30.05.2009

A l'ouest...

Eh oui, complètement absente (ou presque, vis à vis de ce qui était prévu) du débat des Européennes, la Besace? Alors on dort par ici?... On passe d'un article par jour à un article par quinzaine...

 

Le réveil est en cours, la période était complexe... j'ai rajouté quelques épisodes à "Desperate Nelly", une série à rebondissements intenses et incessants... Mon  ex-voiture a apprécié. Mon dos aussi...

 

Un peu de pub pour fêter le "retour officiel" : notre collectif Femmes Engagées a modifié son blog et déménagé, retrouvez nous maintenant :

là : http://femmesengagees.blogspot.com/

 

Le thème de la semaine : l'anonymat dans les blogs.

 

A bientôt...?!?!...

20.05.2009

Il est temps de surfer sur la vague européenne...

Après le silence et le désarroi face à une campagne qui s'annonçait comme un triste mélange de réglements de compte, de luttes de clans, de choix partisans et fermés, de mise en valeur de notables aux dépens d'inconnus motivés et impliqués, il est temps de sortir de ma/notre léthargie et d'ouvrir les débats sur la construction de l'avenir de notre société. 

 

Si certains préconisent de se tenir écartés de ces choix en se résignant à laisser faire ceux qui "savent", d'autres tentent surfeur-hawaii2.jpgde dynamiser la campagne : Europe Ecologie avec une série de vidéos qui buzzent sur les réseaux sociaux et internet en général, le MoDem avec la sortie en exclusivité sur tous les blogs militants du projet 2009... Il faudra bien compter sur la vigilance des surfeurs du net pour mesurer les tendances, surfeurs qui sauront doser leurs glissades sur les vagues impétueuses des jeux de bourrage de crâne en allant se reposer de temps en temps sur les plages de la radio... écouter ce qui se fait ailleurs.

 

Le Mouvement Démocrate a transmis ce soir son "programme" pour la prochaine législature, et mesure les enjeux des futures décisions à l'aune d'un projet à long terme. D'habitude, on n'aime pas trop le mot "programme" chez nous, assimilé à un catalogue de mesures pas toujours cohérentes les unes avec les autres; mais si on lit les sept pages en détail, on constate que la cohérence est présente, que le projet est ambitieux et surtout qu'il prend en compte les citoyens pour lesquels il a été élaboré, par les militants et les stratèges du Mouvement, dans le sens où il répond à des questions qui touchent non pas des individus, mais des PERSONNES, dans un contexte de crise, de mondialisation non maîtrisée, et surtout dans des perspectives réjouissantes de développement vraiment durable dans tous ses aspects.

 

Le projet, c'est une chose, je vous invite à le lire avant d'expliquer vos choix de vote pour d'autres communiquants... parce que la comm, c'est bien beau, mais les slogans ne nous ont pour l'instant pas prouvé grand chose, les petites phrases qui tuent non plus. On peut vainement se boucher les oreilles quand les affrontements de personnes accrochées à leur clan refont surface, et puis se marrer du ridicule de nos acteurs, mais on peut surtout lire et poser des questions...

 

Au-delà du projet, il faut des PERSONNES pour faire vivre le contenu destiné justement à d'autres PERSONNES. Si l'Europe est souvent anonyme pour la plupart d'entre nous, nos groupes/familles/communautés ne le sont pas, et les personnes qui portent les couleurs de leur projet (et hélas aussi de leur parti) ont vocation à ne pas rester anonymes, ce qui renforce leurs responsabilités face aux engagements qu'ils prennent en se faisant élire. Passer du "words words words" à un projet vivant ne peut se faire que si nous nous mobilisons pour rendre les candidats garants à long terme de tous ces mots qui s'enchaînent harmonieusement.

 

Et nous pouvons être fiers de présenter des personnalités comme Jean-François Kahn, Sylvie Goulard, Robert Rochefort, Corinne Lepage, titulaires d'aucun autre mandat électif et voués tout entier à la cause européenne. D'autres personnalités s'affirment aussi, mais je leur souhaite de parvenir à trouver le temps d'"honorer [leur] mandat par une présence assidue et une participation active aux travaux du Parlement" ... comme il est écrit dans notre projet. En tout cas, elles s'y engagent fortement.

