28.07.2008

Handicap International : le rapport

Handicap International vient de publier son rapport d'activité 2007 :  ici

Un bilan d'action et un bilan financier. Et des montagnes de projets encore. Agir dans l'urgence et sur le long terme, ce sont les mots d'ordre de cette organisation, "partout où vivre debout ne va pas de soi".

L'orientation scolaire n'est pas que scolaire

L'orientation scolaire détermine souvent la réussite professionnelle ultérieure, même si d'autres paramètres interviennent nécessairement dans la vie d'adulte et dans l'exercice du métier et qui peuvent aboutir à des orientations non prévues et tout autant déterminantes. Les parents ont souvent tendance à confier à l'école cette responsabilité, tout en s'impliquant à la mesure de leurs connaissances et des projets nourris pour leurs enfants, comme le prouvent les statistiques qui révèlent des constantes : les enfants de cadres ou d'enseignants réussissent davantage leur accès au baccalauréat général et aux études supérieures que les enfants d'ouvriers et de parents sans emploi.
 
Les constats sont les mêmes depuis des décennies, et la montée du chômage ainsi que les contraintes qui pèsent sur la flexibilité de l'emploi et la nécessité de se montrer capable de changer de carrière, mettent en valeur l'impératif absolu de changement dans la construction du devenir scolaire des élèves.
 
Le Haut Conseil de l'Education vient de publier son rapport 2008, intitulé L'orientation scolaire, (ici) sensé servir de diagnostic et donc de base à des réformes dans l'Education Nationale, dont on parle depuis si longtemps. En effet,le Conseil Européen en 2000 avait entériné la décision relative à un grand projet pour l'Europe : en faire la "société de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique au monde d'ici 2010". L'orientation scolaire est mal coordonnée dans toute l'Europe et nécessite donc une réforme en profondeur adaptée aux objectifs fixés.
 
Ce rapport ne nous apprend rien de nouveau quant à l'état des lieux, d'une orientation qui trie les élèves en excluant des filières générales les moins doués pour les savoirs abstraits (rendant les filières professionnelles attractives seulement par défaut), à l'inadéquation entre l'orientation et l'offre professionnelle en général.
 
Remèdes proposés comme axes de réflexion :
les Régions devraient prendre en charge la coordination de cette orientation scolaire en s'appuyant sur différents axes de développement de cette activité :


- la prise en charge de l'accueil et de l'information : alors que l'Etat poursuit sa mission interministérielle de définition de cartes scolaires et de filières selon les besoins réels détectés sur le territoire, la Région relaie cette information auprès des familles, et s'occupe de fournir les ressources et d'animer ces services. Ce qui remet en cause le bien-fondé de l'existence de toutes les structures existantes (le CIO, les MGI, les missions locales, l'ONISEP, etc etc), qui ont du mal à se différencier aux yeux du grand public.


- le conseiller en orientation, actuellement nommé conseiller d'orientation psychologue, ne bénéficie pas réellement d'encadrement, ni d'objectifs, et effectue donc des missions la plupart du temps de manière arbitraire même si son implication et son dévouement ne sont pas remis en cause. Si les directeurs de CIO relevaient des régions et coordonnaient les actions des conseillers d'orientation, on pourrait imaginer la possibilité de définir une réelle complémentarité des différentes compétences et une cohésion dans l'action, ainsi qu'une cohérence vis à vis des besoins et des attentes, aussi bien celles des familles que celles du marché du travail.


- les professeurs devraient aussi davantage être impliqués, sur la base du volontariat, afin d'assister les conseillers d'orientations grâce à une mission de "professeur référent" (suite à formation), chargé d'accompagner un certain nombre d'élèves dans un contexte complémentaire.


- l'éducation à l'orientation, fondamentale afin d'éviter les stéréotypes et les automatismes souvent générateurs de choix par défaut devrait devenir un moteur de l'orientation scolaire. Construire son projet professionnel plutot que se laisser influencer par manque de connaissance devrait être un comportement normal d'élève; les documentalistes ont là leur rôle à jouer.

 

 

En guise de commentaire, je dirais que je trouve que l'idée de renforcer la proximité dans la détermination de la cohérence et de la cohésion du parcours scolaire des élèves ne peut qu'être bénéfique pour répondre ponctuellement aux attentes des familles et des écoles, collèges, lycées.

Parallèlement, on fait référence au début du diagnostic à un projet européen qui va concerner tous les pays membres, ayant pour but de renforcer l'attractivité du système scolaire et éducatif européen. Or dans le rapport du Haut Conseil de l'Education, on ne mentionne plus du tout le projet initial dans les conclusions. S'il doit s'agir d'une réelle politique d'éducation européenne, la proximité renforcée n'apportera pas de réponse suffisante. Quid des échanges interrégionaux, des solutions de mise en oeuvre reposant sur un budget cohérent, et surtout de la coopération transfrontalière et paneuropéenne? L'apprentissage des langues vivantes s'accompagne souvent d'échanges scolaires dans les pays concernés; ne pourrait-on pas imaginer des échanges d'autres types entre personnel de l'éducation nationale, et de fonctionnaires attachés aux régions? Des décisions parcellaires, nationales ou régionales isolées ne peuvent conduire à la réussite de cet objectif beaucoup plus global.

