02.11.2009

ambiance au travail, romans, Dr House et Dr Ross

2 novembre, journée des prix Goncourt et Renaudot que je ne m'aviserai pas de commenter n'étant ni une adepte des prix, et surtout, ne connaissant pas tous les auteurs en lice... Ces prix permettent surtout aux auteurs de se faire connaître et de donner envie aux lecteurs de les découvrir, c'est surtout ça l'intérêt!
 
Disons que je profite de l'événement, parce que Delphine de Vigan faisait partie des prétendants pour le Goncourt, elle n'a eu qu'une voix aujourd'hui, mais elle a écrit Les heures souterraines, et c'est déjà tout ce qu'on pouvait espérer lire de mieux en ce moment au sujet du thème très actuel du harcèlement moral des cadres sur le lieu de travail, celui qui fait croire aux cadres qu'ils sont inutiles et qui ne leur permet d'exister qu'au regard de leurs objectifs. Et quand l'objectif n'est rattaché à rien d'autre qu'à lui-même, quand on ne lui donne pas du sens autre que celui du but ultime, pas facile de l'atteindre, de les atteindre, mais très facile d'être atteint au contraire soi-même par ces objectifs devenus maîtres de tout, et mesures de toutes choses.


 
La lecture est une des meilleures opportunités d'évasion et de retour sur la personne et son histoire. Delphine de Vigan ne nous montre pas l'échec d'une personne (et même de deux personnages dont les histoires parallèles se conjuguent parfaitement par des mouvement opposés, la course et l'immobilisme), elle nous montre une personne dans son environnement de travail, dans un contexte complexe d'interactions entre des personnes qui ne veulent pas se comprendre, se rencontrer. Aujourd'hui où l'on est surtout identifié par des statuts (travailleur/chômeur, apte à recevoir l'identité nationale/inapte, avec ou sans papier, méritant/non méritants,...), et le futur ne se dessine que par des objectifs (quand ils sont accompagnés, ce ne sont plus seulement des objectifs, c'est une cohésion), il apparait que l'on est soit inclu, soit exclu dans un système donné. Le roman lui, dépasse les systèmes, il décrit et montre les personnes transversalement, avec leur histoire, leurs émotions, leurs ambitions, leur volonté, leurs faiblesses. Ca change du langage SMS ou de celui de Facebook, c'est plus ... existant, c'est un type de partage plus personnel.


 
Quand on milite pour l'accompagnement individualisé - et personnalisé - des parcours professionnels, à l'intérieur et au-dehors du système entreprise, du système Pôle Emploi et du système scolaire, on milite aussi pour le sens qu'on donne au travail, travail qui a de plus en plus de synonymes approximatifs (boulot, taf,...) dévalorisants, parce qu'on parle de moins en moins des métiers. On cherche un boulot, pas un métier. C'est le boulot qui fait vivre, pas forcément le métier... Les objectifs du boulot sont difficiles à atteindre, stressants... Les objectifs relatifs à un métier sont au contraire les exemples d'une continuité dans la progression... Problème de vocabulaire en entreprise? Les notes de services ne sont pas des romans et n'ont pas ce rôle. Mais elles sont parfois très froides sans les relations humaines. Et les entretiens individuels se transforment quelquefois en audience à la cour, les plans d'action en peine infligée au coupable, on formalise tout tout tout par écrit, non pas pour éclaircir les propos mais pour se couvrir... Malaise.

 

 

On fait de plus en plus appel à des coachs, des psys, des médocs, des médecins... On met des pansements sur les plaies, mais on ne fait pas appel à Docteur House pour diagnostiquer l'origine de ces plaies... (il est vrai, je le concède, que c'est Docteur Ross le plus sexy quand il distribue son nespresso, qui d'ailleurs grâce à sa caféine, permet de tenir tête à la fatigue, et d'atteindre plus "facilement" ses objectifs)...

 

Dans tous les plans Emploi qui se dessinent, l'urgence du "sens" est à prendre en compte absolument. Dans toutes les perspectives de dialogue social, l'individualisation des parcours professionnels par un suivi personnalisé (objectifs avec accompagnement!!!) doit prendre sa place petit à petit, comme dans les plans de reclassement. Utopique? Disons que si dans certaines structures on est loin du compte, il est temps de ne plus traiter les personnes comme des dossiers. Comme dans les romans. Tiens d'ailleurs qu'est-ce que je pourrais bien lire ce soir?