 

Face aux urgences pour lesquelles la crise et la future après-crise (...) nous sollicitent, le MoDem apporte des solutions pour les PERSONNES. Et la discussion est ouverte...

 

Demandez le programme : ici

10.05.2009

Quand les brebis auront les moyens de résister aux loups...

Le 7 juin, je voterai pour la liste de Jean-François Kahn et pour des raisons qui dépassent largement mon appartenance au Mouvement Démocrate et mon militantisme de ces derniers mois.
 
Jean-François Kahn est un européen convaincu avant d'être un homme politique, sa vocation électorale est le fruit d'un engagement de tout un parcours professionnel et de commentateur de l'actualité, et non pas la manifestation d'une volonté de devenir un notable et un élu comme beaucoup d'autres qui se représentent surtout eux-mêmes. Ses yeux ouverts pétillants derrière des pupilles de vigilance active lui ont permis de dépasser les apparences souvent trompeuses de la surface des événements et des décisions.
 
Il était hier présent à la Convention Européenne du Grand Est à Metz, pour le Mouvement  Démocrate, à laquelle je n'ai malheureusement pas pu assister, et qui avait pour thème "L"Europe protectrice des libertés" (Retouvez son discours dans la vidéo ci-dessous).
Sa prise de parole ne pouvait que ravir mes petites oreilles et réveiller en moi tous les échos de combats que je partage complètement, dont celui de la liberté de la presse en priorité, qu'il a traitée hier par un long cheminement philosophique expliquant dans un langage clair et bourré d'humour comment se conçoit la liberté concrète dans l'histoire de la pensée et l'histoire nos sociétés. Il n'a surtout pas cédé à la facilité qui consiste à défendre comme certains des libertés abstraites de mouvements d'opposition qui contredisent un pouvoir juste pour évoquer démagogiquement le "tout est permis" (en direction de leurs auditeurs seulement... ). Il cite Hobbes "L'Homme est un loup pour l'homme" en rappelant que le loup n'est jamais un loup pour le loup... En effet, seuls les hommes sont capables de se massacrer en masse entre eux... parce qu'ils en sont "libres", si on évoque une liberté strictement abstraite. La loi du plus fort s'affirme, et si le pouvoir est dans les mains d'un seul ou d'un groupe isolé, c'est le plus fort qui triomphe. "La liberté toute seule sans rééquilibre, c'est la liberté et la mort, la possibilité de s'exterminer".
 
Pour que la liberté (réelle et concrète) puisse s'affirmer, il faut la rééquilibrer et la limiter, et cela grâce aux lois, aux textes, à une régulation pratique.
 
Il en revient donc finalement à la liberté de la presse : "l'histoire de la civilisation c'est l'histoire de l'invention de moyens d'équilibre - culturels - à cette données naturelle, qui est une liberté effrenée. Et c'est vrai pour la presse : pour qu'il y ait liberté, il faut de la concurrence, du puralisme, de l'égalité des chances, de la démocratie sinon il n'y a pas de liberté réelle de la presse"
 
En guise de conclusion, une petite phrase choc pour rappeler l'essentiel du sens d'une lutte pour la liberté de la presse : il faut "donner vraiment et démocratiquement moyen aux brebis de pouvoir résister aux loups"


esclavage.jpgAujourd'hui, 10 mai 2009, on commémore en France (mais sans Nicolas Sarkozy, absent...) la journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions. La question philosophique de la liberté est encore en jeu dans ce rappel de l'histoire, et le devoir de mémoire est aussi une opportunité de nous interroger sur les restrictions de la liberté réelle qui ne sont pas toujours des limitations...  L'esclavage n'équilibrait pas la liberté, au contraire, il était la manifestation de l'oppression des "plus forts", des plus puissants, sur ceux qu'ils avaient pris en otage. Notre devoir de citoyen est de veiller à ne pas nous laisser restreindre nos libertés, mais uniquement à encourager la limitation des libertés de ceux qui massacrent et oppriment les autres.

 

Quelques mots de Victor Hugo (tirés du poème Liberté, dans La Légende des siècles)

 

Liberté !

De quel droit mettez-vous des oiseaux dans des cages ?