 

D'autre part, la formation scolaire ne suffit pas, et c'est une réelle préparation à la vie professionnelle qu'il faut envisager, incluant la prise de conscience que la formation continue après l'école, que le marché flexible dans lequel l'élève doit se préparer à évoluer est un monde qui va l'obliger à revenir régulièrement se former, qu'il s'agisse de savoirs de base, de connaissances métiers, ou de domaines d'approfondissement de ses propres compétences. L'orientation scolaire devrait prendre en compte cette nécessité de se préparer sans cesse à des réorientations et à une ouverture vis à vis des opportunités et des menaces d'une carrière; et c'est là que l'éducation à l'orientation prend tout son sens, mais les acteurs mentionnés dans le rapport ne suffisent pas. Un lien renforcé avec le monde de l'entreprise et des différents secteurs s'impose, et je crois qu'on le répète aussi depuis..... (à mon époque déjà, ;), il sagissait d'une évidence).

24.07.2008

Monsieur Sarkozy, dessine-moi un mouton

"Dans les grandes transformations sociales, les résistances individuelles, honorables pour les caractères, sont impuissantes contre les faits". Chateaubriand.

 

S'interrogeant sur l'impuissance française à réussir ses réformes sans heurts et sans psychodrame, Lionel Steinmann, journaliste au journal les Echos, a écrit un article dans le mensuel Enjeux les Echos du mois de juillet, intitulé "Le style des politiques conditionne les réformes". Quelle approche choisir, comment trouver les mots justes et les méthodes appropriées, entre la tendance participative et consensuelle, ou au contraire le passage en force?

 A travers la considération de 5 méthodes possibles, il dresse quelques constats :

  1. la manière forte : le modèle de Margaret Thatcher n'a pas été forcément le plus convaincant, même si les réformes déployées avec elle ont permis une réelle transformation en matière d'économie. Alain Juppé (sécu, retraites), Martine Aubry (35h), Dominique de Villepin (CPE), testant ces méthodes, ont dû affronter les courroux et payer les conséquences de cet excès de zèle, on n'accepte pas en France "le complexe de supériorité de la haute fonction publique".
  2. le consensus : les modèles prédominants dans cette optique sont le Danemark, la Suède, les Pays-Bas. Les accords sont trouvés à l'issue des négociations préalables, mais c'est plutôt rare en France, et on ne retrouve pas ce mode opératoire dans des réformes en profondeur, mais uniquement dans le cas de points précis, dans un détail. On n'aboutit dans ce contexte qu'à "des réformettes";
  3. le "respect"  des contraintes de l'Europe : on va se cacher derrière le prétexte du diktat bruxellois afin de faire apparaître le caractère inéluctable des réformes et de se déresponsabiliser au maximum du poids de ces transformations peu populaires... pas étonnant que l'Europe ne soit pas un sujet d'intérêt pour nos concitoyens puisqu'on lui attribue les torts provoqués par la dérégulation du marché de l'énergie, l'ouverture à la concurrence des télécoms, les contraintes financières liées à la limitation des déficits budgétaires...
  4. la frénésie qui consiste à tout mener de front : afin de mettre fin à l'immobilisme, on entreprend de multiples réformes de manière simultanée... on avance mais on atteint un réel manque de lisibilité, on oublie les avancées et on prend le risque de perdre de la cohérence. Inutile d'aller chercher des exemples bien loin, observons ce qui se passe en ce moment : retraites et régimes spéciaux, service minimum dans les transports, constitution, justice, la liste est longue. Comment faire un bilan sérieux et voir clair dans tous ces mouvements, évaluer ce qui fonctionne ou pas?
  5. la suppression des avantages acquis, qui pour certains, "entravent le bon fonctionnement de l'économie". Il s'agit d'une théorie défendue par les économistes Jacques Delpha et Charles Wiplosz. Bien entendu, il faut dédommager tous les perdants dans ces décisions. On a pu effectuer un test de cette méthode en France avec les chauffeurs de taxi, lorsqu'on a souhaité libéraliser leur secteur d'activité : mais le dédommagement oblige aussi l'Etat à financer les emprunts des artisans taxis. Vu l'état des comptes publics, Bercy refuse. Même si cette solution est génératrice de nouveaux emplois, et que le client rembourse lui-même l'emprunt.

