12.10.2009
Management, motivation et ... reporting
Avant de reprendre plus sérieusement la plume et le clavier sur les perspectives de l'emploi en cette fin d'année, je reviens brièvement sur les techniques de management en entreprise en période critique.
En effet, à l'heure où l'on favorise les jeunes (...) dans le Plan Emploi avec mesures d'urgence et projets à long terme, il est bon de s'interroger sur les effets pervers de la crise en termes de management. Parce que c'est bien beau d'accompagner nos jeunes sur les chemins de l'emploi, mais va savoir ce qui les attend...
Quand on voit ce qui se passe dans certaines entreprises dont les managers sont impliqués dans des épisodes tragiques (suicides, maladies professionnelles, stress, burn out, etc) alors qu'ils sont expérimentés, peut-être faut-il de préférence envisager la nomination sur des postes managériaux de jeunes qui n'ont jamais managé et donc n'ont pas pris de mauvaises habitudes, et qui n'ont jamais été managés non plus et donc n'ont pas suivi de mauvais exemples... ??? En tout cas, cela semble être une option choisie, et donc, on peut se féliciter de voir arriver Jean Sarkozy sur un poste hautement stratégique... Du haut de ses 23 ans, grâce à son passage brillant en 2ème année de droit (félicitations encore!), il va apporter fraîcheur et renouveau des pratiques dans cet univers complexe, espérons que comme son père, il saura nous donner des leçons, à nous pauvres niais, ensuite.
Est-ce que cela est bien raisonnable? Devons-nous accompagner tous les copains et toute la promo de Jean, alias Sarko II, et les placer sur ce type de postes? That is the question...
Le magazine Liaisons sociales publie ce mois-ci l'interview de Michela Marzano, philosophe et spécialisée dans la réflexion sur le management et le coaching (qu'elle critique vivement) entre autres. Elle a publié en 2008 : Extension du domaine de la manipulation : de l'entreprise à la vie privée.
Dans cette interview, je relève plusieurs points intéressants :
- Elle explique à quel point la réussite professionnelle se confond aujourd'hui avec la réussite de sa vie. L'entreprise donnerait du sens à la vie. D'où l'intérêt pour les managers d'indiquer les directions à prendre à long terme pour mobiliser leurs équipes.
A l'heure de la crise, les directions se sont profondément modifiées, les contradictions sont de plus en plus nombreuses : les objectifs changent sans arrêt, certains projets sont interrompus ou abandonnés brutalement, et qui est-ce qui est responsable quand tout cela ne fonctionne plus??? Euh... Les salariés. (managers et exécutants). Et les difficultés et échecs se répercutent dans la vie toute entière tellement l'emploi a pris de la place.
- Elle rappelle donc les avantages de la philosophie stoïcienne dans ces périodes complexes : nous pouvons effectivement agir sur les choses qui dépendent de nous, mais il subsistera toujours des domaines sur lesquels nous n'avons aucun pouvoir. "Aujourd'hui, on a tendance à croire qu'il n'y a pas d'alternative entre le volontarisme -"je veux, donc je peux"-, qui est un leurre, et l'immobilisme. C'est faux. Ce qui compte, c'est d'être en mouvement , même s'il existe une contrainte à l'intérieur de ce mouvement, des obstacles. L'important est de savoir les reconnaître pour les contourner".
En effet, on a tendance dans certaines entreprises, à croire que si l'état psychologique des personnes est soigné (parce qu'ils répondent qu'ils vont bien), ils pourront travailler mieux. Que les résultats dépendent uniquement des salariés et pas de l'environnement. Santé et rentabilité ne devraient pourtant pas être liés... Car on ne peut pas tout faire.
Le métier de managers est donc de plus en plus complexe et leurs responsabilités sont de plus en plus engagées dans l'évolution des salariés. Pourront-ils "tenir" ou pas? Impossible de gérer l'environnement externe, mais il faut continuer à encourager les salariés... sans tomber dans le piège de "faire comme si" ils pouvaient modifier leur environnement, sans les considérer comme des personnes qui "peuvent tout changer", sachant que c'est aussi ce qu'on attend d'eux-mêmes en ce moment. Et sans pour autant les inviter à se résigner.