De quel droit ôtez-vous ces chanteurs aux bocages,
Aux sources, à l'aurore, à la nuée, aux vents ?
De quel droit volez-vous la vie à ces vivants ?
Homme, crois-tu que Dieu, ce père, fasse naître
L'aile pour l'accrocher au clou de ta fenêtre ?
Ne peux-tu vivre heureux et content sans cela ?
Qu'est-ce qu'ils ont donc fait tous ces innocents-là
Pour être au bagne avec leur nid et leur femelle ?


 [...]

 

Tu veux être libre, homme ? et de quel droit, ayant
Chez toi le détenu, ce témoin effrayant ?
Ce qu'on croit sans défense est défendu par l'ombre.
Toute l'immensité sur ce pauvre oiseau sombre
Se penche, et te dévoue à l'expiation.
Je t'admire, oppresseur, criant: oppression !
Le sort te tient pendant que ta démence brave
Ce forçat qui sur toi jette une ombre d'esclave
Et la cage qui pend au seuil de ta maison
Vit, chante, et fait sortir de terre la prison.

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09.05.2009

Voyage à l'intérieur de soi-même : l'unification européenne

9 mai 2009, journée de l'Europe. Petit hommage...



Il y a un an jour pour jour, j'assistais à deux événements majeurs à Strasbourg :

- la sortie du livre de Daniel Riot, L'Europe cette Emmerdeuse, qui donnait lieu en ce jour à un débat à la librairie Kléber.

- le blog Relatio de Daniel Riot devient un vrai web-magazine européen : Relatio- Europe, inauguré à la mairie de Strasbourg par Jacques Delors

Ce fut une belle journée, on parla d'Europe pendant des heures, et même mieux, on fêta l'Europe, sans s'en tenir à des termes techniques auxquels la majorité reste hermétique... j'avais écrit un petit billet-souvenir : ici


Aujourd'hui, en ce jour anniversaire de la sortie du livre et de la naissance du site internet, Daniel Riot n'est plus là pour fêter l'Europe. Mais ses écrits restent, l'occasion pour moi de reproduire un extrait de l'Europe cette emmerdeuse, p34 :



A la question de Sandrine Kauffer "L'Europe pour vous ne se réduit pas à l'Union Européenne et la mécanique communautaire vous intéresse comme moyen, non comme fin" ;

Daniel Riot répond : "Absolument. Je regrette d'ailleurs que l'on réduise l'Europe à l'Union. L'Europe? C'est l'espace du Conseil de l'Europe, c'est l'euro-Méditérranée, c'est l'Eurosphère. Et l'actualité européenne n'est pas celle des institutions et des organisations.

C'est celle de la vie intérieure des pays qui composent l'Europe, des réseaux scientifiques, culturels, artistiques, sociaux, pédagogiques, juridiques, associatifs, humanitaires qui tissent cette toile qui ne sera jamais achevée, des villes et des régions, des théâtres, des ateliers d'artistes et des orchestres, des bibliothèques, des musées, des femmes, des hommes et des enfants...

Romano Prodi a dit un jour : "Après l'Europe constituée, il faudra constituer l'Européen." Erreur. C'est l'Européen qui doit avoir dès auourd'hui - qui aurait dû déjà avoir - les moyens de se forger, de faire émerger, en lui, une identité européenne. Philippe Sollers dit vouloir inscrire sur sa tombe : "Philippe Sollers, écrivain, Européen d'origine française." C'est cela se sentir Européen, et cette affirmation n'est ni en contradiction ni en concurrence avec la nationalité ou l'enracinement dans un terroir. Européen parce que Français, en ce qui me concerne. Et Français parce qu'Alsacien d'origine franc-comtoise".





Quelques pages plus loin :

"[...] la confrontation des expériences, le "limage des cervelles", la comparaison des idées favorisant l'émergence des solutions les plus adpatées aux problèmes à résoudre. C'est l'harmonisation par le haut. Ce qui est vrai au niveau des Etats l'est aussi à l'échelon régional et local. L'emmerdeuse a une série de vertus dont on prend très vite conscience quand on prend la peine de travailler, de légiférer, de réfléchir en tenant compte de la dimension européenne.



[...] la démarche européenne exige un certain courage mental. Il faut sortir de soi-même, de ses référents, de ses habitudes - de sa langue - pour rencontrer les autres, apprendre au contact des autres, élargir son champ de vision. Si l'Europe apparaît comme une emmerdeuse, c'est parce qu'elle se pose, concrètement, dans un de ces carrefours où se nouent et se dénouent les relations complexes entre l'identité et l'altérité. L'unification européenne, c'est davantage qu'une entreprise : c'est un voyage... à l'intérieur de soi-même."





