03.05.2009

60 journalistes tués en 2008

Dimanche 3 mai était célébrée la Journée Mondiale de la liberté de la Presse.

 

A fin 2008, on comptait :

- 60 journalistes tués

- 125 journalistes en prison

 

A cette occasion, Reporters sans frontières se mobilise pour la libération de trois journalistes femmes "prises en otage" par des États. ici

 

Rama Yade a déclaré : "Sans presse libre, indépendante et pluraliste, sans liberté d'enquêter et d'informer, il ne saurait y avoir de véritable démocratie" (cf Le Monde).

En France, la vie des journalistes est nettement moins en danger... de mort physique, certes. Mais où peuvent-ils exercer réellement leur responsabilité d'informer librement et en toute indépendance? (hormis chez Mediapart, entre autres...)

 

Je demande donc solennellement au ministère de l'intérieur une journée nationale de l'indépendance de la presse avec un petit film du genre de celui-ci, qui a été réalisé en collaboration avec le ministère des affaires étrangères :

 

 

29.03.2009

Des journalistes au service d'un blog sur le sommet de l'OTAN

Notre jolie ville de Strasbourg est en ébullition en attendant tous les invités qui sont annoncés pour assister au sommet de l'OTAN.

Mécontements, grogne, paralysies, atteintes aux libertés : les Strasbourgeois ne semblent pas si honorés et pour cause!

 

Les Dernières Nouvelles d'Alsace créent le buzz et le débat pour l'occasion : suivez toute l'actualité en direct sur le blog créé par les journalistes des DNA à cette occasion en cliquant :

 

http://otan-strasbourg.dna.fr/

 

05.02.2009

Liberté de la presse... je me marre... pas

Christophe Barbier est directeur de la rédaction de l'Express.

 

Il écrit souvent des éditoriaux... il analyse la politique.

 

Un exemple? Voilà : c'est beau l'indépendance... (je parle de la forme avant tout,  ou des mots "inacceptable", "injustifié", "tambouille", "refus du bon sens", "réformes qui sont le salut"...). Le fond, c'est un autre débat, qui n'est pas l'objet de ce très court billet....

 

 

08.01.2009

Le fabuleux destin... stop

Il n'y a pas que Marie-Laure, pas qu'Olivier, pas que Quitterie ou les Alcibiade qui disent stop au gouvernement et tentent par leurs propres moyens de communication d'alerter tout leur entourage sur les dangers que court notre société et notre monde à l'intérieur du scénario que nous fait vivre le fabuleux destin du poulain Sarko. Il n'y a pas que les militants trop inquiets et qu'on nomme facilement "pessimistes" pour craindre le pire de la stratégie progressive de la restriction des libertés sur fond de discours diplo-démago-protecto-arrogants... Comment fermer les yeux? Comment se contenter d'aveux d'impuissance et attendre que d'autres se lèvent?

 

Et même les journalistes s'en mêlent maintenant, laissant au vestiaire un certain devoir de neutralité et de réserve, et soucieux de la nécessité de la démocratie et de la liberté d'expression, ils lancent un nouvel appel... qui ne risque pas de faire l'objet d'une prochaine "nomination" à la légion d'honneur. Je vous fais donc partager :"L'Appel des Six pour la liberté de l'information" cosigné par Mediapart, Charlie Hebdo, Les Inrockuptibles, Marianne, Le Nouvel Observateur, Rue 89, avec le soutien de Reporters sans frontières

 

Le droit à l'information, à la libre expression et à la libre critique, ainsi qu'à la diversité des opinions est une liberté publique fondamentale. C'est un droit des citoyens et non pas un privilège des journalistes: sans information libre, sans une presse indépendante et pluraliste, il ne saurait y avoir d'authentique délibération démocratique.

 

Or, loin de réduire les retards français en ce domaine, l'actuel président de la République les aggrave, tant par sa pratique personnelle du pouvoir que par les décisions qu'il impose à la hussarde. Mise en œuvre au mépris des droits du Parlement, la réforme de l'audiovisuel public résume cette régression de nos libertés. Accorder au seul chef de l'Etat le pouvoir d'en nommer et révoquer les dirigeants, c'est abolir symboliquement l'indépendance des radios et des télévisions publiques. C'est un abus de pouvoir, et c'est l'abus de trop.