 

Pffff. Des méthodes séduisantes sont décrites dans l'article de Enjeux, mais... en France, ça ne marche pas. La stratégie gagnant-gagnant n'est pas à la base des négociations on reste dans l'affrontement des camps. Parce qu'on est incapable de dépasser les clivages des intérêts immédiats et des voix à gagner pour les prochaines élections, des adhésions à faire rentrer à l'intérieur des organisations syndicales, de la médiatisation suscitée par les opportinismes de prises de positions démagogues..., on en est réduit à l'immobilisme ou au passage masqué.

L'intérêt général et la santé à long terme, on les ignore, on ne les voit pas. Seule une politique affranchie de ce clientélisme à toute épreuve pourrait être la solution, mais il faudait déjà prendre en compte que les Français ont besoin d'être apprivoisés, qu'il faut les préparer aux réformes et donc leur permettre de voir plus loin que leur satisfaction immédiate... Education sociale et pédagogie à la base de cette thérapie... Un réformateur qui croit au bien-fondé de ses réformes doit donc apprivoiser les Français. Le "comment" est la question. Une politique humaniste en est la réponse, à condition qu'elle soit à l'écoute, lucide et non soumise...

Nicolas, dessine-moi un mouton!

Recadrage

Je me souviens d'un de mes profs (cours sur les modèles et représentations des organisations), qui nous expliquait (c'était en 2003) que les entreprises qui n'avaient pas réussi à progresser en rejetant la cause sur les 35 heures souffraient tout simplement d'un problème d'organisation. Selon lui, les 35 heures étaient applicables dans n'importe quelle structure, à condition d'avoir anticipé de manière stratégique cette mise en place. J'avais émis quelques réserves... pour les PME dont les dirigeants ou membres des comités de direction sont au four et au moulin en permanence, polyvalents et hypersollicités, exerçant de nombreux métiers à la fois, il est difficile d'avoir une vision globale, qui permette réellement de mesurer les interactions et les conséquences des changements d'organisation. A moins de faire appel à des consultants, et donc de pouvoir les financer. Mais le temps a permis à ces dirigeants de prendre le recul nécessaire et de stabiliser les impacts des 35 heures, positifs et négatifs, d'autres n'ont pas réussi. La vision globale détermine la stratégie et la cohérence, puisqu'elle succède à la connaissance des fonctions et des interactions (entre les fonctions et vis à vis de l'environnement extérieur).

 

Stratégie et vision globale : si ce sont des mots clés de la réussite des entreprises, on pourrait apprécier que ce soit aussi les mots clés de la réussite d'une politique sociale...

 

A l'ordre du jour, nous avons donc une réforme qui escamote les acquis sociaux des 35 heures pour les cadres. Misère... j'avais 22 jours de RTT, que vont-ils devenir? (je sais... c'est juste pour faire jaser, je suis une grande privilégiée, je le reconnais)... La réponse est laissée à la libre appréciation de mon employeur... Mais on grogne quand même du côté des syndicats, pas mal aussi chez les cadres en général, en tout cas ceux qui sont au boulot aujourd'hui, parce que ceux qui sont en vacances n'ont peut-être pas tout suivi... (qu'ils en profitent... ce sont peut-être les dernières vacances...  je sais, j'exagère, mais entre le pouvoir d'achat qui exige la patience et la possibilté de perdre des congés, je suis confuse ).

 

Très bien, donc travaillons plus. Mais parallèlement, on nous concocte une petite réforme sur le stress au travail, c'est notre médecin national du travail qui s'en occupe, j'ai nommé... Xavier Bertrand! Et oui, il paraîtrait que le surmenage est cause de stress, qui est reconnu comme maladie professionnelle dans le sens où il occasionne quelques pathologies d'ordre physique et/ou psychique. Surtout chez les cadres. Surmenés les cadres... Travaillent trop... Et ils vont travailler plus, et donc permettre aux médecins du travail de travailler plus aussi. Tout est lié en fait. (parce qu'on en entend des choses sur les médecins du travail...).

 

Et  ce n'est pas tout! Quand on est dans la "démocratie sociale", comme dirait notre Hyperprésident, on s'occupe aussi de la progression de carrière! Donc une petite réforme sur la formation professionnelle se prépare aussi! Budget : 26 milliards d'Euros... Il est clair qu'il y a une véritable inégalité entre les grosses entreprises et les petites et moyennes en matière de formation, et grâce à la réforme, un peu d'équité devrait être rétablie... Objectif avoué (par Laurent Wauquiez) : progression de 5 à 10 % en termes d'accès à la formation pour les moins avantagées, soit une chance sur dix de pouvoir être formé. Dans le cadre de la rédaction de cette réforme, Christine Lagarde recommande de donner la priorité aux savoirs de base, pas aux cadres...