Parler d'Europe pour faire aimer l'Europe, parce qu'elle concerne notre quotidien, c'est la vocation de cette journée du 9 mai, et ce fut la vocation de l'engagement de toute une vie de Daniel Riot.

08.05.2009

Il sera une fois... la démocratie

La crise actuelle a fait ressortir la misère démocratique de notre société et les révoltes plus ou moins organisées qui prennent voix dans la rue, sur internet ou dans les foyers ou les entreprises, sont caractéristiques d'une époque (française) où les décisions sont prises de manière unilatérale, en réponse à des intérêts bien déterminés - ceux des puissants et qui s'expriment le plus fort... le micro leur est en tout cas tendu....
 
Nos élus désertent les assemblées et quand ils sont présents, ils jouent le jeu du clan, pas celui de leurs électeurs et font masse pour faire passer ou bloquer les textes.
 
Les partis politiques ne se modernisent pas : la voix des chefs guide les fidèles, les militants distribuent les tracts, tout est déjà joué pour 2012, ou presque. Les projets se construisent, dans les bureaux et les réunions, puis se défendent dans la rue, et l'esprit de clan reprend sa place. Les nouvelles générations, celles qui veulent renverser l'esprit d'appareils et voir à long terme pointent le bout de leur nez, timidement, puis se cachent derrière le rideau parce que ne se sentant pas prêtes et le seront quand le boss l'aura décidé. Sauf si les militants actifs reprennent un peu plus la main et participent en-dehors de leur parti à la "vraie vie" des projets collectifs concrets et reviennent plus forts de leur expérience, réalisant les "putchs" nécessaires afin de réactualiser les pratiques. Ca bouilllonne bien, inutile de les faire taire. Mais le temps passe. Trop vite.

La politique ne devrait pas être considérée comme une profession, mais davantage comme une vocation qui permet de donner un chemin à toute une vie d'engagement, avec à un moment donné une prise de poste, ponctuelle et unique, pour faire fructifier cette expérience antérieure puis la laisser à d'autres qui sauront tout aussi bien faire, parce que l'on doit poursuivre ailleurs, dans l'entreprise, la vie civile et citoyenne et les projets politiques avec un peu plus de recul car moins d'ambition strictement individualiste.
 


Comment passer d'une démocratie qui se manifeste de manière purement électorale à une démocratie dont les exigences sont la régulation et la redistribution, avec une prise en compte de la diversité, des différences, de la transparence, du besoin d'interractivité, de l'attente des réponses aux questions?

Comment passer d'une démocratie dont les seuls enjeux sont les prochaines élections et qui met en scène des personnalités avides de pouvoir et d'influence à une démocratie dont l'enjeu est la société?

 

C'est à cette question que le Forum "Réinventons la démocratie" organisé ce long week-end à Grenoble par la République des Idées (site) a vocation a répondre, cf ci-dessous interview de Pierre Rosanvallon, réalisée par Mediapart.

Deux philosophes participeront au débat, Claude Lefort présenté comme le penseur du régime démocratique et Charles Taylor, présenté comme le penseur de la société démocratique.

 

 

Le scrutin européen a pour ambition de présenter des projets qui dépassent les clivages politiciens et nous permettra d'élire des représentants qui vont travailler pour des enjeux qui vont bien au-delà des soucis nationaux consistant à maîtriser ses troupes et ne parler que d'une seule voix pour défendre des décisions pas toujours cohérentes les unes avec les autres et souvent à mille lieux des préoccupations immédiates... Donc on n'en parle surtout pas, des fois que des vocations de remise en cause du régime actuel au nom de la démocratie se généralisent...

 

Chut, on vote bientôt mais faut pas le dire...

Et à tous ceux qui prônent un vote-sanction : s'il vous plaît, on n'en est pas là, la vérité est ailleurs. Dans les défis sociaux, elle est, la vérité.

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Mais... mai

Nouveau thème sur le blog des Femmes Engagées : le mois de mai.

Je viens d'ouvrir le bal, j'attends les copines....

