

- les élus qui ne doivent pas choisir des textes en fonction de leur clan mais en raison des motifs premiers qui les ont poussés à s'engager et à NOUS REPRESENTER (oui nous... les électeurs et nos enfants).

- les décideurs en général (entreprises, associations, partenaires sociaux, gouvernants, ministres) qui doivent préférer des décisions qui répondent à une vision globale et non à des coups de coeur/tête à l'emporte pièce.

- nous tous qui ne devons pas hésiter à rappeler à ceux qui nous représentent qui nous sommes et quelles sont nos attentes.

 

Pour tous les exclus ou tous ceux qui ne sont pas en mesure de prendre le recul nécessaire pour mesurer cette responsabilité collective, il s'agira aussi de ne pas les oublier.

 

Bref, 2 ans qui nous prouvent que non, il est impossible de continuer sur cette voie génératrice de la défense des intérêts des plus puissants. Puisque notre société souffre.

 

2 ans qui nous obligent à nous regrouper et à agir... et à construire une Europe politique et sociale qui nous oblige à prendre de la hauteur sur la politique de surface qui est menée en France.

 

Suite bientôt...

11.04.2009

Le Sarkobisme donne la migraine à la démocratie

Week-end de Pâques, j'interromps momentanément mon traditionnel voyage en direction de Rome (...) Clipart image paques ouf lapin cloche pour faire sonner quelques sons sociaux en ce contexte asphyxiant pour les défenseurs d'un débat apaisé...
 
Alors que la crise économique et la crise financière ont commis bien des ravages dans les porte-monnaie de toute une population d'hommes, d'entreprises et autres structures, la crise sociale s'installe insidueusement, et commence à faire pas mal de bruit également.

 

La pression, mode de communication privilégié essentiellement depuis deux ans..., est dans tous les comportements.

Les médias complaisants, toujours prompts à reprendre non seulement les mots et expressions, mais aussi les comportements montrés en exemple par le gouvernement, montrent du doigt les "méchants" de tout bord : leur cible actuelle privilégiée, ce sont les vilains salariés qui parviennent à convaincre par la menace et la séquestration... Mediapart rappelle aujourd'hui que ces pratiques ont toujours existé... mais c'est plus sympa de les mettre en "valeur" en ce moment, y a des réformes à faire signer... (à conditions que messieurs (et quelques mesdames) les parlementaires veuillent bien participer aux débats...).

 

 

Un nouvel aspect de la crise ne va pas tarder à semer la panique sur toutes les places publiques : la crise démocratique.

Les démons annonciateurs sont déjà là :

- on "monte" les individus les uns contre les autres (j'en ai parlé ici)

- les perspectives en terme de maintien ou création d'emploi sont catastrophiques : avec une chute de 30% de l'intérim sur un an, et en considérant que ce secteur est précurseur et représente un indicateur assez précis de l'évolution du marché de l'emploi, ne soyons surtout pas faussement optimistes et à l'écoute des promesses démagos... effectuées avec le regard compatissant et la rolex au poignet. La gestion catastrophique actuelle du Pôle Emploi est incapable d'y répondre...

- des médias qui se focalisent tous sur les mêmes sujets et surtout reprennent les paroles de ceux qui n'expliquent pas mais qui communiquent pour calmer les foules, privilégiant l'opacité des fausses bonnes nouvelles au discours de vérité... (cf. par exemple les compte-rendus admiratifs relatifs au G20 et aux fausses mesures décidées notamment sur les paradis fiscaux).

- des députés qui... mais ils sont où? ah pardon, overbookés, pas le temps d'aller voter les textes de loi, de toutes façons, c'est Sarko qui décide.

- une société européenne à construire avec un parlement à élire et une élection qui s'annonce comme celle d'un affrontement des camps les uns contre les autres, à la lumière des actions nationales et surtout en espérant l'abstention, afin d'éviter de parler de choses qui fâchent et pour pouvoir continuer comme on veut... Alors que tant de réponses devraient être débattues en ce moment!!!! Des attentes, conscientes ou inconscientes, pourraient s'exprimer dans le contexte d'un projet à échelle européenne et internationale, banalisant les usages des nations comme la France qui se replient sur elle-même.