 

Ma question initiale était de savoir si la vision globale nécessaire à l'entreprise pour organiser les réformes en interne de manière cohérente était aussi une exigence de la politique sociale et de ses dirigeants...

 

Réponse dans les cahiers des charges des réformes en cours :

Les cadres sont surmenés, stressés, donc on va leur permettre de travailler plus, et de se reposer moins souvent, d'avoir moins de temps pour leurs loisirs qui peuvent leur servir d'aide à l'épanouissement et permettent l'aténuation du stress... Pas grave, il y a d'autres manières de s'épanouir dans le cadre de l'entreprise : grâce à la formation... mais les cadres ne sont pas prioritaires, de moins en moins, et pour peu qu'ils ne travaillent pas dans une grande multinationale qui permet un meilleur accès à la formation, il vaut mieux oublier.

 

Cadres, (particulièrement en PME), on ne se moquerait pas un peu de vous??? (c'est pas parce que soi-disant nous serions des privilégiés qu'il faut obligatoirement démarrer des réformes à contre-sens les unes par rapport aux autres).

 

Réponse donc à la question : pas de vision globale, plutôt une vision... hypermétrope. Ou alors c'est mon interprétation qui est une illusion d'optique.

 

Avant de retourner travailler et justifier l'octroi de mes RTT (...) je ne résiste pas à l'envie de vous faire lire cette petite lettre ouverte du principal syndicat des cadres, la CFE-CGC, beaucoup d'humour pour mobiliser les cadres, mais pas tellement de concret, mais le MoDem y travaille :). (RDV donc pour les personnes militantes du MoDem intéressées à l'intérieur de la commission nationale "Social et Emploi")lettreouvertesarkozy22072008.pdf

23.07.2008

dans l'attente d'un débat sur la condition des détenus des prisons françaises

Nombre de places dans les prisons : 50 806 places

Nombre de détenus : 64 250

cf www.lemonde.fr  et communiqué du ministère de la justice : ici

 

Rachida Dati présentera à la rentrée son projet de loi pénitentiaire, sensé répondre aux problèmes provoqués par cette surpopulation.

Ce texte, s'appuyant sur les recommandations européennes, présentera une réforme liée à des objectifs fondamentaux dans le cadre du fonctionnement des prisons. Il abordera :

 

- les droits des détenus (en milieu fermé ou ouvert) et la prévention de la récidive.

- les missions du personnel des services pénitentiaires et leur encadrement juridique et professionnel.

 

Comme l'écrivait Marcel Aymé : "Les hommes appelés à en juger d'autres devraient avoir fait un stage de deux ou trois mois en prison" (La Tête des autres). Afin d'effectuer une visite virtuelle en prison, je vous invite à consulter le site de l'association Ban Public, créée en 1999, dont le but est "de favoriser la communication sur les problématiques de l’incarcération et de la détention, et d’aider à la réinsertion des personnes détenues."

le contenu du site : 
"Les informations disponibles en ligne touchent autant à la vie “ dedans ” que “ dehors ”. La ligne éditoriale privilégie le service (infos pratiques, guide forum, listes de diffusion) et l’information (veille, analyse, documentation). Les archives intègrent des documents aussi différents que des textes de lois, des rapports, des lettres, photos, dessins, articles, études, statistiques, liens hypertextes ou interviews, structurés par une base de données et coordonnés par un puissant moteur de recherche. L’accès à la totalité des contenus est gratuit."

 

Il s'agit de : http://www.prison.eu.org

 

 

21.07.2008

Ultima Verba

La réforme de la Constitution a donc été adoptée en ce jour estival où les priorités de la véritable majorité étaient plutôt accordées à la plage, le tour de France, les courses, les dossiers à terminer sur le bureau... Et pourtant, "c'est la démocratie qui a gagné" dixit Sarkozy...

Encore un peu moins de quatre ans avant de pouvoir prétendre proposer une nouvelle grande réforme, fondée peut-être davantage sur un projet de société tout entier, et sur un modèle plus représentatif de la population, et donc plus fédérateur et digne d'intérêt...

 

Détail des votes : ici  . Essentiellement des votes de parti (sauf pour le MoDem et les centristes, très divisés, si l'on compare sénat et assemblée nationale). Des votes qui représentent aussi et surtout un affrontement plus qu'une réelle représentation des attentes citoyennes; mais comment les cerner?

 

En attendant 2012, un peu de poésie dans ce monde de confusion... sans pousser la résistance jusqu'à l'exil, comme Victor Hugo en son temps, profitons du recul et de la distance vis à vis du pouvoir pour préparer... la suite, et dire non, tout simplement, en aspirant à une véritable liberté... de manière déterminée. De la poésie donc, parce que les mots et les idées sont à l'origine des vraies réformes...