 

 

Mai est évocateur d'époques.
Mai 68.
Mai 1945.
Fête du travail et son cortège de luttes.
6 mai 2007 arghhhh.
Et puis bien sûr 9 mai 1950 le plan Schuman : naissance d'une Europe à vocation technocrate ET POLITIQUE.
 
Mai est aussi la saison des allergies, les amis du pollen savent ce que je sous-entends.
 
Ce n'est pas vraiment l'été mais déjà le printemps laisse les bourgeons s'épanouir tout seuls et sans son aide, les manches et les jupes se raccourcir... Vague nostalgie d'après-froid qui se manifeste par la conscience du temps qui passe et par l'obligation de renaissance en cette période : à l'image de la nature, les combats actuels plongent dans l'histoire pour se recrédibiliser et prendre un nouvel élan, les étudiants et les lycéens se mettent enfin à prendre au sérieux leurs exams, les sentiments amoureux ne trouvent plus leurs justifications dans le besoin de chaleur mais la saison des mariages et des emménagements à deux est lancée, et puis zut... c'est bientôt l'été, on se prend à rêver à de nouveaux horizons à explorer pendant les vacances... si vacances il y a cette année.
 
Le risque de mai : se laisser emporter par le besoin de soleil et de retrouvailles en plein air et décrocher de la réalité pour "profiter" : du beau temps, des jours fériés, des jours qui rallongent, etc... Loin de moi d'idée de culpabiliser ces "profiteurs" car mai a au moins le mérite de nous rappeler qu'il faut prendre du temps pour soi et pour ses proches. Mais les problèmes visibles en hiver restent irrésolus... Notre énergie sera dépensée ailleurs... Car mai est aussi le mois des résignations... comme ses périodes post-électorales pour les partis qui ont perdu... début mai.
 
Apollinaire lui se résigne en mai à l'amour impossible, le temps passe avec indifférence devant les ruines de ses amours perdues, devant ses souvenirs douloureux et qui endorment tout espoir : 
 
 
 
Mai

Le mai le joli mai en barque sur le Rhin
Des dames regardaient du haut de la montagne
Vous êtes si jolies mais la barque s'éloigne
Qui donc a fait pleurer les saules riverains

Or des vergers fleuris se figeaient en arrière
Les pétales tombés des cerisiers de mai
Sont les ongles de celle que j'ai tant aimée
Les pétales flétris sont comme ses paupières

Sur le chemin du bord du fleuve lentement
Un ours un singe un chien menés par des tziganes
Suivaient une roulotte traînée par un âne
Tandis que s'éloignait dans les vignes rhénanes
Sur un fifre lointain un air de régiment

Le mai le joli mai a paré les ruines
De lierre de vigne vierge et de rosiers
Le vent du Rhin secoue sur le bord les osiers
Et les roseaux jaseurs et les fleurs nues des vignes.

Guillaume Apollinaire, Alcools

06.05.2009

"Faire ce qui convient au moment opportun".

Le titre est une citation d'Aristote.

 

Il y a deux ans, c'était la fiesta au Fouquet's... Cécilia s'en souvient sûrement, même si elle a depuis tout fait pour oublier le show...  
 
Il y a deux ans, ma migraine qui durait depuis deux semaines (... et qui avait atteint son paroxysme lors du débat Royal/Sarko...)  s'est transformée en colère (non je ne me calmerai pas... non plus...), colère forte et cependant génératrice d'énergie. Mais l'énergie ne suffit pas. Il faut du courage, et il faut la force d'un groupe.

 

Philosophie magazine.jpgLe dernier numéro de Philosophie Magazine, consacré au thème du "courage aujourd'hui", montre à quel point cette qualité humaine a évolué, passant d'un modèle héroïque (dans lequel la personne prouvait par ses actes qu'il était vaillant), à un modèle plus intériorisé et subjectif qui consiste à agir en adéquation avec soi-même et ses valeurs. "Le courage n'est plus une vertu sociale mais la condition de notre perfectibilité - en manquer, être lâche, c'est simplement ne pas être capable de surmonter ses divisions". On pourrait être d'accord dans le cas d'une démocratie apaisée et en vogue vers un véritable projet de société à l'horizon...