 

Une République où le pouvoir exécutif impose ainsi sa loi au pouvoir législatif et ses désirs au contre-pouvoir médiatique n'est pas une démocratie digne de ce nom. Mus par cette conviction commune et cette inquiétude partagée, nous avons exceptionnellement décidé de nous adresser ensemble à l'opinion publique, par-delà la diversité de nos titres, de nos histoires et de nos sensibilités. Et nous appelons à un vaste sursaut citoyen contre ce recul des libertés qui affaiblit notre démocratie et discrédite notre pays.

 

Tous ensemble, défendons la liberté de l'information! Nous vous donnons rendez-vous, vendredi 30 janvier, au Théâtre du Châtelet, à Paris.

29.11.2008

Signons tous la pétition : appel de la colline

Ci-dessous le texte de la pétition qui circule concernant la liberté de la presse :

 

APPEL DE LA COLLINE,

Mediapart et Reporters sans frontières

 

"La liberté de la presse n'est pas un privilège des journalistes, mais un droit des citoyens.

Le droit à l'information, à la libre expression et à la libre critique, ainsi qu'à la diversité des opinions est une liberté fondamentale de tout être humain.

Sans information libre sur la réalité, ambitieuse dans ses moyens et pluraliste dans ses fins, il ne saurait y avoir d'authentique délibération démocratique.

Régime de tous les citoyens, sans privilège de naissance, de diplôme ou de fortune, une véritable démocratie suppose que tous soient pareillement informés pour être libres dans leurs choix et autonomes dans leurs décisions.

 

De ce droit du public à connaître les faits et les opinions procède l'ensemble des devoirs et des droits des journalistes.

Leur première obligation est à l'égard de la vérité des faits.

Leur première discipline est la recherche d'informations vérifiées, sourcées et contextualisées.

Leur première loyauté est envers les citoyens et prime toute autre responsabilité, en particulier à l'égard de leurs employeurs et des pouvoirs publics.

 

Défendre et promouvoir cet idéal suppose l'indépendance, la transparence et le pluralisme.

 

L'indépendance, c'est-à-dire:

- le respect général du droit moral des journalistes sur leur travail, afin de garantir que l'information ne soit pas réduite à une marchandise;

- le refus impératif du mélange des intérêts industriels et médiatiques, afin de garantir que les opérateurs économiques n'aient pas d'autre objectif que l'information;

- la préservation absolue de l'intégrité du service public de l'audiovisuel, afin de garantir que ni ses informations ni ses programmes ne soient contrôlés par le pouvoir exécutif.

 

La transparence, c'est-à-dire:

- un véritable accès, rapide et facile, à toutes les sources documentaires d'intérêt public pour la vie démocratique et le sort des citoyens, à l'image du Freedom of Information Act en vigueur aux Etats-Unis depuis 1967;

- une large protection des sources des journalistes, assurant le droit des citoyens à les alerter et à les informer, inspirée de l'excellente loi belge en vigueur depuis 2005;

- une publicité étendue sur tous les actes du pouvoir exécutif ayant une incidence directe sur notre vie publique, de façon à permettre l'interpellation libre et le questionnement contradictoire des gouvernants par les journalistes.

 

Le pluralisme, c'est-à-dire:

- une concentration limitée et régulée, de façon à éviter tout monopole de fait ou tout abus de position dominante;

- une égalité de traitement de la presse numérique et de la presse imprimée, de façon à éviter toute discrimination stigmatisante d'Internet;

- une reconnaissance à part entière de la place des lecteurs en tant que commentateurs, contributeurs et blogeurs, de façon à accroître la diffusion et le partage démocratiques des informations et des opinions.

 

Toute voie qui s'éloignerait de ces principes serait une régression."