09.10.2009

Les gentils et les méchants : adieu les Bisounours, bienvenue chez nous

"Une loi ne pourra jamais obliger un homme à m'aimer mais il est important qu'elle lui interdise de me lyncher." Martin Luther King

On pourrait citer Alain Juppé aussi, déformer légèrement ses propos et ça donnerait : "Toute personne médiatique, on la lèche, on la lâche, on la lynche"...
 
N'étant pas favorable à certains types de buzz, je m'abstiendrai de commenter certains événements qui font la une de tous les médias et qui sont dans toutes les bouches des opportunistes qui ont besoin de faire parler d'eux. Depuis quelques jours/semaines, on ne les arrête plus. Et puis, ce n'est que la partie visible... du bûcher.
 
On en est là : la société spectacle n'a que deux côtés : il y a les gentils et les méchants.
Il y a les donneurs de leçons et les méchants.
Il y a ceux qui jugent et les méchants.
Il y a ceux qui savent et les méchants.
Il y a ceux qui applaudissent et les méchants.
Il y a ceux qui lynchent et les méchants.
 
Montrez-les du doigt et dénoncez-les, qu'on les envoie tous à l'échafaud, au camp, dans les wagons. Ils sont si méchants.
 
Les méchants n'ont pas d'histoire. Les méchants sont indépendants des contextes dans lesquels ils évoluent. Les méchants sont des choses vides qui sont juste des méchants sans âme. Les méchants ne sont pas des hommes, ils n'ont pas le droit d'être défendus.
 
Elle est belle notre société.
 
Faudra juste redéfinir le terme "gentil". Je vois bien des synonymes aussi divers que variés, mais s'adressant malgré tout à cette seule catégorie : les mafieux, les manipulateurs, les menteurs, les naïfs, les passifs, les sincères et les honnêtes aussi... Combien parmi eux ont-ils du recul sur les choses et sortent de leur cocon surconsommateur pour réfléchir avant de condamner? Bêêêê...
 
Nous vivons dans un monde où la valeur est fondée sur "l'avoir" : avoir une bonne réputation, avoir l'air normal, avoir l'air d'être connecté aux autres, avoir plus de plus pour être un exemple...
La personne? Pffff... tu veux parler de l'autre avec son histoire là? Pfff... Tu voudrais dire qu'on peut simplement ETRE quelqu'un?
 
L'écoute... doit précéder le jugement. Toute PERSONNE a le droit d'être défendue, et de s'expliquer. Toutes les fautes peuvent être condamnées, mais objectivement, et pas sous le coup de l'émotion parce que c'est celui qui parle le plus fort qui a raison... C'est celui qui excitera le plus le voyeurisme et qui racolera le plus de faibles en mal d'émotion qui aura encore raison. Tant qu'on continuera comme ça. Tant qu'on cherchera à avoir le plus et à ne pas être quelqu'un... avec d'autres.
 
 
 
 
Et il paraitrait même que dans certains partis, on pratique le lynchage aussi. Ouais, paraîtrait qu'on a besoin de se défouler sur les autres partout pour se rassurer; on ne cherche plus à avertir, on condamne, on lynche. 
Et on se laisse entraîner par les moralisateurs qui ont un miroir bien poussiéreux...
 
 
 
Bref, la colère passée, je reprends l'écriture de billets. A suivre des billets sur l'emploi, sur l'entreprise. Et sur les gens. Juste pour ce qu'ils sont. En essayant d'ETRE une blogueuse et pas seulement d'AVOIR un support pour répandre tout et n'importe quoi...

22.09.2009

Le temps des MoDemettes

Olympe, dont le blog féministe est à suivre absolument, s'interroge de nouveau sur la parité en politique et me sollicite pour donner mon avis concernant la parité au MoDem à l'occasion des Elections Régionales, notamment dans le choix des têtes de liste. (l'Hérétique a également répondu à la question, ici). En effet, on ne peut que constater que les présidents de région sont très très très rarement des femmes (on en compte deux en France).
 