 

De dissimulations en mensonges, de verbiage en déguisements, on s'aveugle les uns les autres par manque de dialogue...

Pas d'informations fiables hormis pour ceux qui prennent la peine de les chercher, pas de discours de vérité hormis pour ceux qui sont engagés (je veux dire " engagés sincèrement", je parle pas des absents des hémicycles...!) et organisent la confrontation en préparant leurs dossiers, du chantage qui s'instaure dans toutes les négociations... La démocratie est très souffrante... et couve vraisemblablement une longue maladie.

 

Comment on fait pour la sauver? En Orient, on n'attend pas que les personnes soient malades pour les soigner, on fait en sorte de préserver un état de bonne santé.

Chez nous, on tente de guérir quand l'infection est installée, par un cumul de remèdes plus ou moins actifs, plus ou moins nocifs... et qui marchent pas toujours, et certains ont plus de mal à guérir et à payer leurs soins, .... et les déficits se creusent.

médocs.jpgDoit-on adopter ce système pour soigner notre société malade... Comment créer les conditions d'anticipation indispensables à la prévention? Est-il déjà trop tard? Devra-t-on se contenter d'infliger quelques médicaments de circonstance à notre démocratie en péril ou la laissera-t-on mourir?

 

1ère proposition : construire l'Europe : responsabilité de ceux qui font campagne actuellement. Ne pas réduire ces élections à une lutte de clans et à un combat politicien. Des personnes comme Jean-François Kahn, Sylvie Goulard et Corinne Lepage, toutes têtes de liste pour le Mouvement Démocrate l'ont bien compris. Diffusons leurs messages par tous les moyens.

 

Ensuite? Réfléchissons ensemble, mais surtout, éloignons-nous de cette vision refermée sur elle-même, le "Sarkobisme"... parce qu'à force ça donne la migraine, premier signe annonciateur des symptômes suivants...

 

 

 

Attention, à suivre sur ce blog : un article sur la démocratie sociale en entreprise, mardi 14 avril!

(à voir ce qui se passe dans ce domaine en entreprise, il est important d'anticiper les conséquences!).

02.04.2009

Lettre ouverte à Barack Obama

A l'occasion de la première visite de Barack Obama en France, Handicap International appelle les citoyens français à adresser un message au président américain afin que son pays interdise les bombes à sous-munitions (BASM).

Les Etats-Unis détiennent en effet plus de 700 millions de sous-munitions faisant peser une intolérable menace sur les populations civiles.

OBAMA Non aux BASM.jpg

Monsieur le Président,
Nous faisons le rêve que les États-Unis
d'Amérique contribuent au renforcement
du droit international humanitaire en
signant les traités d'Ottawa et d'Oslo...

Monsieur le Président,
Les Français ont suivi votre élection à la présidence américaine avec un enthousiasme sincère.
Nous savons qu'un immense travail vous attend, mais nous avons confiance et pensons que vous saurez marquer l'histoire par votre courage politique.
Parmi les espoirs que vous incarnez aujourd'hui figure en bonne place la conviction que la première puissance de la planète va enfin retrouver les vertus du multilatéralisme.
Alors, Monsieur le Président, à l'heure où votre élection a donné corps au rêve de Martin Luther King, permettez-moi de vous exprimer le rêve et l'attente exigeante de tous les peuples de la planète : que les Etats-Unis contribuent au renforcement du droit international humanitaire et au respect de ses règles, pour mettre un terme au massacre programmé de milliers de civils, victimes des mines antipersonnel et des bombes à sous-munition dans le monde...
À l'occasion de votre première visite en France, je joins ma voix à celle de Handicap International pour vous demander que les Etats-Unis signent rapidement le Traité d'Oslo contre les bombes à sous-munitions, et le Traité d'Ottawa interdisant les mines antipersonnel.

Handicap International.