 

POUR SIGNER  : ici 

 

 

- et prenez le temps de regarder :

28.11.2008

Alerte encore : liberté de la presse

Les journalistes et les blogueurs sont-ils dangereux au point de pouvoir être traités comme les pires escrocs? Est-ce que la diffusion d'informations par internet, si rapide, si spontanée et à l'abri de tout contrôle fait tellement peur qu'on doive prendre les mesures les plus répressives pour les faire taire? Est-ce que les enquêtes d'investigation les plus provocatrices (parce qu'émanant d'un véritable travail ambitieux de Sherlock Holmes alliant rigueur et volonté de faire sortir la vérité) doivent être comparées à de la diffamation lorsqu'elles dérangent des pouvoirs établis et des lobbys en place?

 

Alors que les messages de soutien affluent de toute part pour défendre la ligne d'indépendance du Canard Enchaîné mise à mal par des individus proches des intérêts officiels de l'état, que Charlie Hebdo est menacé également de futures révélations "exclusives", que les procès se multiplient envers ceux qui font un travail sérieux avec leurs sources, un nouveau scandale éclate dans le monde de la presse écrite : en direction de Libération cette fois-ci.

 

Jugez par vous-mêmes :

Un ex-PDG de Libération brutalement interpellé à son domicile

Du jamais vu dans une affaire de presse: le journaliste Vittorio de Filippis, qui a été directeur de la publication de Libération de mai à décembre 2006, a été brutalement interpellé à son domicile, à la demande de la juge Muriel Josié. Récit.

à lire : ici

 

Le monde va mal, et aucun groupe politique n'est capable de mettre en oeuvre un projet politique à long terme en totale cohésion. Le PS éclaté, l'UMP qui perd son unité, et les autres partis qu'on n'entend pas assez hormis pour critiquer ce qui se fait. Bayrou peste contre cet état de fait depuis des années, il devrait en reparler...

 

Le discours de vérité dérange, on craint de faire peur, on sous-estime la compétence d'une population à s'élever pour comprendre et agir en conséquence. Quand des voix s'élèvent comme celles des journalistes, on les fait taire.

 

La démagogie est le plus grand danger pour une démocratie en crise.

Luttons pour exiger la vérité, questionnons les faits et questionnons aussi les interrogations, sans relâche, et surtout repectons ceux qui font ce travail d'éclairage de l'opinion publique...

 

Les risques de diffusion de rumeurs infondées existent, c'est sûr, mais internet permet aussi la diffusion des démentis et des réponses; faisons confiance à ceux qui font leur travail. La preuve : l'exercice de sabotage du Canard Enchaîné a fait... plouf.

 

Merci encore au Mouvement Alcibiade et à Orange Sanguine d'avoir invité la poursuite du débat suite à cet article précédent.

D'autres blogueurs travaillent aussi sur le sujet : Hervé Torchet, Pierre Schweitzer, Farid Taha, L'hérétique,

Et chez les journalistes, Daniel Riot dans Relatio-Europe, la rédaction de Médiapart toute entière, la société des journaliste du JDD, ... beaucoup d'autres aussi...

 

"Faites du bruit!"

Et écoutez ces textes :

24.11.2008

Non vous n'aurez pas... ma liberté de bloguer!

«Toute personne, a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière.»

Article 10 Convention Européenne des droits de l'homme...

repris par Edwy Plenel qui présente la soirée de Mediapart et RSF ce soir au théâtre de la colline.

 

 

La démocratie n'est rien sans l'information et l'éducation.

 

Si l'information et l'éducation sont récupérées par des intérêts qui servent le pouvoir en place, la proposition de s'ouvrir au monde est biaisée, l'opinion est trompée et les prises de position répondent aux échos de la pensée unique.

 

Si les grands groupes financiers récupèrent le monde de la presse, certains sujets seront tabou!

 

Si les journalistes ne peuvent plus protéger leurs sources et doivent craindre des actions judiciaires, plus personne ne parle! cf. article de Rue 89

 

Quand l'AFP se fait accuser de censurer l'information par les autorités de la république, (ici), on veut nous faire croire que les journalistes et équipes de rédaction sont incapables d'indépendance et sont des agitateurs avant d'être des informateurs. Et que ce n'est donc pas à eux de juger ce qui doit ou non être diffusé.

