24.09.2009

Mes livres à la chaîne

Philippe le mécano fait son malin en me taguant à propos de la chaîne de la lecture :

 "Nous allons rentrer dans la 6 ieme dimension, celle où tout devient possible, où le monde perd ses repères, la pesanteur s'inverse, tout file au plafond:  le Mecano Tague Nelly en Lecture…."  dit-il... c'est ce qu'on va voir!

La lecture restant un de mes passe-temps favoris, je réponds avec plaisir...

Et si entre temps, vous pouvez me divulguer quelques manières de classer des centaines de livres chez soi sans n'en dissimuler aucun et sans bazar, je suis preneuse...

 

 

 

 

 

1 – Plutôt corné ou marque page

Marque page, j'adore d'ailleurs les marque pages en bois ou très "déco", c'est mon côté snobinarde... Si j'avais des problèmes de vue, je porterais même des binocles d'époque pour avoir encore plus de style...

 

 

2 – As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?

Oui ! D'ailleurs, je vous le conseille à tous de m'en offrir ;-). Le nouveau Philip Roth sort la semaine prochaine, ce serait sympa merci.
 
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3 – Lis-tu dans ton bain ?

Oui, et certains bouquins s'en souviennent...


 

4 – As-tu déjà pensé à écrire un livre ?

A suivre...

 

 

5 – Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?

Rien de spécial, j'ai lu les Misérables il y a quelques années, c'était fabuleux. Ce n'est pas de ce type de livres dont vous parlez? Alors je n'en ai pas lues d'autres, ou pas encore.
 

6 – As-tu un livre culte ?

Ouais mais franchement, je risque de passer pour une allumée...

 

 

7– Rencontrer ou non l’auteur du livre ?

Je n'en fais pas une obsession, puisqu'on les rencontre surtout en lisant plusieurs de leurs livres. Mais j'avoue apprécier certaines rencontres telles que celles que j'ai eue avec Edgar Morin, c'est plutôt émouvant, même si nos échanges furent brefs. On peut écouter un auteur parler de son livre, de l’histoire de son existence, mais la vraie rencontre est plutôt dans les pages qui nous questionnent davantage… Mais dès que je peux, j’aime bien aller à des présentations dans les librairies.
 
 

8 – Aimes-tu parler de tes lectures ?

Presque systématiquement.
 
 
 

9 – Comment choisis-tu tes livres ?

Soit par l'auteur, soit parce que le titre et le quatrième de couverture m'inspirent. 
 

10 – Aimes-tu relire ?

Un livre culte se relit, ou parfois certains passages surlignés, oui.

 

 

 

11 – Une lecture inavouable ?

Certains journaux de presse dite « indépendante »… de toute neutralité… Donc le Figaro, ou d’autres…

 

 

 

12- Des endroits préférés pour lire ?

Canapé ou lit, transat, baignoire, bref, allongée c’est top...

 

 

13 – Un livre idéal serait pour toi ?

Bien écrit et dont l’histoire ou les thèses me marquent longtemps.

 

 

 

14 - Lire et manger ?

Euh, non pas encore

 

 

 

15 – Lecture en silence, en musique, peu importe ?

Peu importe. Parfois c’est dur dans les transports en commun quand il y a trop de monde.

 

 

 

16 – Le Livre te tombe des mains, tu vas quand même jusqu’au bout ?

Ben oui.

 

 

 

17 – L’auteur que tu regrettes de ne pas avoir lu ?

Il en reste des milliards.

 

 

 

 

18 – Ton livre de chevet tout de suite ?

Ceci n’est pas une crise, de Philippe Dessertine, et en même temps l’Elegance du Hérisson de Muriel Barbery et en même temps le dernier numéro de l’Européen et en même temps… euh oui ça va j’ai compris… 

 

 

Alors les lecteurs à interroger : Orange Sanguine, Barrejadis et Olympe.

09.10.2008

Incontournable, depuis longtemps, mais surtout dès aujourd'hui

Le prochain roman incontournable à mettre en évidence dans sa bibliothèque (après l'avoir lu!) semble bien être Ritournelle de la faim de JMG le Clézio, notre écrivain français auréolé aujourd'hui du prix Nobel de littérature.

 

Il était ce matin sur France Inter, dans l'émission Esprit Critique, avant l'annonce de cette récompense ultime et indiscutable, reconnaissance planétaire de son talent et de son oeuvre.

 

Cette interview (si vous avez 12 minutes) est intéressante à plusieurs niveaux, aussi bien par rapport aux réflexions de l'écrivain sur la littérature et le monde des écrivains (bien distinguer les deux, certains sont publiés, d'autres pas), mais également vis à vis de la présentation de son dernier livre, Ritournelle de la faim, dont l'histoire semble résonner aujourd'hui de ses échos de volonté d'un monde meilleur et moins perverti, même si elle nous replonge dans les années trente, à travers la vie d'une jeune femme qui ressemble à sa mère.