 

Ultima Verba, in Les Châtiments

 

La conscience humaine est morte ; dans l’orgie,
Sur elle il s’accroupit ; ce cadavre lui plaît ;
Par moments, gai, vainqueur, la prunelle rougie,
Il se retourne et donne à la morte un soufflet.
 
La prostitution du juge est la ressource.
Les prêtres font frémir l’honnête homme éperdu ;
Dans le champ du potier ils déterrent la bourse ;
Sibour revend le Dieu que Judas a vendu.
 
Ils disent : — César règne, et le Dieu des armées
L’a fait son élu. Peuple, obéis, tu le dois !  -
Pendant qu’ils vont chantant, tenant leurs mains fermées,
On voit le sequin d’or qui passe entre leurs doigts.
 
Oh ! tant qu’on le verra trôner, ce gueux, ce prince,
Par le pape béni, monarque malandrin,
Dans une main le sceptre et dans l’autre la pince,
Charlemagne taillé par Satan dans Mandrin ;
 
Tant qu’il se vautrera, broyant dans ses mâchoires
Le serment, la vertu, l’honneur religieux,
Ivre, affreux, vomissant sa honte sur nos gloires ;
Tant qu’on verra cela sous le soleil des cieux ;
 
Quand même grandirait l’abjection publique
À ce point d’adorer l’exécrable trompeur ;
Quand même l’Angleterre et même l’Amérique
Diraient à l’exilé : — Va-t’en ! nous avons peur !
 
Quand même nous serions comme la feuille morte ;
Quand, pour plaire à César, on nous renierait tous ;
Quand le proscrit devrait s’enfuir de porte en porte,
Aux hommes déchiré comme un haillon aux clous ;
 
Quand le désert, où Dieu contre l’homme proteste,
Bannirait les bannis, chasserait les chassés ;
Quand même, infâme aussi, lâche comme le reste,
Le tombeau jetterait dehors les trépassés ;
 
Je ne fléchirai pas ! Sans plainte dans la bouche,
Calme, le deuil au cœur, dédaignant le troupeau,
Je vous embrasserai dans mon exil farouche,
Patrie, ô mon autel ! Liberté, mon drapeau !
 
Mes nobles compagnons, je garde votre culte ;
Bannis, la République est là qui nous unit.
J’attacherai la gloire à tout ce qu’on insulte ;
Je jetterai l’opprobre à tout ce qu’on bénit !
 
Je serai, sous le sac de cendre qui me couvre,
La voix qui dit : malheur ! la bouche qui dit : non !
Tandis que tes valets te montreront ton Louvre,
Moi, je te montrerai, César, ton cabanon.
 
Devant les trahisons et les têtes courbées,
Je croiserai les bras, indigné, mais serein.
Sombre fidélité pour les choses tombées,
Sois ma force et ma joie et mon pilier d’airain !
 
Oui, tant qu’il sera là, qu’on cède ou qu’on persiste,
Ô France ! France aimée et qu’on pleure toujours,
Je ne reverrai pas ta terre douce et triste,
Tombeau de mes aïeux et nid de mes amours !
 
Je ne reverrai pas ta rive qui nous tente,
France ! hors le devoir, hélas ! j’oublierai tout.
Parmi les éprouvés je planterai ma tente :
Je resterai proscrit, voulant rester debout.
 
J’accepte l’âpre exil, n’eût-il ni fin ni terme,
Sans chercher à savoir et sans considérer
Si quelqu’un a plié qu’on aurait cru plus ferme,
Et si plusieurs s’en vont qui devraient demeurer.
 
Si l’on n’est plus que mille, eh bien, j’en suis ! Si même
Ils ne sont plus que cent, je brave encor Sylla ;
S’il en demeure dix, je serai le dixième ;
Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là !

Victor Hugo

14.07.2008

Allons enfants de mes caprices

D'après l'AFP, Robert Ménard, de Reporters sans frontières, aurait "été interpellé alors qu'il voulait manifester contre la présence du président syrien". Il criait "Liberté en Syrie" en compagnie de quelques militants de RSF. L'objectif : se faire le porte-parole des défenseurs des journalistes et blogueurs emprisonnés en Syrie.

 

"On n'est pas contre la présence de Bachar al-Assad à Paris, mais contre le fait qu'il soit reçu à la tribune présidentielle" a déclaré Vincent Brossel, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF . "C'est quand même le 14 juillet, la prise de la Bastille symbole de la lutte contre l'autoritarisme et on retrouve un des pires dictateurs du Moyen Orient à la tribune célébré comme si c'était un démocrate", (cf. site tf1 lci)

 

 Certaines questions se posent chez les détracteurs de cet esprit révolutionnaire représenté par RSF en ce jour célébrant la fameuse prise de la bastille : on accuse certains Français d'être hors-sujet lorsqu'ils rappellent que les libertés individuelles sont bafouées dans les pays des invités à qui notre Président fait l'honneur d'offrir la tribune présidentielle. Bachar al Assad a affirmé hier : ""Je dois dire que c'est simplement un tapage politique, le 14 juillet a été instrumentalisé, ça a été un prétexte". Il demande par ailleurs aux Français "d'être objectifs et réalistes par rapport à ce qui se passe au Proche-Orient: est-ce que l'occupation des territoires fait partie des principes prônés par le 14 juillet?". Quels sont donc ces principes prônés par le 14 juillet 1789 sinon le rejet de l'absolutisme et des privilèges au profit de la liberté, de l'égalité, la nation souveraine dans l'universalité des citoyens exprimant la volonté générale? Pas si hors-sujet que ça, donc RSF. Plutôt même dans la mouvance de la commémoration.