La parité n'a jamais fait partie de mes (nombreux!) combats internes au Mouvement Démocrate, parce que même minoritaires (1/3 de femmes parmi les adhérents), les militantEs n'ont aucun mal à se faire entendre, en tout cas dans le Bas-Rhin. Lors des élections internes, 4 listes s'affrontaient pour la Présidence, dont 3 menées par des femmes, et c'est aussi une femme qui a gagné. Mais elles sont néanmoins minoritaires au bureau. Par contre, expressives...

 

armoire à balai.jpgEn même temps, j'en ai plus qu'assez d'entendre des invitations  à être présente sur une liste du type "On a besoin de toi sur la liste parce qu'on a besoin de femmes", adressées à des femmes pourtant compétentes et qui ont une vraie valeur ajoutée. Dans un parti idéal, qui souhaiterait renouveler les pratiques et travailler surtout sur un projet et présenter des candidats compétents, ce type d'invitation est absolument inconcevable. Et pourtant, ça arrive encore un peu partout... Donc cette question mérite d'être mise en valeur.
 
Je crois que si effectivement, comme nous l'avions dit et promis au départ, nous avons à coeur de "faire de la politique autrement" (...) et de défendre la démocratie avant tout, c'est l'éducation de nos concitoyens et donc de nos militants qui est prioritaire afin de leur permettre de : 

  • comprendre leur environnement externe (avec tout ce que cela sous-entend comme influences et interconnexions sociales, complexité et contraintes juridiques, économiques, globales, etc, chances et opportunités de construire,...)
  • pouvoir choisir parmi des propositions et pouvoir participer aux décisions.

 

Quand on voit comment les citoyens américains répondent à Obama pourtant pédagogue et volontariste, porteur d'un projet indispensable en terme de réforme de santé, on se dit que la population n'est pas en mesure de comprendre ce vers quoi elle tend, en tout cas là-bas. Avec le gouvernement français actuel qui souhaite abreuver nos temps de cerveau disponibles avec du "consommer plus pour penser moins", on en prend le chemin. Donc donnons les moyens à tous de comprendre les enjeux des grandes questions politiques. Ce type d'ouverture d'esprit conduit nécessairement à la reconnaissance de la place des femmes dans la société, et a fortiori dans les postes de direction. Quand on est capable de comprendre, on est capable de choisir. Choisir les meilleures solutions possibles, choisir les meilleur(e)s représentant(e)s possibles. On ne pensera pas tous la même chose, mais on saura pourquoi on le pense.

 

Bref, on n'en est pas encore là, ce n'est pas une raison pour baisser les bras.

D'ailleurs, il y a suffisamment de personnes qui ont faim pour qu'on pense aussi aux besoins dits "primaires" et à de nombreuses autres priorités urgentes. Mais l'éducation, c'est du long terme, et c'est un des fondements de la démocratie. Il ne s'agit pas de faire en sorte que tout le monde soit bachelier, surtout pas, mais juste de nous aider à penser et choisir. 

 

En attendant, on choisit des personnes en fonction aussi de critères liés à des rapports de force, et on oublie parfois nos ambitions de réinventer les pratiques. Je ne me sentirai pas forcément mieux représentée si des femmes sont têtes de liste, je ne me sentirai représentée que si chaque tête de liste prend la peine d'être garant/e des compétences de son équipe capable de répondre aux questions régionales dans l'esprit démocratique que nous nous sommes fixés, ce qui implique la reconnaissance de la femme. A suivre...

13.09.2009

Offre publique... de foutoir...

La politique spectacle nous a réservé une rentrée sur les chapeaux de roue, sur fond de vaudevilles affligeants et de farces dégrandantes qui encouragent vivement nos concitoyens à ne pas voter pour tous les pantins qui souhaitent nous représenter et dont les préoccupations semblent bien éloignées des nôtres...

 

On serait presque tenté de composer un podium et de décerner les "boulets d'or", d'argent et de bronze à tous ces acteurs en proposant aux spectateurs de prendre leur téléphone portable et pour une modique somme de "quelques" euros par SMS, de voter pour les nominés de la rentrée : Martine Aubry, Brice Hortefeux, les différents donneurs de leçons, Philippe de Villiers, Sarko 1er, Public Sénat, et d'autres qui ne vont pas manquer de mettre leur nez de clown d'ici la fin du mois (on pourrait même tenter des pronostics... Ségo, on t'attend). Le pire, c'est que ça pourrait marcher... et rapporter gros...