Mais dans un contexte de crise dans lequel le régime en place confisque le dialogue social, réprime les libertés publiques et instaure la normalisation des inégalités... (non je n'ai toujours pas lu le dernier livre de F. Bayrou ;-)), il faut proposer et agir contre un "ordre" sécuritaire qu'on essaie de nous imposer et qui avec le temps s'avère être un désordre au regard d'un humanisme dans lequel on mettrait la personne au centre du "progrès".

 

Qui doit être courageux quand notre démocratie est en danger? Celui qui explique ou celui qui se lance et qui agit?

Entre vanité et altruisme, la justification de la révolte et de l'intervention active a du mal à trouver sa place. Il ne s'agit plus de devenir un héros qui agit en dépassant toutes les limites de manière inconsciente, mais de redonner de la valeur à la définition platonicienne et socratique du courage présenté comme "une science de ce qu'il faut craindre et de ce qu'il faut oser"... Tout cela parait bien froid et GuiGrou mon lecteur préféré va encore râler si je parle de science et non d'action... alors qu'il s'agit en fait d'intelligence pratique comme le montre Martin Legros (Philosophie Magazine, "Etre courageux, est-ce réfléchir ou se lancer?"), car le fait de peser le choix de l'action à la lumière de ses propres valeurs, de mettre en jeu sa propre personne, permet la constance, la maîtrise  et le respect des valeurs... pour ne pas se lancer à l'aveuglette et faire le malin dans un souci de "communication" de sa bravoure.

 

 

Il faut construire un projet permettant cette constance et ces actes fidèles aux valeurs de l'humanité, en amont de toute action qui se répercute ensuite dans notre vie de tous les jours, citoyenne,  et aussi dans les associations ou les groupes agissant.

 

Les courageux qui doivent s'affirmer aujourd'hui au premier plan sont :courage.jpg

- les journalistes qui doivent informer en toute indépendance et objectivité, suite à un travail d'investigation, d'analyse et de mise en perspective.

- les élus qui ne doivent pas choisir des textes en fonction de leur clan mais en raison des motifs premiers qui les ont poussés à s'engager et à NOUS REPRESENTER (oui nous... les électeurs et nos enfants).

- les décideurs en général (entreprises, associations, partenaires sociaux, gouvernants, ministres) qui doivent préférer des décisions qui répondent à une vision globale et non à des coups de coeur/tête à l'emporte pièce.

- nous tous qui ne devons pas hésiter à rappeler à ceux qui nous représentent qui nous sommes et quelles sont nos attentes.

 

Pour tous les exclus ou tous ceux qui ne sont pas en mesure de prendre le recul nécessaire pour mesurer cette responsabilité collective, il s'agira aussi de ne pas les oublier.

 

Bref, 2 ans qui nous prouvent que non, il est impossible de continuer sur cette voie génératrice de la défense des intérêts des plus puissants. Puisque notre société souffre.

 

2 ans qui nous obligent à nous regrouper et à agir... et à construire une Europe politique et sociale qui nous oblige à prendre de la hauteur sur la politique de surface qui est menée en France.

 

Suite bientôt...

05.05.2009

Alerte : signons....

Je relaie ici l'appel de Mediapart et vous encourage à signer la pétition en faveur d'une liberté de la presse qui a du mal à trouver sa place dans notre pays...

Dans les signataires, citons François Bayrou, Martine Aubry, Corinne Lepage,  Daniel Cohn-Bendit, Benoit Hamon, Eva Joly, Dominique de Villepin, ....

 

Affaire Pérol-Caisses d'Epargne : soutenez Mediapart !

 

Signez notre appel de soutien. Nicolas Sarkozy a promu l’un de ses plus proches collaborateurs, François Pérol, à la présidence des Caisses d’épargne et des Banques populaires. Pour avoir révélé cette information, le 21 février, et s'être interrogé sur le sens de cette promotion, Mediapart fait aujourd’hui l’objet d’une citation directe à comparaître devant le Tribunal correctionnel de Paris du chef de diffamation de la part de François Pérol.

 

[Vous pouvez signer cet appel directement en ligne. C'est tout en bas de ce texte.]

L’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée poursuit le journal en ligne pour avoir affirmé coup sur coup les jours suivants :

 

– que cette nomination était entachée d’illégalité ; 


 

– que François Pérol avait déjà par le passé méconnu un avis de la Commission de déontologie, en date du 22 décembre 2004, lui interdisant de participer à la création de la banque Natixis ;


– que la banque Rothschild lui avait versé un bonus fin 2006 du fait notamment de cette opération Natixis. 