 

Si l'on doit camoufler les signes extérieurs de richesse d'une ministre pour atténuer le désordre dans lequel elle plonge le monde judiciaire, c'est que la survie de notre journal dépend de la cote du pouvoir et que l'influence prend le pas sur l'analyse.

 

Si internet est stigmatisé et si un délai de prescription en augmentation de 9 mois par rapport à la presse écrite lui est infligé, alors que les nouveaux textes de loi ne précisent pas spécifiquement ce qu'ils considèrent comme de la diffamation, c'est parce que la suspicion règne sur l'expression libre et sur la communication instantannée de cette expression libre (cf texte du sénat signé par l'ENSEMBLE DES SENATEURS sauf ceux du groupe communiste). 

 

Si les blogueurs subissent des pressions pour fermer leur site en se faisant accuser de diffamation lorsqu'ils se contentent d'analyser des faits, c'est que les faux-semblants règnent et qu'on veut manipuler l'opinion publique en l'empêchant d'en savoir plus, et faire taire le citoyen  qui observe et informe. cf le cas Mon Puteaux 

 

Si c'est Nicolas Sarkozy, le Président de la République qui coordonne la réforme de la presse écrite par le biais de ses états généraux, cela signifie que c'est le pouvoir qui contrôle l'évolution du contre-pouvoir.

 

 

Si la presse ne peut plus informer les citoyens en toute liberté et sans crainte de représailles, notre démocratie est en danger.

Si nous voulons apprendre à penser, et être capable de prendre position et de comprendre l'environnement dans lequel nous vivons, nos consciences doivent être éveillées.

On n'est jamais obligé de lire les journaux ou de choisir la presse dite sérieuse, mais on doit pouvoir avoir la possibilité d'y avoir accès en toute confiance. La prise en main de l'information, même partielle, par quelque pouvoir que ce soit (ce qui aura tendance à s'étendre à long terme), va conduire à l'endormissement des cerveaux. Puis les réactions à l'actualité ne seront plus qu'émotionnelles et les opinions dépendront du dernier qui a parlé... et qui sera choisi par cette presse à la merci du pouvoir.

 

Les enjeux de la réforme de la presse engagent toute une société : indépendance de la pensée, liberté d'expression, devoir d'informer, compréhension de l'environnement, culture d'un peuple ... RESPONSABILITE DES JOURNALISTES. Il s'agit d'une vraie question politique, intégrant les dimensions sociales et juridiques.

 

Le monde de la presse ne va pas bien, internet va mieux. Réinventons la diffusion de l'information, et ne nous laissons pas intimider...

 

« Il n'y a de liberté pour personne s'il n'y en a pas pour celui qui pense autrement ». Rosa Luxembourg

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« La souveraineté est l'âme du pays. Elle se manifeste sous deux formes : d'une main, elle écrit, c'est la liberté de la presse ; de l'autre, elle vote, c'est le suffrage universel ». La presse est « une formidable locomotive de la pensée universelle ». Victor Hugo, Discours du 9 juillet 1850

24.10.2008

Etats pas très ... GENEREUX ... de la presse écrite

Je poursuis un peu ici le débat amorcé dans le cadre des Etats généraux de la presse... (ici ou ). A l'heure où l'on découvre à quel point la désinformation prend régulièrement le large, loin des attentes qu'on peut avoir vis à vis de notre presse écrite, particulièrement en période de crise -pas si- "surprise", ou dans le cas de la caisse d'épargne complètement déstabilisant pour Christine Lagarde qui n'avait pas lu les bons canards apparemment depuis le printemps..., donc à cette heure de grand délire sur les plate-formes communicantes en tout genre, les experts poursuivent leur réflexion sur la presse et son avenir.

 

Sous la tutelle du Président de la République.

A huis clos.

Entre experts et sans les lecteurs... (et encore moins les bloggeurs, qui n'ont bien entendu aucune influence sur l'évolution de la presse). --> on appelle cela quand même de la concertation, parce qu'il y a du monde qui discute!