 

Mais il ne faudrait pas adhérer à cet hypothétique classement, ce serait répondre à la médiatisation fondée essentiellement sur le buzz et non pas sur les sujets de fond qui eux, animent vraiment notre société,  et influencent notre quotidien, que ce soit la perpétuelle crise économique et sociale, ou la réforme de la santé, la pollution, la scolarité de nos enfants, etc...

 

Je ne souhaite pas sous-estimer l'importance des questionnements qu'ont cependant soulevé les scènes de la politique spectacle et leur tournure inacceptable, mais simplement, je crois qu'ils sont simplement symptomatiques de la disparition de la noble politique qui s'intéresse davantage à son environnement qu'à ses mandats, au profit d'une pauvre politique qui préfère les petites phrases à l'humilité, les discours bien intentionnés aux réels débats, les tactiques politiciennes à une stratégie de parti (ce qui ne signifie pas "stratégie partisane" mais "stratégie d'un groupe"). C'est l'offre (habituelle) publique de foutoir, celle des partis actuels...

 

Comment faire en sorte que la prise de pouvoir repose sur une autorité de fait, fondée sur le charisme et la sincérité, l'honnêteté et l'engagement, le talent et le courage? Une autorité sans autoritarisme des calculs, sans triche ni mépris...

 

J'aimerais beaucoup que l'offre publique de dialogue proposée par le Mouvement Démocrate intègre à ses futurs débats ces interrogations qui ne sont pas celles de naïfs obervateurs de la politique comme l'hégémonie du buzz nous invite à le croire, mais plutôt la traduction d'un regain d'intérêt possible de tout le monde pour la politique noble, celle qui travaille pour tout le monde et pour la planète... Ce serait bénéfique pour tout le monde... et surtout pour les acteurs... Et cette requête fait partie des fondements du Mouvement Démocrate qui préconise un renouvellement des pratiques et l'émergence d'une génération politique nouvelle.

Au programme : la définition d'un débat de société, l'éducation citoyenne à la démocratie, la responsabilité d'un mandat et ses champs d'action, ...

14.08.2009

La Besace, le Retour...

Je sais que vous attendez tous le retour de la Besace avec une grande impatience (...) alors je vous fais un petit coucou au beau milieu de mes vacances, parce que je suis en courte escale à Roanne, ville dans laquelle il n'y a rien à faire, rien à voir, rien à espérer, (...), hormis une équipe de basket actuellement au repos, comme mon blog... Ce vide sidéral est l'opportunité rêvée pour se remettre à "politiser" un peu...

 

Donc une fois n'est pas coutume, je viens vous annoncer mon plus fervent soutien au gouvernement français. Si si. Mais je précise : mon soutien concerne la décision du ministre de l'intérieur de suspendre le préfet Paul Girot de Langlade pour "propos diffamatoires, empreints de racisme"... Si vous n'avez pas entendu parler de cette histoire, résumons : le 31 juillet à Orly, ce Monsieur le Préfet, victime de la "répression" de l'aéroport d'Orly malgré son éminent statut, s'en est pris à l'agente de sécurité d'origine antillaise qui a eu l'outrecuidance de le SOUMETTRE à un contrôle de sécurité. Excédé, Monsieur le Préfet lui aurait rétorqué : « Où on est là? On se croirait en Afrique (...). Il n'y a que des Noirs ici».

Une enquête a été ouverte aujourd'hui au parquet de Créteil.

 

"Petite" incongruité : ce Monsieur le Préfet (hors cadre par ailleurs) est comme le rappelle Mediapart  "l'un des quatre hauts fonctionnaires nommés – avec ses homologues de Guadeloupe, de Guyane et de Martinique – pour assurer la coordination locale des Etats généraux de l'Outre-mer... " mise en place par Sarkozy 1er qui déclarait solennellement en février : «Pourquoi des Etats généraux? Parce que le principe de démocratie implique un dialogue, une écoute, une compréhension mutuelle. Que la crise sans précédent que viennent de traverser la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion et la Guyane témoigne de l'importance d'entendre ces frustrations, blessures et souffrances. Qu'elle témoigne tout autant de l'impérieuse nécessité de les surmonter pour imaginer l'avenir de l'outre-mer. Un avenir à construire dans le respect et le dialogue

 

Donc il n'a pas eu le choix Monsieur Le Ministre Eric Besson. Il fallait punir... et assortir les discours bien intentionnés de faits bien... attentionnés.