Les Ressources "Humaines" prennent un nouveau sens : préserver l'humain dans la valse des objectifs de manière à préserver l'engagement et les capacités à progresser.
Accompagner les managers pour que le pilotage de la performance se réduise à du travail et non à des objectifs vitaux.
Le management change, les techniques doivent s'adapter...
Mais certains surdoués peuvent le faire dès 23 ans! Bravo encore à Jean Sarkozy à qui l'on souhaite une belle réussite en tant que patron manager... volontariste, et grande fierté de son papa, allergique à l'immobilisme...
Voilà à quoi ressembe un entretien... à éviter. Remettre l'homme au centre...
13:50 Publié dans Emploi-formation | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : management, jean sarkozy, ipad, stress, travail
24.08.2009
Pôle Rentrée
Aïe aïe aïe, la situation du Pôle Emploi ne semble pas s'arranger. D'après le Parisien, les 250 agences Pôles Emploi d'Île de France seront
fermées aujourd'hui mardi en raison d'un besoin urgentissime de rattrapage de traitement des dossiers. En septembre vont venir s'inscrire les nouveaux diplômés, en plus de ceux qui achèvent aussi leur vie scolaire sans qualification, et de toutes les futures victimes des surprises de la rentrée en terme de plans sociaux (les sociétés de service ressentent actuellement les conséquences de la crise chez leurs clients... chacun son tour...)
Il paraîtrait qu'on mettra tout en oeuvre pour que Pôle Emploi ne soit plus débordé. C'est à dire? On va faire en sorte de pouvoir "traiter les dossiers"? Ou accompagner les demandeurs d'emploi?
Les attentes en matière d'emploi sont immenses et le gouvernement a fort à faire pour saisir ce dossier brûlant... L'idéal serait de projeter cette problématique dans une perspective globale, celle du parcours professionnel dans un environnement européen qui nous pousse à être flexible et déterminé, et donc accompagné. De la formation initiale à l'entreprise, de l'entrée dans le monde professionnel à la retraite, d'un métier obsolète à une reconversion, il faut construire des ponts. Non pas uniquement en fonction des besoins du marché selon la règle de l'offre et de la demande, mais aussi dans une perspective plus humaniste de la construction d'un parcours avec différents partenaires, du Pôle Emploi aux DRH, des instituts de formation aux postes de travail, des financeurs aux bénéficiaires...
Mercredi sera publié le nombre d'inscrits à Pôle Emploi en juillet. Pendant ce temps débuteront les Universités d'été de la CFDT et de la CFTC, les syndicats reprennent du service après la trêve estivale (on verra d'après les chiffres que le chômage lui ne s'est pas accordé de trêve). Jacques Delors étant présent auprès de la CFTC jeudi, on peut se réjouir d'avance d'une prise en compte des enjeux européens.
Le gouvernement a mis en place des mesures pour encourager l'embauche des jeunes. (cliquez ici) . Ces mesures ne s'accompagneront pas de précarité si elles engagent aussi du tutorat en entreprise avec accompagnement, transmission des savoirs, suivi. Et si en amont, le recrutement effectué (ou non) à l'aide de Pôle Emploi s'appuie non pas sur du remplissage de quotas mais sur la prise en compte d'un projet. Mais pour cela il faut du temps et de la disponibilité, et la crise accentue les carences dans ces domaines... et la perte de confiance. C'est une base de travail pour le MoDem qui doit poursuivre ses réflexions dans ce domaine.
Je signale le billet de l'Hérétique relatif à l'Emploi et à sa synthèse sur les travaux du MoDem (sans compter les futures contributions des commissions nationales... à suivre) : MoDem, mode d'emploi (article emploi)
Et attention les yeux, je reproduis ici un extrait d'article du Monde relatif à la fermeture de l'usine Trèves d'Aÿ, malgré d'importantes aides publiques :
"D'après la CGT, plus d'un millier de plaintes individuelles ont été déposées contre le groupe, car celui-ci a décidé de fermer son usine d'Aÿ, près d'Epernay (Marne), quelques semaines après avoir reçu 55 millions d'euros du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA). Participent à cette démarche des salariés de l'entreprise, des élus et des particuliers, qui considèrent que Trèves a employé des aides publiques d'une manière "frauduleuse", et causé, du même coup, un préjudice aux contribuables.
