30.06.2009

Présumé suspect

Toute personne d'origine africaine pourrait l'attester, tous ses amis aussi, la probabilité de se faire contrôler par les forces de l'ordre est plus forte quand on a la peau noire, quand on est d'origine maghrébine, africaine, et qu'en plus on est jeune. Tout cela on le sait. Mais ce qui est nouveau, c'est que des études ont été menées pour quantifier ce phénomène. Médiapart publie aujourd'hui un article intitulé "Contrôles policiers au faciès, la preuve scientifique", dans lequel le journaliste met en valeur l'étude menée par des chercheurs du CNRS.

 

Puisqu'il est vrai que la loi prévoit que "toute personne a l'obligation légale de se prêter aux contrôles d'identité", forcément, "tout devient possible" dans les interpellations intempestives où les suspects sont toujours les mêmes profils, subjectivement catégorisés dans la case "attention danger"... Trouver des critères objectifs et non discriminatoires de choix de contrôle, ce serait participer aussi à un certain apaisement dans les rivalités qui persistent entre forces de l'ordre et quartiers difficiles, mais surtout, ce serait respecter nos principes républicains.

 

Cette étude a été menée sur 5 sites parisiens. (cf exemple sur vidéo ci-dessous qui nous explique son principe).

Voilà ses préconisations au point de vue politique :

 

"• Reconnaître publiquement l’existence d’un problème de contrôle au faciès dans

la police française.

• Encourager et financer les recherches pour déterminer l’ampleur du problème

que constitue le profilage racial en France.

• Entreprendre un examen approfondi des normes juridiques, des politiques et des

pratiques qui sous-tendent les habitudes de contrôle au faciès.

• Modifier l’article 78.2 du Code de procédure pénale afin d’interdire explicitement

la discrimination raciale, de clarifier et de renforcer l’existence de « raisons plausibles

de soupçonner » claires et définies, comme seules justifications des contrôles

d’identité ; et afin, également, de clarifier les raisons qui amènent à la palpation

ou la fouille des intéressés.

• Maintenir et soutenir les organes de contrôle spécialisés et indépendants des forces

de sécurité, tels que la Commission nationale de la déontologie de la sécurité,

les doter des ressources matérielles et humaines suffisantes pour donner suite

aux requêtes dont ils sont saisis, afin de leur permettre d’identifier d’éventuelles

pratiques discriminatoires, y compris indirectes.

• Engager un travail avec les communautés locales et les associations sur les problématiques

de non-discrimination, pour discuter la nature du problème et élaborer

des réponses politiques susceptibles de bénéficier d’un consensus social réel."

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Trackbacks

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Commentaires

Il ne faut évidement pas faire de grandes études, ni faire des recherches poussées au CNRS pour constater tous les jours, que le contrôle de faciès est une réalité quotidienne dans la police.

Si dans notre pays, il faut en passer par là, par faire de la recherche scientifique pour constater les évidences sociales, et bien notre pays est en bien plus piteuse état qu'on nous le présenter au JT de 20H sur TF1.

Par sa simple existence, cette enquête scientifique si improbable,

démontre de façon simple la volonté de tous de nier les évidences, de laisser pourrir et de laisser faire

démontre de façon simple une profonde fracture de l'écoute sociale de certaines classes par rapport à d'autres,

démontre de façon simple une fracture totale entre les politiques et une partie de la population, abandonnée à son sort,

démontre de façon simple une profonde fracture dans la république, qui se disloque et se dissout.

La question, maintenant n'est plus de savoir si? C'est de savoir quand?

Ecrit par : Petit Scarabée | 30.06.2009

Avait-on vraiment besoin d'une "étude menée par des chercheurs du CNRS" pour réaliser ce genre de chose ? Vraiment ?

:)

Ecrit par : pierre | 30.06.2009

Disons qu'il est parfois bon de formaliser... parce que quand c'est écrit, et qu'on interpelle les pouvoirs publics "officiellement", on donne plus de valeur aux choses...

Mais pour bp d'entre nous, c'était inutile.

Mais pq ne pas tenter de remettre le débat au devant de la scène?

Ecrit par : Nelly | 30.06.2009

Effectivement cette étude ne confirme qu'une évidence.
Mais mettons-nous quelques instants à la place des flics (si si !).
Ils ont des objectifs élevés de détection d'immigrés clandestins. Or ils ne peuvent pas contrôler tout le monde. Ils vont donc se concentrer sur les populations plus susceptibles d'être retenues dans leurs mailles ! Entre un Blanc et un Noir, statistiquement, qui croyez-vous le plus susceptible d'être immigré ? C'est peut-être choquant mais pas besoin d'avoir un QI élevé pour raisonner ainsi. Ce n'est même pas une question de racisme mais une question "d'efficacité" !
On en arrive aux dérives actuelles où des Blacks ou Beurs se font contrôler à tous les coins de rues et c'est énervant.

Ecrit par : Jérôme | 01.07.2009

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