 

Il nous fait part de sa colère devant l'impossibilité d'être différent, et d'affirmer son identité et sa particularité sans heurt, dans un système qui enferme les écrivains et les hommes en général dans des modèles et des références qui ne leur correspondent pas toujours. Tant de jeunes tentent aujourd'hui aussi de faire publier leurs écrits, sans succès. Il oublie peut-être la prolifération des blogs qui aujourd'hui permettent à chacun de prendre sa plume-clavier et de se faire lire; d'autres créneaux sont ouverts aussi, l'édition en ligne par exemple, même si rien n'est parfait, et que les obstacles restent nombreux. Ainsi, il justifiait le plaisir de recevoir un prix tel que son futur Nobel en exposant le temps conscré à écrire, l'encouragement sucité par le fait d'être lu qui permet de continuer à écrire encore et de questionner... La lecture des autres et le prix, c'est comme des réponses. Les bloggeurs dont on visite le site pas seulement par hasard mais pour les lire et poster quelques commentaires en rapport avec le texte connaissent aussi de manière plus furtives ce plaisir, même si la postérité est complètement hors-sujet dans ce cas. (c'est un raccourci rapide, mais entre compter le nombre de visites et le nombre de lecteurs, comment savoir...)

 

Il nous présente ensuite son dernier livre, un roman comme toujours parce qu'il n'écrit pas de récit biographique, il ne souhaite pas seulement être ce qu'il appelle un chroniqueur, il intervient avec quelques souvenirs de son passé ou de celui de ses proches dans les événements qu'il dépeint, avec en arrière-fond des pages d'histoire. Ici, les années 30, le crack boursier, l'effondrement du marché de l'immobilier, le remboursement accéléré des emprunts, la volonté de restaurer l'autoritarisme et la peur de l'ouverture aux autres... des débats terriblement actuels. Ce qu'il souhaite montrer dans son roman, c'est que pour changer le monde, nul besoin d'être politicien, combattant, héros médiatique. Non. C'est la somme des anonymes, qui, témoins de l'histoire en marche, sauvent le monde... Ils ne se laissent pas porter indifféremment et bon gré mal gré par les événements, ils en sont les acteurs inconscients qui par leur intelligence et leurs sentiments, par leur force et par leur cohésion avancent ensemble sur le chemin d'un vrai renouvellement des pratiques. Témoins qui disent non et qui, ensemble vont réécrire l'histoire de ceux qui imposent leurs règles.

 

Raison de plus pour permettre l'expression des différences, pour entendre ceux qui ont un message qui détone vis à vis de toutes les  tendances qui portent et posent leur empreinte sur des cerveaux endormis; raison de plus pour permettre aux écrivains d'écrire... en les publiant, en les lisant, en les récompensant. Parce que comme il dit dans la dernière phrase de cette interview, "l'histoire, c'est quelque chose qui bouge sans cesse".

 

Bref, on se retrouve tous ce week-end dans les librairies de nos communes, et on se jette sur Ritournelle de la faim, de Jean-Marie Gustave le Clézio!

 

19.08.2008

Découvrir John Irving

Toujours et encore en vacances, mon tour de France se poursuit (actuellement à Lyon, ville de quelques-unes de mes racines, 2ème plus belle ville du monde derrière Strasbourg ;-), et c'est d'un cyber café que j'écris cette petite note sur un auteur incontournable, parce que c'est l'été, et que si vous avez décidé de découvrir un nouvel auteur, c'est le moment idéal pour partager quelques impressions. D'autant plus que suite à une note publiée ici, j'ai la chance de découvrir de nouveaux écrivains (clins d'oeil particulièrement à Gauthier et Guillaume, ...).

 

John Irving est loin d'être un illustre inconnu, car grâce à Le Monde selon Garp, il obtient un succès considérable en 1978, qui a poursuivi son développement jusqu'à aujourd'hui. Des romans très longs, certes (moyenne de 700 pages!), mais qui nous entraînent dans un univers passionnant, celui de Irving, décrivant des personnages à la fois torturés et déterminés, dans une société complètement destructurée, l'Amérique actuelle, avec son histoire, son confort et ses contradictions.

 

John Irving, at home in Vermont, 1989.

 

« D'abord, il faut imaginer une bonne histoire ; ensuite, trouver les détails qui font vrai »

Les histoires des livres de John Irving s'attachent à la vie complète d'un personnage central, de sa naissance à l'événement qui déterminera la fin de sa vie, avec autour de lui des personnages tout aussi riches lui servant de guides spirituels, sexuels, social, avec des rôles toujours marqués par des personnalités particulièrement déconcertantes. Des thèmes récurrents et même obessionnels se retrouvent dans chaque livre : le père absent, les sciences, les déplacements contraints par le hasard et néanmoins déterminés par un destin qui coule de source, le sport (la lutte le plus souvent), l'amour idéal sublimé par des femmes presque irréelles et inaccessibles, et l'amour charnel caractérisé par des femmes fortes dans tous les sens du terme, et dont l'influence sur le personnage central est toujours beaucoup plus importante que ne le suggèrent les récits).

 

Les sources d'inspiration les plus marquantes dans l'oeuvre de Jon Irving, en plus de sa propre vie d'homme orphelin de père, sont l'histoire (les conflits et les guerres essentiellement), la médecine, la lutte, et la littérature (Charles Dickens, Günter Grass entre autres).

 

J'ai déjà lu quatre de ces oeuvres, et je vous recommande plus particulièrement Le Monde selon Garp, Une prière pour Owen et L'Oeuvre de Dieu, la part du diable (que je viens de terminer), et j'ai été un peu moins enthousiaste avec le dernier roman paru en France il y a un an et demi : Je te retrouverai, son livre le plus autobiographique si l'on en croit les critiques. Un Enfant de la balle m'attend à Strasbourg, je le lirai certainement prochainement.

 

Pour en savoir plus :

fiche wikipedia : ici

Entretien accordé au magazine Lire : ici

Eléments bibliographiques avec présentation de textes : ici