17.03.2009

Dialogue de sourds

La peur du demandeur d'emploi qui craint de perdre à la suite de son travail tout ce qui le rattachait à la société : son appartement, son éventuel véhicule, et ses trois repas par jour... (et ceux de sa famille), la peur qui peut le conduire à disjoncter. (cf. film ici)

 

La peur des conseillers du Pôle Emploi de se faire agresser soit justement par ceux qui disjonctent, soit par les autorités parce que par respect des demandeurs d'emploi, ils risquent d'accorder un peu trop de temps à la dimension "conseil" de leur poste et de ne pas atteindre les objectifs de rentabilité : nombre de dossiers traités par jour, classement des chômeurs par catégories pouvant permettre aux stats d'être moins affolantes pour les électeurs, ... Peur de ne plus trouver de sens à leur mission.

 

En près de trois ans derrière mon bureau d'une agence d'intérim spécialisée en bâtiment, il y a quelques années déjà, j'en ai vu des personnes disjoncter pour un acompte exigé immédiatement, par une incompréhension face à l'impossibilité de les placer sur une mission : des téléphones qui volaient, des corbeilles à papiers jetées, des coups de pied dans le bureau, des menaces et des insultes...

 

Désarroi de ceux qui voudraient gagner leur vie.

Désarroi de ceux qui voudraient les aider mais qui sont missionnées avant tout pour d'autres types d'action : satisfaire un client, faire baisser les chiffres.

 

Un idéal : accompagner les demandeurs d'emploi dans leur parcours professionnel, proposer des postes de travail, offrir des perspectives d'avenir...

Une réalité : l'offre et la demande souvent en désaccord, un contexte et des besoins qui ne se croisent pas.

 

C'est le mouvement général de la précarisation des emplois qui est en marche depuis de nombreuses années et qui atteint son paroxysme dans un contexte de crise. Cette précarité se caractérise généralement par :

- des contrats dont le statut exprime une relation de durée limitée entre l'employeur et le salarié.

- des contrats sur des métiers en voie de disparition et exposant le salarié au risque de perdre prochainement son emploi.

- la mobilité imposée.

Et aujourd'hui en période de crise, on ajoute la précarisation des précaires, ou l'incroyable spirale infernale qui plonge les personnes en situation déjà précaire dans un bain d'incertitudes et de danger :

- le chômage longue durée, et la perte des indemnités qui en plus sont payées très en retard depuis quelques semaines ...

- le découragement progressif devant l'impossibilité de reprendre une activité stable avant de longs mois.

- la perte du contact avec le monde du travail.

- un accompagnement social de plus en plus réduit puisqu'il ne privilégie en Sarkozie que les "méritants", ... ceux qui travaillent malgré tout, parce qu'ils ont pu conserver une situation stable construite de longue haleine, ou parce qu'ils ont eu la chance de pouvoir revenir sur le "marché" avec de l'aide dont ils ont pu bénéficier, parce qu'ils le voulaient vraiment certes, mais aussi parce qu'ils étaient là au bon moment; ce qui n'est pas le cas de tous...

 

On voudrait nous faire croire que c'est surtout le monde de l'emploi qui a changé et que la précarisation n'est en réalité que la traduction d'une incapacité des individus à s'adapter à ces évolutions. Sans nier ces mutations et ces transformations, on peut surtout constater qu'elles nous ont conduit à la flexibilité, la mobilité et la remise en question, ce qui ne va pas à l'encontre d'un épanouissement professionnel, bien au contraire, à condition de pouvoir l'accompager par des orientations en termes de Ressources Humaines qui s'inscrivent dans ces orientations dynamiques. Et en même temps, elles ont laissé sur leur passage ceux qui n'ont pas compris ces aspects, ceux qui n'ont pas appris à les comprendre, dans un système éducatif complètement décloisonné vis à vis de la vie active.

 

Des pouvoirs publics sourds envers la précarisation qui demeure.

Des personnes en précarité qui n'ont pas compris les mutations du monde de l'emploi.

 

Un fossé immense, une incompréhension incommensurable, un langage caricatural pour revendiquer des droits et pour répondre à ces revendications, alors qu'il faudrait avant tout apprendre à considérer le langage comme l'unique possibilité de se retrouver et de reconstruire une logique apprenante pour tous avec les mêmes mots et le même respect. Mais il est un peu tard hélas, la cassure est présente, les conflits montent, certains rêvent de révolution oubliant les bains de sang qui ont illustré certains mouvements de foule antérieurs. Angoisse d'un peuple conduit à l'opposition... opposition envers un pouvoir en place, envers des réalités en place, ou au contraire envers le désordre.