 

Néanmoins, placée sous le signe de la paix et de la prospérité en mettant à l'honneur les Nations Unies, la célébration annuelle 2008 du 14 juillet insiste aussi sur d'autres objectifs, ceux des réconciliations, dont le thème était très présent la veille lors du lancement de l'Union pour la Méditérannée. Dialogue et coopération pour la paix, et pour une construction solidaire de partenariats fondamentaux pour tous les pays membres, les fondements de cette nouvelle vision des choses ont accompagné les invités de Sarkozy au défilé. Dans la déclaration commune des dirigeants présents hier figure bien "Les chefs d'Etat et de gouvernement soulignent qu'ils sont déterminés à renforcer la démocratie et le pluralisme politique par le développement de la participation à la vie politique et l'adhésion à l'ensemble des droits de l'Homme et des libertés fondamentales". (cf Relatio-Europe).On pourrait donc (naïvement) imaginer finalement demander aussi à nos visiteurs d'avoir une vision objective par rapport à ce qui se passe au Proche-Orient, et notamment en matière de liberté de la presse et de liberté tout court. Tout est donc fondamentalement lié en ce jour...

Mais ne comptons pas sur notre Président pour ce genre de discussion, d'ailleurs... pas de grâce présidentielle ne sera accordée... na.

Qui s'inspire de qui à la tribune Présidentielle? Non il ne faut rien exagérer et partir dans une autre forme de déformation des débats. Certes, mais on enferme beaucoup ces derniers temps, et on tient enfermé. Sauf Ingrid, dont on célèbre l'heureuse libération et le retour à la liberté et à sa... révolution.

 

 Mediapart s'est amusé un peu aujourd'hui, ironisant sur les raisons d'être des festivités du 14 juillet,  en publiant cette partition de l'hymne national lors du Second Empire (époque de Louis Napoléon Bonaparte, dit Napoléon le Petit, d'après Victor Hugo, comme le rappelait Médiapart cette semaine); je vais m'amuser aussi en y ajoutant un petit couplet :

couplet 4 : (imaginaire, plus de 150 ans plus tard) :

Il trace des réformes

Les impos' sans douceur

Dans un langage hors norme

Méprisant les censeurs

Communique à la pelle

Partout il est présent

Carla est la plus belle

Il se croit très vaillant.

 

 

13.07.2008

message de l'UNICEF

UNICEF :

"Mineurs isolés étrangers

Appel pour un véritable statut juridique

 

 

Alors que la France accède à la présidence européenne et que la question de l'immigration suscite un intense travail législatif au sein de l'Union, nous, acteurs engagés dans la défense des droits de l'enfant, lançons un appel solennel aux autorités françaises au sujet de la situation des mineurs isolés étrangers.

Au-delà des débats brûlants autour des politiques de régulation des flux migratoires, nous demandons que ces enfants bénéficient d’un statut juridique leur conférant une protection adaptée.

Seuls, déracinés, privés de l’attention d’un adulte, menacés par toutes les formes de violence, d'abus et d'exploitation, leur protection relève de la responsabilité des autorités de notre pays et, plus largement, des Etats de l’Union. La précarité de leur situation de mineurs isolés doit évidemment primer sur leur condition d'étranger. Il en va du respect de la Convention des droits de l'enfant (CIDE), comme des engagements pris par la France (1) et par tous les Etats signataires de ce traité international (2).

La situation actuelle des mineurs isolés étrangers ne peut perdurer : inacceptable pour ceux qui ne sont pas admis sur le territoire (alors que leur situation l’exigerait aux yeux de la CIDE) et à bien des égards insatisfaisante pour ceux qui sont légalement accueillis dans le pays.

Les premiers sont renvoyés dès leur arrivée par les voies aéroportuaires ou placés en zone d’attente comme les adultes, aucune procédure particulière n’étant définie pour les mineurs. Le refoulement, trop systématique, s’effectue en direction du dernier pays de provenance du jeune qui n’est pas, bien souvent, son pays d’origine.