 

Pour suivre les débats, un site "officiel" : cliquez! (avec en guest star... : M Sarkozy himself, il aurait été dommage de ne pas avoir le discours du coordinateur de l'évolution de la presse... indépendante : ici)

 

Chez les journalistes, deux options retenues : il y a ceux qui participent activement, animent, cogitent et concluent... ça phosphore beaucoup, les débats sont dynamiques, une volonté de progresser en prenant en compte les nouveaux modes de diffusion de l'information écrite tout en pérennisant les traditionnelles sociétés de presse, est vraiment manifeste. François d'Orcival, Président du Syndicat Professionnel de la Presse Magazine et d'Opinion, trouve cette initiative présidentielle très heureuse et porteuse d'opportunités nombreuses pour la profession qui enfin a la liberté d'exprimer ses besoins et ses attentes. Bruno Patino, directeur de France Culture prend les débats en main, Laurent Joffrin de chez Libération, est curieux et plutôt enthousiaste.

Seconde option : boycott, tout simplement. On retrouve sans surprise Edwy Plenel dans cette catégorie, en rebellion active surtout depuis avril 2007, à la tête de Mediapart, journal indépendant... et indépendant particulièrement vis à vis du régime! Mais il n'est pas seul : l'ensemble du Forum des Sociétés de Journalistes, avec à sa tête Jean-Michel Dumay, s'opposent aussi au déroulement tel quel de ces états généraux, avec des adhérents représentant... une trentaine (!) de rédaction de la presse écrite et audiovisuelle. Idem pour Philippe Cohen, rédacteur en chef du nouveau-né Vendredi qui revendique une organisation de cet événement par les professionnels de la presse eux-mêmes! Et chez Marianne, on est sceptique aussi.

 

Impossible de ne pas reconnaître ce besoin de "second souffle"  dont la presse quotidienne a besoin comme l'exprime l'Institut Montaigne.

 

Mais qu'est-ce qui nous intéresse, nous, lecteurs et bloggeurs éventuels? Quelles informations recherchons-nous, quand nous ne sommes pas occupés à mettre du vieux pain sur notre balcon pour attirer les moineaux et les pigeons?... Apprécions-nous d'être mis sur le fait accompli de décisions qui se sont prises sans nous, dans les ministères, dans les entreprises, dans notre environnement? Pour ceux qui souhaitent vivre un peu plus de manière citoyenne et active, quels sont les moyens que nous pouvons attendre, susceptibles de nous informer? A l'heure d'internet, il est évidemment simple d'aller chercher de l'info là où elle se trouve, à la source, directement. Mais pour le décryptage et l'analyse, un éclairage est indispensable, et c'est le côté le plus noble du métier de journaliste. Mais qu'est-ce que signifie aujourd'hui être un journaliste indépendant lorsque même avec la déontologie la plus adaptée, on reste tributaire de ses sources humaines qui peuvent se retourner en cas de désaccord avec l'analyse? De n'importe quel journal, les journalistes font souvent du mieux qu'ils peuvent, mais malgré tout se réservent le droit d'ouvrir un blog pour parler encore plus librement... et poursuivre leur investigation au-delà de tout conflit d'intérêt.

Avec une reprise progressive du monde de la presse écrite par les grands groupes mondiaux, les futurs "champions" que souhaite Sarkozy, n'allons-nous pas voir se déployer de plus en plus un journalisme alternatif et sérieux, grâce à des talents qui se feront connaître par leur signature chez les grands de la presse, et attireront sur leurs blogs des lecteurs qui ont soif d'en savoir plus?

 

 

Et en guise de conclusion, une question : comment transformer ces états généraux pour Sarkozy en... états générEux pour la presse?

 

 pour info,ci-dessous une vidéo de François Bonnet, un autre grand rebelle mais néanmoins talentueux journaliste de Médiapart).

02.10.2008

Ere du numérique : nouveau défi pour la presse

Aujourd'hui à 11h00 débutaient ce qu'on appelle "les états généraux de la presse", ou plus ironiquement "le Grenelle de la presse". Nicolas Sarkozy avait inscrit dans son programme présidentiel la volonté de permettre et de favoriser le développement de l'économie numérique. Il charge donc le Ministère de la Culture et de la communication de se doter prochainement d'une direction générale des médias et des industries culturelles.