 

Dialogue de sourds prévu jeudi 19 mars...

 

Alors que la plupart iront rappeler quels sont leurs droits fondamentaux et leur volonté de s'impliquer dans la société, d'autres entendront uniquement le rejet d'un système qui tend inexorablement à se pérenniser, du moins avec le gouvernement actuel...

Il y aura d'autres messages, bien sûr...

 

On peut le dire en langage que tout le monde comprend : "ça craint..." 

10.02.2009

Alerte PME : quand les chiffres de l'export parlent.

Les chiffres provisoires pour l'année 2008 viennent de paraître : les opérateurs du commerce extérieur.pdf  (Ces chiffres émanent des douanes).

 

Si on se penche sur le cas des PME indépendantes, on constate que les chiffres alarmants en matière de baisse du nombre d'exportateurs (-3.1% par rapport à 2007 sur la globalité) touchent plus spécifiquement les entreprises de moins de 250 salariés (surtout les moins de 20) non rattachées à un groupe. Et comme les partenariats avec l'Europe ne semblent pas encouragés (-4.2% d'exportation en provenance de la France!!!), on constate que les chiffres continuent de baisser en direction des pays limitrophes alors qu'ils sont en hausse si l'on regarde vers l'Europe élargie.

 

Et pendant ce temps-là, on continue d'importer : +2.7% et d'acheter aux Chinois et aux Américains.

 

Les PME indépendantes et partenaires de l'Allemagne, du Royaume-Uni, d'Espagne, d'Italie, etc... doivent-elles réorienter leur stratégie pour autant?

S'affranchir de l'appartenance à un groupe, c'est :

- garder l'autonomie vis à vis de ses décisions en matière de développement et de choix de prestations et de partenariats.

- se protéger des conflits d'intérêts en matière de production et d'innovation, et donc préserver ses capacités de créativité et de création de valeur (je ne parle pas seulement en termes financiers, mais en termes de brevets et de culture entre autres).

- renforcer des spécificités, des compétences recherchées et promouvoir l'expertise et l'exception.

(...)

 

De quoi ont besoin aujourd'hui les PME,  qui en plus de voir se boucher les voies de l'exportation, subissent de plein fouet les effets de la crise en augmentant leurs cas de défaillances? Pourrait-on enfin envisager vraiment :

- une politique européenne de partenariats fondée sur la complémentarité des expertises.

- la formation des dirigeants dans les domaines de la stratégie et du long terme pour leur permettre de mieux affronter les travers que la société inflige à leur autonomie. (augmenter les budgets et ouvrir des fonds pour les dirigeants non salariés)

- un recensement en termes de réels pôles de compétences pour éventuellement lier le monde de la recherche (en crise!...) davantage à ces entreprises privées, et développer ainsi d'autres formes de partenariats déjà existants, et ce qui serait souhaitable, fondés sur une stratégie plus globale.

- et surtout qu'on s'intéresse à elles... enfin et pour de vrai.

 

Le retrait de la taxe professionnelle est un signe vers les PME mais qui met l'accent de nouveau sur... le cash! Alors que... comment dire... tous les signes de la ruine sont dans les chiffres : on privilégie les grands groupes, ceux qui font parler d'eux et qui communiquent, qui rachètent la presse, entrent dans toutes sortes de partenariats qui ne font pas toujours grandir l'image de la France et le rattachement à l'Europe.

 

Mais l'exportation a baissé aussi pour les grands groupes, même si c'est moins sensible. La France et l'Europe ont tout intérêt à réfléchir sur ce qui crée leur richesse et leur culture davantage que leur identité, qui en France est assez connotée "papiers" et "réseaux"... tout est lié finalement... aïe. De même qu'il faut pour entrer en France des papiers et un carnet d'adresses, il faut pour en sortir... des en-têtes et des carnets d'adresse. A changer... encore.

 

29.01.2009

Tous ensemble, tous ensemble

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c'était hier...

 

Aujourd'hui :

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merci GroDem...

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