L'affaire débute en novembre 2008. Comme d'autres sous-traitants automobiles sévèrement touchés par la crise, Trèves annonce un vaste plan de restructuration, qui prévoit notamment une quarantaine de suppressions d'emplois (sur 130) chez PTPM, l'une de ses filiales, implantée à Aÿ. Pour protester, des salariés entament une grève de la faim. Le préfet de région et les élus s'en mêlent. Un "comité de pilotage" est mis sur pied pour étudier la faisabilité d'une poursuite de l'activité.
Le 26 mars, lors d'une réunion en présence de représentants de l'Etat, d'élus et de dirigeants de Trèves, un "plan B" est présenté, proposant des réductions d'effectifs limitées à une douzaine de postes. Cette solution semble avoir l'assentiment de tous. Mais, deux semaines plus tard, la direction indique qu'elle fermera le site d'Aÿ (tout comme celui de Crépy-en-Valois, dans l'Oise). Stupeur des salariés et des élus de la région. "L'annonce de l'arrêt de l'activité a été vécue comme une trahison", confie Christine Tuffin, déléguée syndicale CGT chez PTPM.
La décision passe d'autant moins bien que Trèves est le premier industriel à avoir été soutenu par le FMEA (codétenu par PSA, Renault et le Fonds stratégique d'investissement, qui est lui-même propriété de la Caisse des dépôts et de l'Etat). Durant les années 1990, la municipalité d'Aÿ a également épaulé PTPM à travers une opération d'"usine-relais", rappelle le maire (PS), Dominique Lévêque."
Ainsi, pour répondre à cette insolence, la CGT organise de manière plutôt inédite "un comité de soutien des contribuables" pour défendre les salariés et dénoncer l'abus d'argent public qui aurait été utilisé pour "le redéploiement de son appareil de production et délocaliser vers des pays à bas coût de main-d'oeuvre."
La rentrée sera très chaude côté emploi...
23:51 Publié dans Emploi-formation | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : pôle emploi, chômage, crise, parcours professionnel, politique
30.04.2009
La semaine de l'emploi... et de la formation
En marge de la préparation de la grosse journée intersyndicale du 1er mai, le Conseil des Ministres se mobilisait aussi cette semaine sur le sujet de l'emploi :
à l'ordre du jour, hier, l'examen du projet de loi sur la formation professionnelle.
Au-delà de la suspicion qui naît du fait que les pouvoirs publics souhaitent que la loi soit adoptée très très rapidement, et ce avant l'été, au-delà également du mécontentement des partenaires sociaux qui attendent des réponses à leurs questions relatives aux financements et à la refonte des OPCA, au-delà de l'avis consultatif négatif rendu par le CNFPTLV (Conseil national de la formation professionnelle tout au long de la vie), interrogeons-nous sur des attentes, sur du sens de l'action de formation.
Le 10 juillet 2008, le "Groupe multipartite sur la formation professionnelle" présentait son rapport au gouvernement et préconisait trois grandes orientations :
- ne pas considérer cette réforme comme une fin en soi mais l'envisager en perspective avec la question de l'efficacité de la formation initiale, et dans une collaboration avec le service public de l'emploi et l'assurance chômage.
- faciliter l'accès vers les programmes de formation au public qui en a le plus besoin, ce qui nécessite aussi de réfléchir à sa visibilité, et à une communication et un accompagnemen adéquat.
- passer d'une approche par "statut" à une véritable approche ciblée sur la sécurisation des parcours individuels, afin de travailler conjointement pour la compétitivité des entreprises et la promotion sociale en même temps que sur le parcours des individus, à long terme.