On sait que le monde de la presse est en crise depuis quelques temps, le Monde l'a confirmé cette année avec son plan social qui touchait une partie de l'équipe de rédaction, on sait que les Français lisent beaucoup moins de journaux quotidiens que certains de leurs voisins européens, notamment les Allemands ou les Anglais, même si la "presse-magazine" se porte encore plutôt bien, tributaire notamment malgré tout de ses titres et de la tendance du moment à vouloir s'intéresser à tel ou tel sujet.



Nicolas Sarkozy aime les experts, il aime s'entourer de "ceux qui savent", et dans cette optique, a formé 4 ateliers de réflexions autour d'environ 400 professionnels des médias (source : Mediapart). Des professionnels donc, pas des lecteurs lambda. Mais Nicolas Sarkozy est persuadé du pragmatisme de son projet : «Il ne s'agit pas de rédiger un énième rapport sur le sujet, même si de très bons ont été écrits par le passé. Il s'agit de se mettre d'accord sur un certain nombre de changements à mettre en œuvre tout de suite».



Ces quatre ateliers s'articulent autour des 4 sujets suivants :
- la place des journalistes : il s'agit de redéfinir la mission d'un journaliste indépendamment des impératifs financiers de son employeur. Quand on sait que certains sont en phase de survie (l'Humanité, Libé), on se demande si la priorité est vraiment la formation du journaliste . C'est donc la question des aides financières qui est posée (soutien de l'état, publicités, etc.)
- la révolution du numérique (voir plus bas)
- les questions de presse et de société : pluralité dans l'offre et le choix éditorial, ce qui permet d'envisager des idées telles que la modification de la taille des articles, savoir effectuer la distinction entre ce qu'attendent ceux qui ont déserté la presse (sujets de fond ou people?) et ceux qui lisent toujours.
- les aspects économiques et industriels de la presse, c'est à dire l'impression et la distribution, tout en tenant compte des vélléités du syndicat du Livre.


Le sujet concernant la révolution numérique est forcément celui qui retire le plus mon attention et celle des afficionados du net, ceux qui lisent les articles de presse et écoutent la radio à leur rythme par ce biais-là, sans oublier la communauté des bloggeurs qui insistent sur leurs thèmes de prédilection quand ils ne se prennent pas eux-mêmes pour des journalistes !



(en même temps, quand on lit l'Hérétique par exemple, on se régale avec ses chroniques et certains de ses articles dignes d'un bon éditorialiste).



La révolution numérique a des enjeux très forts, dans la mesure où elle garantit un pluralisme de plus en plus grand, et souvent un contenu de plus en plus exigeant (Mediapart obéit à des valeurs démocratiques puissantes, qui consistent à informer en toute indépendance et à former par des recherches approfondies et des sujets de fond). Le Rapport de Danièle Giazzi (secrétaire générale de l'UMP), commandé par le Président de la république, à lire ici, insiste sur quelques recommandations en prendre en compte dans le cadre de cette révolution :

- défendre et renforcer le pluralisme de la presse.

- favoriser l'information de qualité

- faciliter l'accès aux contenus par tous les canaux de diffusion

- mieux anticiper l'avenir des médias

- soutenir l'investissement

- permettre la constitution de champions de taille mondiale

- favoriser la modernisation des industries culturelles

- soutenir les médias français face aux défis du numérique.



Plutôt exhaustif en termes de paramètres à prendre en compte, ce rapport n'insiste sans doute pas assez sur les indicateurs qui permettront de mesurer l'intérêt des citoyens envers les articles, et n'évite pas la polémique de la mondialisation peu régulée et fondée en priorité sur le profit financier : l'idée de faire émerger les "champions mondiaux" doit être relativisée aujourd'hui, quand on observe la maîtrise du monde financier sur des groupes trop grands et trop... virtuels.