Ceux qui parviennent à passer entre les mailles du filet demeurent sur le territoire, clandestinement, en errance, vulnérables à l’extrême, proies faciles des trafiquants et des réseaux de prostitution ou de travail clandestin. La réalité de ces dangers reste sous-estimée par les autorités en charge de la protection de l’enfance.

La prise en charge des seconds, écartelée entre la législation relative à la protection de l’enfance et celle sur le séjour et l’entrée des étrangers en France, prend trop peu en compte la situation particulière de ces enfants : absence de tutelle et de représentation légale, insuffisance de l’assistance juridique, absence d’accompagnement psychologique adapté à un parcours parfois traumatisant, inadéquation des dispositifs éducatifs, manque de formation spécifique des travailleurs sociaux...

La rétention des mineurs non accompagnés en zone d’attente (3), la désignation tardive et les moyens insuffisants des administrateurs ad hoc, l’incertitude sur leur âge et leur état de minorité par manque de fiabilité des méthodes actuelles de détermination de l’âge, l’incohérence des procédures dans l’étude des demandes d’asile et le caractère approximatif de leur prise en charge imposent une réflexion globale et un changement radical d’attitude.

De plus, ces jeunes sont mobiles et interpellent ainsi l’ensemble des pays de l’Union. Pourtant, hormis celles, notables, du Conseil de l’Europe, aucune initiative européenne concrète n’a été prise pour apporter une réponse à la hauteur des parcours complexes, voire des drames vécus par ces mineurs. La directive, dite « directive retour », votée au Parlement européen le 18 juin dernier, loin d’apporter une quelconque garantie de protection, vise à intensifier leur expulsion et autorise leur détention en zone d’attente pendant la même durée que les adultes.

Face à cette situation indigne de notre pays, et contraire au devoir de protection qui lui incombe, nous appelons instamment les autorités françaises :

  • à promouvoir un principe de non refoulement aux frontières de l’Europe et à cesser de recourir à l’enfermement des mineurs isolés étrangers en zone d’attente (en instaurant par exemple des lieux d’accueil et d’orientation qui proposeront un accompagnement adapté par des professionnels
    spécialisés de l’enfance) ;

  • à faire la promotion, à l’échelle européenne, d’une véritable politique de protection ainsi que d’un statut juridique spécifique pour ces mineurs qui encadrerait leur accueil et leur suivi pour une protection maximale et une équité de traitement sur l’ensemble du territoire européen, prenant appui sur la Convention internationale des droits de l’enfant et sur les positions du Conseil de l’Europe.

La France dispose, aujourd’hui, d’une occasion unique de faire bouger les lignes sur cette question. De notre point de vue d’experts et de praticiens, ces deux dispositions sont envisageables si elles bénéficient d’un fort soutien. Il serait tout à l’honneur de la France d’en être le promoteur.

A l’inverse, nous estimerions profondément condamnable que ces mineurs soient les victimes des crispations politiques autour de la question de l’immigration.

(1) La France a ratifié la CIDE en 1990
(2) 192 pays sont signataires de la CIDE
(3)  Cela a valu à la France de très nombreuses critiques, dont celles du Comité des droits de l’enfant
des Nations unies. "
POUR SIGNER CET APPEL  : ici

03.07.2008

Si tu te libères, tu seras libre ; si tu libères un autre, tu en feras ton esclave*

[...] "En Colombie, nous devons encore penser à notre origine, à qui nous sommes et où nous voulons aller. Moi, j’aspire à ce qu’un jour, nous ayons la soif de grandeur qui fait surgir les peuples du néant pour atteindre le soleil. Quand nous ne serons inconditionnels face à la défense de la vie et de la liberté des nôtres, c’est-à-dire, quand nous serons moins individualistes et plus solidaires, moins indifférents et plus engagés, moins intolérants et plus compatissants. Alors, ce jour-là, nous serons la grande nation que nous voulons tous être. Cette grandeur est là endormie dans les cœurs. Mais les cœurs se sont endurcis et pèsent tant qu’ils ne nous permettent pas des sentiments élevés."

[...]

"Je ne pourrais pas croire qu’il est possible de se libérer un jour d’ici, si je ne connaissais pas l’histoire de la France et de son peuple. J’ai demandé à Dieu qu’il me recouvre de la même force que celle avec laquelle la France a su supporter l’adversité, pour me sentir plus digne d’être comptée parmi ses enfants. J’aime la France de toute mon âme, les voix de mon être cherchent à se nourrir des composants de son caractère national, elle qui cherche toujours à se guider par principes et non par intérêts. J’aime la France avec mon cœur, car j’admire la capacité de mobilisation d’un peuple qui, comme disait Camus, sait que vivre, c’est s’engager. (…) Toutes ces années ont été terribles mais je ne crois pas que je pourrais être encore vivante sans l’engagement qu’ils nous ont apporté à nous tous qui ici, vivons comme des morts." [...]