Le débat sera très technique, si en tout cas nos parlementaires s'y intéressent, (...), car à la lecture de ce projet de loi, il apparait clairement que l'accent est mis sur la gestion des financements avant tout, et laisse la question des parcours professionnels au second plan. Même si on ne peut nier que des fonds ont été gaspillés, l'objectif d'une réforme d'avenir sur la formation doit s'inscrire dans une perspective dynamique pour nos entreprises, nos organisations et bien sûr toutes les personnes concernées.
Les questions ouvertes aujourd'hui sans entrer trop dans le détail :
- pour aider les publics les plus en difficulté, on crée un fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels destiné à former "500 000 salariés peu qualifiés et 200 000 demandeurs d'emploi supplémentaires" : la volonté est louable mais :
- quid du financement? (tout n'est pas encore très clair).
- Et surtout : quid de l'accompagnement à l'heure où le pôle Emploi subit des difficultés pour accomplir ses missions quotidiennes?
- quid des choix dans les actions de formation? Doit-on seulement adapter une "main d'oeuvre" aux besoins du marché (qui est si fluctuant...) ou définit-on un parcours professionnel adapté aux personnes (comme cela se fait en Europe de l'Est, en accord avec la stratégie de Lisbonne)?
En attendant les débats qui risquent de n'avoir que peu d'échos bien qu'il s'agisse d'un thème essentiel et déterminant vis à vis de l'avenir des emplois, je vous laisse découvrir ce projet de loi.
Des amendements seront rédigés.
Le RSA a montré ses limites et ses faiblesses (cf article précédent), puisque lorsqu'on aborde des mesures de manière trop isolée sans les replacer dans le contexte global de l'évolution de l'emploi et de sa gestion à long terme, on aboutit à des solutions à court terme qui ne fonctionnent pas en période de crise. On oublie encore les personnes au profit d'apparences d'avancées qui servent surtout à modifier les statistiques du chômage.
La réforme de la santé se définit par rapport avant tout à la gestion des budgets : le budget ne peut être prioritaire dans la santé publique puisqu'il s'agit de personnes.
La formation doit surtout être une affaire personnelle également, il s'agit d'un parcours à long terme et il démarre... à l'école et se poursuit tout au long de la vie. Il faut certes intégrer les acteurs publics dans les processus de la réforme, mais aussi... les DRH et l'Education Nationale. Sinon...
A suivre!
(publié aussi sur le blog des Femmes Engagées!)
22:21 Publié dans Emploi-formation | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : emploi, formation professionnelle, syndicats, gouvernement, réforme, 1er mai
15.04.2009
La France qui se lève tard...
J'ai écrit plusieurs billets au sujet du RSA sur ce blog, notamment sur l'impact discriminatoire qui consiste à classer les chômeurs en catégories de "méritants" et de "non-méritants" sans prendre en compte le parcours de chacun et les difficultés personnelles (santé, familiales, sociales, etc) qui sont parfois plus fortes que toutes les incitations de retour à l'emploi.
Le RSA est en test depuis juin 2007 dans 34 départements, et entrera en vigueur sur tout le territoire français dès le 1er juin 2009. Il permettra aux différents foyers tributaires des aides sociales et à faibles revenus de s'assurer des ressources financières complémentaires en cas de retour à l'emploi, accompagnant ainsi les différentes contraintes à prendre en compte dans ce cas (garde des enfants, frais de transports, ...). Les Echos publient aujourd'hui les études menées par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), DREES RSA.pdf,pour le compte du ministère du travail : en comparant les départements test avec des départements "témoin", ils mettent en valeur les limites de ce dispositif :
- le RSA ne favorise pas l'accès à l'emploi ou son maintien, sauf sensiblement pour les personnes seules et sans enfant, et pour les diplômés... ==> rien donc pour ceux qui sont soumis aux plus grosses contraintes qui perturbent les chances de trouver du travail.
- le RSA n'ouvre pas la porte à d'autres emplois que ceux qui sont occupés actuellement ==> rien donc pour répondre à la pénurie de main d'oeuvre dans certains secteurs.
- le RSA conduit à trouver des emplois aux salaires plus faibles, à temps partiel, et de courte durée ==> rien donc pour réduire la précarité et envisager un parcours professionnel à long terme.