 

Sinon, à Roanne, heureusement, il y a plein de monde que j'aime bien. Non parce que sinon, qu'est-ce que je viendrais y faire...?

 

PS au(x) Roannais qui m'envoient des réclamations relatives à ma description de leur ville : il s'agit d'humour, j'adore venir!

30.06.2009

Présumé suspect

Toute personne d'origine africaine pourrait l'attester, tous ses amis aussi, la probabilité de se faire contrôler par les forces de l'ordre est plus forte quand on a la peau noire, quand on est d'origine maghrébine, africaine, et qu'en plus on est jeune. Tout cela on le sait. Mais ce qui est nouveau, c'est que des études ont été menées pour quantifier ce phénomène. Médiapart publie aujourd'hui un article intitulé "Contrôles policiers au faciès, la preuve scientifique", dans lequel le journaliste met en valeur l'étude menée par des chercheurs du CNRS.

 

Puisqu'il est vrai que la loi prévoit que "toute personne a l'obligation légale de se prêter aux contrôles d'identité", forcément, "tout devient possible" dans les interpellations intempestives où les suspects sont toujours les mêmes profils, subjectivement catégorisés dans la case "attention danger"... Trouver des critères objectifs et non discriminatoires de choix de contrôle, ce serait participer aussi à un certain apaisement dans les rivalités qui persistent entre forces de l'ordre et quartiers difficiles, mais surtout, ce serait respecter nos principes républicains.

 

Cette étude a été menée sur 5 sites parisiens. (cf exemple sur vidéo ci-dessous qui nous explique son principe).

Voilà ses préconisations au point de vue politique :

 

"• Reconnaître publiquement l’existence d’un problème de contrôle au faciès dans

la police française.

• Encourager et financer les recherches pour déterminer l’ampleur du problème

que constitue le profilage racial en France.

• Entreprendre un examen approfondi des normes juridiques, des politiques et des

pratiques qui sous-tendent les habitudes de contrôle au faciès.

• Modifier l’article 78.2 du Code de procédure pénale afin d’interdire explicitement

la discrimination raciale, de clarifier et de renforcer l’existence de « raisons plausibles

de soupçonner » claires et définies, comme seules justifications des contrôles

d’identité ; et afin, également, de clarifier les raisons qui amènent à la palpation

ou la fouille des intéressés.

• Maintenir et soutenir les organes de contrôle spécialisés et indépendants des forces

de sécurité, tels que la Commission nationale de la déontologie de la sécurité,

les doter des ressources matérielles et humaines suffisantes pour donner suite

aux requêtes dont ils sont saisis, afin de leur permettre d’identifier d’éventuelles

pratiques discriminatoires, y compris indirectes.

• Engager un travail avec les communautés locales et les associations sur les problématiques

de non-discrimination, pour discuter la nature du problème et élaborer

des réponses politiques susceptibles de bénéficier d’un consensus social réel."

-

08.04.2009

Aux délinquants de la solidarité

«Toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d'un étranger en France sera punie d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 30.000 euros», indique l'article L.622-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers.  repris par Mediapart. Il semble bien que le film "Welcome" a suscité débats et polémiques et encourage la mobilisation des différentes associations auprès de l'opinion publique.

 

Sujet que je connais très bien, ou en tout cas problématique à laquelle j'ai été confrontée pendant quelques années sur le terrain, en direct, avec les "illégaux", avec les forces de l'ordre, les préfectures, les avocats, les conseils d'audition... Il faut être très fort pour persévérer dans ce genre de combat au quotidien, je m'en suis éloignée parce que je ne supportais plus le mépris dans les yeux des agents de préfecture, les sarcasmes dans les paroles du chef du bureau des étrangers, les accusations sans fondement des forces de l'ordre en délit de zèle de fichage suite à interpellations intempestives dans les rues, les mensonges et les arnaques de certains juristes reconnus...  et parallèlement la déception et la tristesse de ceux qui sont considérés comme indignes de vivre avec nous, soupçonnés de mentir dans des perspectives d'avenir malhonnête. Eloignée sur le terrain mais pas dans l'observation qui certes, n'apporte pas grand chose à la détresse de ceux qui rêvent de s'épanouir dans nos contrées...