 

extraits de la lettre de 12 pages adressée par Ingrid Betancourt à sa famille en décembre 2007, source : site internet Le Figaro

 

Que tout le monde se réjouisse de cette libération, c'est légitime. Soulagement, joie, admiration, compassion, les sentiments ne manquent pas pour accompagner cette libération d'Ingrid Bétancourt! On ne peut qu'être solidaire du bonheur retrouvé de cette famille!

Et maintenant?

La surmédiatisation a sans doute ralenti certaines opérations pendant tout ce temps de rétention, tout en permettant des récupérations pas toujours passées inaperçues (rappel : note d'avril : ici). Nous avons assisté à un matraquage médiatique résultant d'une réelle méconnaissance de la situtation locale et des enjeux réels de la prise d'otages en Colombie. Le retour d'Ingrid va susciter des démarches de communication pas toujours impartiales, et privilégiant parfois les effets d'annonces et le voyeurisme; la fascination pour l'héroïsme puise ses sources dans l'émotionnel, dans la personnalisation de fantasmes qu'on vit par procuration. Surtout à l'époque des modèles imposés par le projet de Sarkozy, fondé sur l'avoir plus que sur l'être. "Qui est Ingrid Bétancourt et quels sont ses prochains combats?" est une question qui pourrait rapidement se transformer en une série de questions, une série d'épisodes, dont les différentes intrigues reposeront sur le côté magique de l'histoire de ce combat pour des convictions dans lequel on ne retiendra que les réactions et les ressentis... Le modèle de la gloire et non de l'idéal.

Ingrid mène un combat pour la liberté, certes, mais saura-t-elle se libérer des pièges qu'elle ne connaît pas encore et dans lesquels ses enfants et ex mari sont déjà tombés, par excès de volontarisme et de toute bonne foi? Un peu de silence et de respect de ce retour en famille pourraient être préconisés... et un peu de pudeur de la part des consommateurs de l'info seraient bénéfiques... Mais...

 

*citation de Lessia Oukrainka (féministe ukrainienne, 1871-1913), Le Maître de Pierre

28.06.2008

Universités d'été de la Démocratie à Strasbourg, du 30 juin au 4 juillet

Communiqué de presse du Conseil de l'Europe :

Conseil de l'Europe : début de l’Université d'été de la démocratie la semaine prochaine

Strasbourg, 23.06.2008 – « Gouvernance, pouvoir et démocratie », tel est l’un des principaux thèmes de la troisième Université d'été de la démocratie organisée par le Conseil de l'Europe à Strasbourg du 30 juin au 4 juillet.

La manifestation rassemblera plus de 600 participants d'écoles d'études politiques de 16 pays européens.

Elle sera ouverte par Terry Davis, Secrétaire Général du Conseil de l'Europe le lundi 30 juin à 9 h 30. Filip Vujanovic, Président de la République du Monténégro, devrait prononcer un discours d'ouverture.

Roland Ries, Maire de Strasbourg, Göran Lindblad, Vice-président de l'Assemblée parlementaire (APCE), et Meglena Kuneva, Commissaire européenne chargée de la protection des consommateurs, figurent au nombre des principaux orateurs de la séance d'ouverture.

La session de cinq jours comportera un ensemble de conférences et ateliers à thèmes qu’organiseront et animeront quelque 75 experts, spécialistes de la démocratie, des affaires internationales, de la société civile et des médias ainsi que des personnalités internationales comme Kim Campbell, ancien Premier ministre canadien, Egor Gaydar, ancien Premier ministre de la Fédération de Russie, Stanislau Shushkevich, ancien président de la République du Bélarus, Ivan Vejvoda, directeur exécutif de la Fondation balkanique pour la démocratie, et le Président du Congrès du Conseil de l’Europe, Yavuz Mildon.

Jean-Paul Costa, Président de la Cour européenne des droits de l'homme, et Andreas Gross, Vice-président de l'APCE, participeront le vendredi 4 juillet à la séance de clôture au cours de laquelle doit être adoptée une déclaration finale.

Le même jour est prévu également le lancement officiel de l'association européenne des écoles d'études politiques avec la participation de Catherine Lalumière, ancienne Secrétaire Générale du Conseil de l'Europe.

Les séances plénières et les conférences thématiques sont ouvertes à la presse, contrairement aux ateliers et aux réunions à la Cour.

Un point presse sera donné par Jean-Louis Laurens, Directeur général des Affaires politiques du Conseil de l'Europe, le mardi 24 juin à 15 heures (salle 17, rez-de-chaussée du Palais de l'Europe, derrière le kiosque à journaux, près du distributeur).

Pour en savoir plus :

programme : prog_schools_fr.doc

fiche d'information : FS_schools_fr.doc

et surtout : l'article de DANIEL RIOT sur RELATIO EUROPE : ici

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