- le RSA répond aux mêmes motivations de retour à l'emploi que pour toute personne retrouvant un travail ==> rien donc pour favoriser l'insertion des plus éloignés de la vie active.
Néanmoins, on constate une forte baisse du nombre de contrats d'insertion dans les zones tests... Est-ce à dire que le RSA remplace numériquement l'insertion???
- le RSA qui prévoyait à l'origine un accompagnement de la part d'un référent ne permet néanmoins presque aucun suivi durant la période de retour à l'emploi ==> rien donc de nouveau pour encourager la construction d'un projet professionnel à long terme.
En attendant, le gouvernement nous prépare sa stratégie de communication pour célébrer la généralisation de ce dispositif dans notre joli pays...
Le RSA, sous couvert de réelles bonnes intentions, ne se contente donc pas de creuser le fossé entre la "France qui se lève tôt" et la "France des exclus"! En plus, il ne sert ... à rien. La politique de l'emploi devrait plutôt englober la population en âge de travailler de manière plus transversale et mettre l'accent non pas sur ceux qui "méritent", mais sur le système qui fabrique l'exclusion.
Le 22 avril 2009, le conseil des Ministres va adopter la réforme sur la formation professionnelle, qui sans rien transformer de nouveau dans l'accompagnement des personnes, se soucie surtout de la gestion des financements des formations.
RSA - insertion et formation sont pourtant des éléments indispensables à intégrer à la réflexion sur l'emploi et la gestion des parcours professionnels.
Prenons exemple sur l'Europe, qui dans le cadre de la Stratégie de Lisbonne a organisé un encadrement renforcé de l'emploi : les Lignes directrices intégrées pour la croissance et l'emploi fixent des règles communes, dont la n° 19 est particulièrement significative au regard du RSA :
les États s'engagent à « assurer des marchés du travail qui favorisent l'insertion, renforcer l'attrait des emplois et rendre le travail financièrement attrayant pour les demandeurs d'emploi, y compris les personnes défavorisées et les personnes inactives, au moyen des mesures suivantes : appliquer des mesures actives et préventives du marché du travail, telles que l'identification précoce des besoins, l'aide à la recherche d'un emploi, l'orientation et la formation dans le cadre de plans d'action personnalisés, la mise à disposition des services sociaux nécessaires pour favoriser l'insertion des personnes les plus éloignées du marché du travail et contribuer à l'éradication de la pauvreté (…) ».
Pour ce faire, il s'agit de mettre en place un "PLAN D'ACTION PERSONNALISE" intégrant :
- l'accompagnement par un conseiller dédié.
- un diagnostic des besoins.
- une évalution des qualifications
- des services de formation.
En période de crise, ces plans d'action méritent d'être renforcés...!
Mais pas chez nous...
Pour conclure, demandons à notre ami Brice Hortefeux et ses équipes de revoir leur copie et d'enfin envisager la politique de l'emploi dans une perspective européenne.
Bref, stop au débat qui renforce l'idée d'une nation qui avance à deux vitesses et qui se concentre sur le pouvoir d'achat au lieu du pouvoir de construire des parcours...
21:19 Publié dans Emploi-formation | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rsa, formation, emploi, crise, europe
27.02.2009
Surcharge de travail...
... pour les agents ANPE dans les prochains temps...![logo_anpe_fr[1].gif](http://dansmabesace.blogspirit.com/media/02/02/616893046.gif)
Vendredi soir, fin d'une semaine épuisante à tous les niveaux, peu de temps pour réagir à l'actualité de manière forte, la crise obligeant en tout état de cause à privilégier le travail de fond et le long terme pour sortir de cette situation très critique qui laisse beaucoup de victimes sur son passage et qui n'a pas fini ses ravages.
Les agents ANPE se plaignent depuis des mois de ne pouvoir exercer leur rôle de manière optimale, qui suppose naturellement l'accompagnement au retour à l'emploi. Devant la recrudescence du nombre de "dossiers" (il s'agit avant tout de "dossiers" tellement le temps imparti aux personnes demeure insuffisant), la personnalisation du conseil et de l'accompagnement devient de plus en plus difficile, ce qui révèle surtout l'inconséquence des décisions gouvernementales en termes de décisions pour éradiquer le chômage.
