22.09.2009

Le temps des MoDemettes

Olympe, dont le blog féministe est à suivre absolument, s'interroge de nouveau sur la parité en politique et me sollicite pour donner mon avis concernant la parité au MoDem à l'occasion des Elections Régionales, notamment dans le choix des têtes de liste. (l'Hérétique a également répondu à la question, ici). En effet, on ne peut que constater que les présidents de région sont très très très rarement des femmes (on en compte deux en France).
 
La parité n'a jamais fait partie de mes (nombreux!) combats internes au Mouvement Démocrate, parce que même minoritaires (1/3 de femmes parmi les adhérents), les militantEs n'ont aucun mal à se faire entendre, en tout cas dans le Bas-Rhin. Lors des élections internes, 4 listes s'affrontaient pour la Présidence, dont 3 menées par des femmes, et c'est aussi une femme qui a gagné. Mais elles sont néanmoins minoritaires au bureau. Par contre, expressives...

 

armoire à balai.jpgEn même temps, j'en ai plus qu'assez d'entendre des invitations  à être présente sur une liste du type "On a besoin de toi sur la liste parce qu'on a besoin de femmes", adressées à des femmes pourtant compétentes et qui ont une vraie valeur ajoutée. Dans un parti idéal, qui souhaiterait renouveler les pratiques et travailler surtout sur un projet et présenter des candidats compétents, ce type d'invitation est absolument inconcevable. Et pourtant, ça arrive encore un peu partout... Donc cette question mérite d'être mise en valeur.
 
Je crois que si effectivement, comme nous l'avions dit et promis au départ, nous avons à coeur de "faire de la politique autrement" (...) et de défendre la démocratie avant tout, c'est l'éducation de nos concitoyens et donc de nos militants qui est prioritaire afin de leur permettre de : 

  • comprendre leur environnement externe (avec tout ce que cela sous-entend comme influences et interconnexions sociales, complexité et contraintes juridiques, économiques, globales, etc, chances et opportunités de construire,...)
  • pouvoir choisir parmi des propositions et pouvoir participer aux décisions.

 

Quand on voit comment les citoyens américains répondent à Obama pourtant pédagogue et volontariste, porteur d'un projet indispensable en terme de réforme de santé, on se dit que la population n'est pas en mesure de comprendre ce vers quoi elle tend, en tout cas là-bas. Avec le gouvernement français actuel qui souhaite abreuver nos temps de cerveau disponibles avec du "consommer plus pour penser moins", on en prend le chemin. Donc donnons les moyens à tous de comprendre les enjeux des grandes questions politiques. Ce type d'ouverture d'esprit conduit nécessairement à la reconnaissance de la place des femmes dans la société, et a fortiori dans les postes de direction. Quand on est capable de comprendre, on est capable de choisir. Choisir les meilleures solutions possibles, choisir les meilleur(e)s représentant(e)s possibles. On ne pensera pas tous la même chose, mais on saura pourquoi on le pense.

 

Bref, on n'en est pas encore là, ce n'est pas une raison pour baisser les bras.

D'ailleurs, il y a suffisamment de personnes qui ont faim pour qu'on pense aussi aux besoins dits "primaires" et à de nombreuses autres priorités urgentes. Mais l'éducation, c'est du long terme, et c'est un des fondements de la démocratie. Il ne s'agit pas de faire en sorte que tout le monde soit bachelier, surtout pas, mais juste de nous aider à penser et choisir. 

 

En attendant, on choisit des personnes en fonction aussi de critères liés à des rapports de force, et on oublie parfois nos ambitions de réinventer les pratiques. Je ne me sentirai pas forcément mieux représentée si des femmes sont têtes de liste, je ne me sentirai représentée que si chaque tête de liste prend la peine d'être garant/e des compétences de son équipe capable de répondre aux questions régionales dans l'esprit démocratique que nous nous sommes fixés, ce qui implique la reconnaissance de la femme. A suivre...

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Commentaires

Il me semble que l'électeur est parfaitement capable de comprendre les enjeux de telle ou telle politique, encore faut-il que les politiciens aient le courage de prendre des positions non démagogiques. Il est si facile de promettre monts et merveilles en faisant des bons sentiments...

Ecrit par : Juntos | 28.09.2009

Moi je trouve qu'il n'est pas toujours facile de choisir entre plusieurs options politiques, projets, orientations, si on n'est pas assez informé sur ce qui se passe actuellement.

Par exemple, si des élections avaient lieu demain et qu'une partie du débat portait sur un plan de relance, comment faire pour déterminer celui qui sera le plus juste quand on ne comprend pas les enjeux?
De plus, les solutions à long termes sont bp plus difficiles à appréhender que les potions magiques à court terme que nous servent les pros de la communication...

Donc nous sommes soumis davantage à des stratégies de comm plutôt qu'à une ouverture sur des perspectives de projet de société...

Ecrit par : Nelly | 29.09.2009

Les femmes au pouvoir ne sont pas très bonnes.

Ecrit par : Austrian : international calling cards | 08.10.2009

Il est de plus en plus observable qu’il existe un féminisme de droite

http://ysengrimus.wordpress.com/2009/10/15/sur-le-feminisme-de-droite/

Nier cette sorte de « consécration » sociale du féminisme, c’est quand même un peu se mentir…
Paul Laurendeau

Ecrit par : Paul laurendeau | 15.10.2009

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