Je fais partie maintenant de cette masse silencieuse qui soutient l'action des ONG impliquées dans l'aide et l'accompagnement des sans-papiers, et dans la lutte pour certaines régularisations, et aujourd'hui dans la défense de ceux qui aident les personnes en situation irrégulière.

 

 

Sans céder à l'émotionnel ou au voyeurisme, il convient de constater que la solidarité s'exprime spontanément et naturellement, pas toujours dans la conscience d'enfreindre des lois mais davantage dans l'objectif de porter secours à un être humain, d'écouter une souffrance, un rêve...

Eric Besson accuse les associations de tromper l'opinion publique en semant la confusion entre le secours humanitaire et l'encouragement des filières d'immigration illégale.

Le parti socialiste, toujours prompt à récuperer les causes déjà bien enracinées dans l'opinion publique prend aussi la parole dans le débat, mais ayant moi-même "oeuvré" à l'époque sous Jospin, je n'ai pas confiance quand j'entends les personnes de cette même période s'offusquer de ce qu'elles toléraient alors en fermant les yeux (Martine était déjà là eh oui, et d'autres...) 

 

Tout çà pour vous dire qu'aujourd'hui marque une journée de mobilisation à laquelle je ne pourrai malheureusement pas participer, c'est pour cela que je répercute l'action à ma manière sur mon blog :

 

Objectif chiffre
pour 2011
de reconduites à la frontiere :
28000
 
 
Objectif chiffre
pour 2011
d’interpellations d’aidants :
5500
 
Plus de détails : ici

02.04.2009

"Il vaut mieux être policier que simple citoyen. Ils sont couverts"

Ce titre est une citation d'un propos de Boubaker Ajimi, père d’Abdelhakim Ajimi, décédé des suites de son interpellation à Grasse le 9 mai 2008 et sert d'introduction à l'article du jour, celui d'Amnesty International, relatif au rapport que cette organsation vient de publier... Edifiant. Mediapart, toujours prompt à l'analyse et à la veille de toutes les attaques à la démocratie, publie aussi un article : ici pour les abonnés.

 

La police serait au-dessus des lois et bénéficierait d'une totale impunité... Contrôlée par elle-même, elle peut se permettre de faire valoir sa propre objectivité... arbitraire.

Au pays des "droits de l'homme" (ndlr : je parle de la France... sous-entendant qu'il s'agit en fait du pays de la proclamation des droits de l'homme, pas celui de la pratique...), on peut constater que les "droits" ne sont décidément pas les mêmes pour tous et cela révèle une profonde disparité, notamment entre le jugement des personnes en uniforme et celui des personnes "de couleur".

 

Sans remettre en cause la difficulté du métier de policier, il faut plus que jamais dénoncer avec Amnesty International : le manque d'impartialité et d'indépendance dans les enquêtes relatives aux accusations de violence en provenance des policiers, et souvent le classement "sans suite" de ces dossiers. Ainsi sont laissés sans jugement : des meurtres, des tortures, des coups portés aux personnes interpelée les conduisant à l'hôpital,...

 

Pour lire le rapport complet, cliquez ici.

 Et des témoignages bouleversants et affligeants : ATTENTION - TOUT CELA SE PASSE EN FRANCE...

 

31.03.2009

Elle est belle la France

On nous avait habitués ces dernières années à la construction d'une société à deux vitesses : les riches qui deviennent plus riches, les pauvres qui deviennent plus pauvres, les uns et les autres se battant et faisant valoir des idéaux très différents. Le fossé se creuse, et on voit apparaître maintenant des réactions fortement antipathiques des uns contre les autres et vice versa.

 

On nous avait habitués à un paysage politique bipolaire, avec d'un côté des libéraux devenant de plus en plus ultra-libéraux dans le cadre économique et tout le contraire avec les libertés publiques, et d'un autre côté des protecteurs d'un état providence en faillite qui fabrique moins de social qu'il ne le prétend avec ses airs de rétro-protecteurs. Le fossé se creuse, et on voit apparaître des messages d'obstruction systématique et d'opposition stérile sans dialogue.