L'obligation d'accepter les offres alors qu'il y en a si peu est une décision à court terme.
Le RSA qui dédommage les pertes de pouvoir d'achat en cas de retour à l'emploi et qui montre du doigt ceux qui ne le "méritent" pas parce qu'ils ne parviennent pas à travailler est une décision à court terme.
Les réformes en cours de la formation qui donnent la priorité à la formation des non-qualifiés sur des compétences pénuriques proposent dans le marché actuel des solutions à court terme.
Sans parler des solutions d'aides aux entreprises défaillantes qui ne prennent pas en compte le small business act européen, et n'ont qu'une perspective de court terme.
Le chômage augmente dans la zone euro de 8.2% au mois de janvier.
Aucune répercussion donc des réformes bidon, c'est flagrant. Ces solutions n'auraient pas été non plus très probantes en-dehors de la crise, mais leur inefficacité aurait pu passer inaperçue. Et comme on sait que certains analystes financiers donnaient l'alerte depuis de longs mois en 2007-2008 sur la fragilité de notre système économique, on a la preuve que nous sommes gouvernés par des inconscients.(s'il en fallait encore)
Des pistes?
Il me semble, à moi modeste professionnelle du secteur de l'emploi et de la formation depuis 8 ans, avec un esprit critique et tourné vers des idéaux humanistes, que c'est à partir de l'idée de parcours professionnel et par extension d'employabilité qu'il faut enfin poser les problématiques; il sagit de penser à la capacité humaine à trouver un emploi, à le maintenir, ou/et à capitaliser ses expériences pour développer ses compétences par l'évolution, le changement, la formation.
Le formation initiale doit prendre en compte la préparation à la flexibilité et à la formulation d'un projet qui oriente ensuite la carrière ou les choix... Même si certains emplois ne seront jamais que des gagne-pains ou des occupations tournées vers la survie de ses proches, ils ne doivent plus revêtir le même caractère définitif. La formation initiale doit donner du lien avec le monde de l'emploi et donc de la formation continue. Un véritable accompagnement des entreprises sur la base de l'intégration d'une véritable politique de formation à l'intérieur de la stratégie à long terme... doit aussi être encouragée. Il ne s'agit pas seulement de gestion des compétences pour l'entreprise, mais de gestion du parcours professionnel de ses salariés qui ne sont plus liés à vie à leur structure.
Et en période de chômage, comment travailler sur son employabilité?
On pourrait imaginer des agents ANPE qui s'occupent de personnes par le biais d'un parcours et non comme un simple numéro de dossier.(il faut bien sûr leur en donner les moyens).
En période de long chômage, il n'est pas forcément utile de combler les "groupes à former" avec des personnes en attendant les jours meilleurs juste parce que la compétence de la session de formation est "classée pénurique" : si on n'est pas sûr d'assurer derrière avec un poste de travail et qu'en plus, la compétence n'intéresse pas outre mesure le demandeur d'emploi, on jette (encore) l'argent par les fenêtres.
La longue période de chômage qui attend certaines personnes va être douloureuse... L'occasion de recréer du lien, de s'associer et de s'engager dans le milieu associatif pour garder du contact, des connexions, en attendant que le Nième plan de relance à court terme fasse repartir l'emploi... ou alors dès que l'homme providentiel sera descendu du ciel avec son habit de Superman et sa rollex... ou alors en regardant un peu plus loin que le bout de son nez, avec l'Europe, dans les projets à long terme d'encouragement de l'innovation et de l'initiative...
Donner du sens au vivre-ensemble malgré tout, trouver la force et l'énergie avec les autres... et même rejoindre tous ceux qui se bougent pour construire cette nouvelle société...
Ce week-end, ce sera... pfff repos. Parce que j'ai du boulot, que je peux me le permettre, et que mon temps c'est du luxe que je peux essayer de consacrer aux autres...