Cette action fait suite à dix autres, déposées par l’ancienne direction des Caisses d’épargne et par la personne morale, et maintenues jusqu’à ce jour par François Pérol. Pour avoir donné l’alerte sur la crise de la banque mutualiste, bien avant que la crise financière ne s’accélère, dans le cadre d’une longue enquête mise en ligne au début de 2008, les journalistes Edwy Plenel et Laurent Mauduit ont tous deux été mis en examen à dix reprises et renvoyés devant le Tribunal correctionnel, le premier en qualité de directeur de la publication de Mediapart et le second en qualité d’auteur des articles.


Les soussignés : 


 

– estiment que dans les deux cas, celui de l’affaire des Caisses d’épargne, comme celui de l’affaire Pérol, Mediapart a rempli sa mission, celle d’une information libre et honnête à propos d'un sujet relevant de l'intérêt général ;


– s’indignent que François Pérol, au travers de ces onze plaintes, cherche à intimider ou à faire taire le journal dont la mission d'information est de rechercher s'il a été fait fi d'obligations légales lors de sa nomination ;


– s’inquiètent de l'acharnement des dirigeants de la Caisse d'Epargne et d'elle-même à utiliser la justice contre un média indépendant, tandis que dans le même temps l’Elysée faisait peser de lourdes menaces sur le pluralisme de la presse ou l’indépendance de la radio et de la télévision publiques ;


– rappellent avec force que la liberté de la presse est une liberté fondamentale dans une démocratie, comme l’énonce régulièrement la Cour européenne des droits de l’homme ;


– assurent les deux journalistes visés par ces actions judicaires de leur plein soutien et de leur solidarité ; 



– invitent, enfin, tous les citoyens attachés au pluralisme et à la liberté de la presse à soutenir financièrement Mediapart pour que le journal, encore jeune et donc fragile, puisse faire face à ces procès qui l'opposent à un géant financier.

 

Pour signer : ici!

03.05.2009

60 journalistes tués en 2008

Dimanche 3 mai était célébrée la Journée Mondiale de la liberté de la Presse.

 

A fin 2008, on comptait :

- 60 journalistes tués

- 125 journalistes en prison

 

A cette occasion, Reporters sans frontières se mobilise pour la libération de trois journalistes femmes "prises en otage" par des États. ici

 

Rama Yade a déclaré : "Sans presse libre, indépendante et pluraliste, sans liberté d'enquêter et d'informer, il ne saurait y avoir de véritable démocratie" (cf Le Monde).

En France, la vie des journalistes est nettement moins en danger... de mort physique, certes. Mais où peuvent-ils exercer réellement leur responsabilité d'informer librement et en toute indépendance? (hormis chez Mediapart, entre autres...)

 

Je demande donc solennellement au ministère de l'intérieur une journée nationale de l'indépendance de la presse avec un petit film du genre de celui-ci, qui a été réalisé en collaboration avec le ministère des affaires étrangères :

 

 

01.05.2009

Mais ils sont où...?

Pourquoi l'UMP n'a pas présenté ses listes?

 

Non pas parce que ses membres éminents ont trop peur de perdre leurs ailes (ou leurs cornes). Non. Les voilà en donneurs de leçons : ce sont les projets les plus importants! Ben voyons. D'ailleurs, comme nous le montrent Marianne2 (ici) et 20 Minutes (cf. vidéo), ils connaissent bien leur sujet, par la voix de leur représentant Xavier Bertrand, ... :

"Interrogé par 20minutes.fr, le secrétaire général a clamé que le mouvement populaire soutenait la Hadopi « à Paris, à Strasbourg ou à Bruxelles » alors que le Parlement européen a voté quatre fois contre son principe, avec un fort soutien des conservateurs ! " (Marianne)

Bref, ils nous préparent une campagne de terrain... Mais ils sont où?

"Quand l'Europe veut, l'Europe peut". La preuve avec Hadopi non? ;-)... L'Europe est contre, et même si elle "veut", l'UMP ne "pourra" pas grand chose...

 

Donc pour une Europe qui avance "politiquement" comme le revendique X. Bertrand, ne votez pas pour les listes mystères de l'UMP...

 

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