 

On nous avait habitués à certaines entreprises qui traitent de manière différentes leurs salariés et leurs actionnaire, réservant l'information, les bénéfices et les choix d'avenir aux seconds pendant que les premiers permettaient aux statistiques des maladies professionnelles de prendre un tournant inquiétant. Le fossé se creuse, et on voit apparaître ceux qui sont laissés pour compte et ceux qui s'envolent avec des parachutes dorés.

 

On nous avait habitués aux personnes ayant-droit et aux illégaux, aux Français et aux sans-papiers, aux blancs et aux étrangers, aux bien logés et aux sans-domiciles,...

 

On nous avait habitués à tout cela, ce qui nous permettait de continuer à mener notre petite vie, assumant nos "catégories" et les circonstances qui nous changeaient parfois. Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes, l'idéal étant d'aspirer à toujours se trouver du bon côté, à en rêver ou à y rester.

 

En Sarkozye, tout cela prend une autre ampleur.

On ne se contente plus de contempler ces deux côtés d'une même réalité, on les pousse à la confrontation... Par les mots des représentants et gouvernants, par les valeurs véhiculées dans les comportements, par les informations relayées par une presse complaisante...

 

Et là que voit-on?

Tout ce à quoi on était habitué est en train de prendre ses marques et de revendiquer son identité, non pas en tant que personnes projetées dans l'avenir, mais comme individus projetés droit dans le mur et prêts à flinguer tout ce qui est en face.

 

On montre du doigt et on caricature à outrance :

les patrons qui appliquent leurs "droits" habituels

les ouvriers qui séquestrent leur dirigeants

les chercheurs qui refusent d'être évalués

les internautes qui piratent les oeuvres

les maisons de disque qui encaissent tous les bénéfices des artistes

les étudiants qui détruisent les amphis

les chômeurs de longue durée qui ne reprennent pas d'emploi

les sans-papiers qui n'ont pas leur place

les politiques qui mentent

les malades qui gaspillent l'argent public

les médecins qui ne soignent que les malades rentables

les malades mentaux qui risquent d'être dangereux

le pape qui répète ses paroles dogmatiques

les bandes violentes qui sacagent les villes

les policiers qui pratiquent une répression intensive

l'Otan qui veut faire la guerre

les anti-Otan qui veulent provoquer des attentas

des grandes surfaces qui arnaquent les consommateurs

etc etc etc

 

 

Le ton monte, l'agressivité se répand, et la crise s'étend.

 

Et pendant ce temps-là... Les beaux discours prônent la solidarité, la frugalité, la construction d'une société nouvelle...

 

Comment dire... avec le décalage généralisé, les conflits des uns contre les autres, et l'idéologie pacifiste qui voudrait triompher... On fait comment concrètement?

 

 

 

C'est justement parce que la France "déconne" au plus haut point qu'il faut mettre ses espoirs dans une Europe qui n'existe pas encore en tant que société... N'en faisons pas un duplicata de ces nations repliées sur elles-mêmes... Construisons des modèles globaux qui prennent en compte toutes ces personnes au-delà de leurs rancoeurs pour les tirer vers une réelle volonté humaniste.

 

A à peine plus de deux mois des élections européennes, calmons-nous et demandons-nous ce que nous voulons, ce dont nous avons besoin pour notre collectivité...

19.03.2009

Il y a quelque chose qui m'échappe.. encore

Dans la série des petites phrases des membres du gouvernement et de leurs fervents soutiens, il faut craindre qu'on commence à s'habituer au pire...

 

preservatif.jpgMais la palme d'or de la semaine est décernée à Christine Boutin qui en réaction aux propos du pape sur les préservatifs, s'est exprimée sur RTL ce matin : lorsqu'on lui demande "Pensez-vous que l'utilisation du préservatif peut-elle aggraver les choses ?", elle répond : "Ce n'est pas drôle de mettre le préservatif quand on fait l'amour".

 

Ah l'ouverture de Sarko... n'a pas de limite. On attend les réactions de la 1ère dame de France, officiellement ambassadrice de la lutte contre le Sida, si "quelqu'un lui a dit" ce qui venait d'être diffusé cette semaine.

 

 

Sinon, il ne faut pas banaliser les risques de propagation du virus du SIDA : le prochain SIDACTION démarre demain et se poursuit jusqu'à dimanche. Vous pouvez faire vos dons en cliquant ici.

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