Un petit exemple (dont j'avais déjà parlé) de mesures à long terme qui résisteront à la crise : Le Small Business Act ici
20:27 Publié dans Emploi-formation | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : emploi, chômage, politique, small business act
07.01.2009
Ressources inhumaines et formation professionnelle
Les négociations liées à la réforme sur la formation professionnelle touchent à leur fin et devraient permettre selon l'AFP "d'augmenter chaque année de 700.000 le nombre de salariés peu qualifiés et de demandeurs d'emploi bénéficiant d'une formation". Un Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels (FPSPP), constitué par des cotisations d'employeurs, permettra de financer ce plan qui ne rencontre pas d'opposition majeure de la part des partenaires sociaux.
Lorsque cette réforme a été amorcée en juillet 2008, les objectifs définis étaient clairs et précis : partant du constat qu'un budget de 27 Milliards d'Euros était souvent partiellement gaspillé par des organismes collecteurs assez éparpillés et jugés trop nombreux, il fallait selon le gouvernement :
- mettre en place une gestion efficace de ce budget (en diminuant donc le nombre de ces organismes... qui eux-même s'adaptent aux nouvelles contraintes...à suivre)
- faire en sorte que ces formations permettent à tous de garder un emploi ou d'en trouver un.
- réduire la disparité et l'injustice entre les bénéficiaires de ces budgets; les cadres et le personnel hautement qualifié bénéficient davantage de dispositifs et de conventions de formations.
Dans le cadre de la garantie de l'égalité des chances, je trouve tout à fait réjouissant qu'on se penche un peu plus sur ceux qui ne parviennent pas à intégrer le système de la vie salariée, en adaptant des projets aux besoins du marchés... Mais il ne sera pas dit que je ne ferai pas quelques critiques sur les tendances que je redoute à l'intérieur d'un contexte global de règne de la terreur sur les "inactifs" en Sarkozie :
- J'ai beau ouvrir grands mes yeux et mes oreilles, je ne trouve aucune mention relative à la notion de "projet professionnel personnel". On regarde le marché et on adapte avant tout les compétences aux besoins. Les compétences sont gérées comme des aptitudes et non pas comme des talents. Urgence de la situation oblige, avec des chiffres du chômage alarmants et une pénurie de compétences manifestement pérenne dans certains secteurs. Mais on continue de traiter "à la chaîne" les demandeurs d'emploi. L'effort à accomplir se situe donc encore et toujours pour les conseillers ANPE dans le temps à prendre pour définir un projet professionnel... Mais pour l'instant ils n'en ont pas les moyens, et les cadences exigées pour les quotas ne vont pas dans ce sens...
- En outre, on parle comme dans chaque réforme de "meilleure gestion de l'argent", forcément, "de meilleure gestion de l'offre"... mais pas de parcours professionnel dans la durée. Ce n'est sans doute pas une priorité quand on gère l'urgence, néanmoins, dans une société du travail qui exige de plus en plus de flexibilité "tout au long de la vie", il faut avant tout envisager la formation comme une étape à l'intérieur d'un parcours nécessitant de se former encore et toujours. D'où l'importance de nouveau de créer des projets professionnels, de ne pas rendre les hommes tributaires des nécessités ponctuelles qui les enferment dans une autre forme de précarité. Celle du pion...
==> On oblige aujourd'hui le demandeur d'emploi à accepter les offres proposées, même si elles ne lui conviennent pas. On va maintenant l'obliger à se former dans les domaines de ces offres d'emploi, sans se soucier de quelque projet que ce soit. On nie la particularité et l'individualité de ce qui est au fondement de la motivation... On reste dans l'optique : homme au travail = "ressource" pour l'entreprise. Bientôt on parlera non pas de "ressources humaines" mais de "matricules aptes". Il est clair qu'il faut être idéaliste pour oser parler de projet professionnel individualisé. Mais le temps passé au travail nécessite de prendre en compte la dimension humaine, surtout dans une optique du "travailler plus"!
Bref, mention passable pour une réforme qui méritait d'être conduite, mais qui manque d'humanisme. On s'en serait douté...
Commission emploi du Mouvement Démocrate : un sujet sur lequel bûcher ![]()
20:29 Publié dans Emploi-formation | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : gouvernement, réforme, sarkozy, formation professionnelle, modem, politique