 

Une question reste en suspens... On interroge les journalistes, l'état, les mécènes, les patrons des entreprises de presse, les actionnaires... Et les lecteurs dans tout çà? Les lecteurs "actifs" et les lecteurs qui ont déserté, que recherchent-ils? Qu'est-ce qui les fera faire le geste de lire la presse? Entre internautes et amateurs du papiers, entre pourfendeurs du "grands capital" et défenseurs de la "démocratie", que veulent les lecteurs? Devons-nous continuer à galvauder quelques concepts pour défendre certains intérêts (ceux des journaux et ceux des grands groupes) ou refonder complètement un nouveau mode d'accès à l'information, en insistant sur les moyens vers lesquels les Français et les Européens (qui ne sont pas arrivés au même niveau dans ce contexte) vont plus spontanément : télévision  et internet, le multimédia et la rapidité, le moindre coût et l'exigence d'informations?
 

Pour finir, une citation d'Edwy Plenel :

"Il est temps que le journalisme libre se batte, enfin. Pas le dos au mur, mais drapeau déployé. Pas en s'arrangeant d'un sort peu enviable, mais en s'inventant un avenir nouveau. Pas seulement contre, mais pour. Pour que l'information ne soit pas une marchandise, ni un support publicitaire. Pour que nous ne vivions plus dans un univers où les médias sont partout et l'info nulle part, comme le disaient fort bien, il y a un an, des manifestants étudiants. Pour que l'information ne devienne plus une distraction, mais retrouve sa valeur d'usage essentielle, démocratique, indispensable à des lecteurs citoyens. Pour que le journalisme, au lieu de s'accommoder des pouvoirs, de leurs privilèges et de leurs corruptions, relève le défi de l'intelligibilité et de la compréhension du monde et du présent, sans lequel il n'est pas de communauté démocratique véritable et vivante. "








Ci-dessous, les avis divergents sur la légitimité de l'état à s'immiscer dans l'avenir de la presse, ainsi que sur l'opportunité de transformer des sociétés ou entreprises de presse en "gros champion mondiaux" tout en conservant leur indépendance. Avis divergents répondant aussi à des idéologies divergentes : Denis Olivennes, du Nouvel Observateur et Nicolas Beytout, anciennement au Figaro et aujourd'hui chez Les Echos. (presse indépendante quand tu nous tiens...)

 

 

28.09.2008

Reporters d'espoirs

J'avais le grand plaisir vendredi soir de participer à un dîner débat organisé par Relatio-Europe, auquel était invité Jean-Claude Guillebaud, venu présenter son dernier livre, Le Commencement d'un monde (cf. article de Daniel Riot).

 

Au-delà de l'intérêt politique, philosophique, économique et culturel de ce débat, j'ai découvert l'existence de l'association Reporters d'Espoirs, qui depuis 2003 "a pour objectif de diffuser l'information"porteuse de solutions" en mettant en avant des intitiatives utiles et reproductibles. Reporters d'Espoirs valorise ainsi les acteurs et met en relation les entrepreneurs d'aujourd'hui avec les novateurs de demain". En effet, Jean-Claude Guillebaud a été choisi par cette association pour décerner le prix Reporter d'espoirs le 1er octobre au matin au Press Club à Paris, et nous a invité ardemment à découvrir toutes les initiatives, les travaux et les valeurs des travaux de ses acteurs. Ce prix "récompense les journalistes qui médiatisent des initiatives et des solutions concrètes en réponse aux grands enjeux de l'époque".

Je suis donc allée faire un tour sur leur site, et j'ai demandé un abonnement, afin de nourrir mes futures réflexions, personnelles ou plus axées sur la construction d'un message politique, que je défendrai par exemple dans le cadre des commissions démocrates (1ère réunion ce week-end au siège national du MoDem). En effet, au moment où les médias et la presse sont en situation de crise et ont de plus en plus de difficultés à apporter un message original affranchi de la demande "tendance" des consommateurs de sujets catastrophistes ou voyeurs, en passant par des thèmes galvaudés ou des redites arbitraires, (hyper sévère je sais, mais les articles de fond sont de plus en plus difficiles à trouver, et cette rareré implique une distinction précise, ambitieuse et reconnaissante), la recherche de l'information tournée vers l'avenir et la mise en valeur d'un certain dynamisme porteur d'espoir et de pragmatisme doit absolument être encouragé.

 

Les axes traités dans les articles sont répertoriés selon les enjeux suivants : économiques, sociaux, environnementaux, sociétaux, avec un accent sur les porteurs d'espoirs eux-mêmes.

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