31.03.2009

Elle est belle la France

On nous avait habitués ces dernières années à la construction d'une société à deux vitesses : les riches qui deviennent plus riches, les pauvres qui deviennent plus pauvres, les uns et les autres se battant et faisant valoir des idéaux très différents. Le fossé se creuse, et on voit apparaître maintenant des réactions fortement antipathiques des uns contre les autres et vice versa.

 

On nous avait habitués à un paysage politique bipolaire, avec d'un côté des libéraux devenant de plus en plus ultra-libéraux dans le cadre économique et tout le contraire avec les libertés publiques, et d'un autre côté des protecteurs d'un état providence en faillite qui fabrique moins de social qu'il ne le prétend avec ses airs de rétro-protecteurs. Le fossé se creuse, et on voit apparaître des messages d'obstruction systématique et d'opposition stérile sans dialogue.

 

On nous avait habitués à certaines entreprises qui traitent de manière différentes leurs salariés et leurs actionnaire, réservant l'information, les bénéfices et les choix d'avenir aux seconds pendant que les premiers permettaient aux statistiques des maladies professionnelles de prendre un tournant inquiétant. Le fossé se creuse, et on voit apparaître ceux qui sont laissés pour compte et ceux qui s'envolent avec des parachutes dorés.

 

On nous avait habitués aux personnes ayant-droit et aux illégaux, aux Français et aux sans-papiers, aux blancs et aux étrangers, aux bien logés et aux sans-domiciles,...

 

On nous avait habitués à tout cela, ce qui nous permettait de continuer à mener notre petite vie, assumant nos "catégories" et les circonstances qui nous changeaient parfois. Tout était pour le mieux dans le meilleur des mondes, l'idéal étant d'aspirer à toujours se trouver du bon côté, à en rêver ou à y rester.

 

En Sarkozye, tout cela prend une autre ampleur.

On ne se contente plus de contempler ces deux côtés d'une même réalité, on les pousse à la confrontation... Par les mots des représentants et gouvernants, par les valeurs véhiculées dans les comportements, par les informations relayées par une presse complaisante...

 

Et là que voit-on?

Tout ce à quoi on était habitué est en train de prendre ses marques et de revendiquer son identité, non pas en tant que personnes projetées dans l'avenir, mais comme individus projetés droit dans le mur et prêts à flinguer tout ce qui est en face.

 

On montre du doigt et on caricature à outrance :

les patrons qui appliquent leurs "droits" habituels

les ouvriers qui séquestrent leur dirigeants

les chercheurs qui refusent d'être évalués

les internautes qui piratent les oeuvres

les maisons de disque qui encaissent tous les bénéfices des artistes

les étudiants qui détruisent les amphis

les chômeurs de longue durée qui ne reprennent pas d'emploi

les sans-papiers qui n'ont pas leur place

les politiques qui mentent

les malades qui gaspillent l'argent public

les médecins qui ne soignent que les malades rentables

les malades mentaux qui risquent d'être dangereux

le pape qui répète ses paroles dogmatiques

les bandes violentes qui sacagent les villes

les policiers qui pratiquent une répression intensive

l'Otan qui veut faire la guerre

les anti-Otan qui veulent provoquer des attentas

des grandes surfaces qui arnaquent les consommateurs

etc etc etc

 

 

Le ton monte, l'agressivité se répand, et la crise s'étend.

 

Et pendant ce temps-là... Les beaux discours prônent la solidarité, la frugalité, la construction d'une société nouvelle...

 

Comment dire... avec le décalage généralisé, les conflits des uns contre les autres, et l'idéologie pacifiste qui voudrait triompher... On fait comment concrètement?

 

 

 

C'est justement parce que la France "déconne" au plus haut point qu'il faut mettre ses espoirs dans une Europe qui n'existe pas encore en tant que société... N'en faisons pas un duplicata de ces nations repliées sur elles-mêmes... Construisons des modèles globaux qui prennent en compte toutes ces personnes au-delà de leurs rancoeurs pour les tirer vers une réelle volonté humaniste.

 

A à peine plus de deux mois des élections européennes, calmons-nous et demandons-nous ce que nous voulons, ce dont nous avons besoin pour notre collectivité...

Jeunesse

Cette semaine, le thème choisi par les femmes engagées est la JEUNESSE.

 

Comme d'habitude, chacune avec son style a abordé le sujet et a laissé son clavier vous préparer un peu de lecture :

Juan, notre invité (eh oui un homme!) nous parle donc de sa vision de la jeunesse.

 

La jeunesse, c'était mieux avant, CC

La jeunesse n'existe pas, Juan (notre invité de la semaine donc)

Jeunesse je ne suis plus... Le Rocrocodile kinépeuthe

Approche comparative, Laure

Enfance et jeunesse éternelle, Nelly

29.03.2009

Des journalistes au service d'un blog sur le sommet de l'OTAN

Notre jolie ville de Strasbourg est en ébullition en attendant tous les invités qui sont annoncés pour assister au sommet de l'OTAN.

Mécontements, grogne, paralysies, atteintes aux libertés : les Strasbourgeois ne semblent pas si honorés et pour cause!

 

Les Dernières Nouvelles d'Alsace créent le buzz et le débat pour l'occasion : suivez toute l'actualité en direct sur le blog créé par les journalistes des DNA à cette occasion en cliquant :

 

http://otan-strasbourg.dna.fr/

 

28.03.2009

Question de responsabilité... d'une femme engagée

Pas trouvé beaucoup de temps pour le blog collectif des Femmes Engagées ces derniers jours...

 

Et aujourd'hui je fête dignement mon retour parmi les copines puisque le thème de la semaine est la liberté d'expression. J'en ai déjà beaucoup parlé sur ce blog, alors j'ai fait une petite synthèse sur notre responsabilité!

 

Ca commence comme çà :

"«Toute personne, a droit à la liberté d'expression. Ce droit comprend la liberté d'opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu'il puisse y avoir ingérence d'autorités publiques et sans considération de frontière.»
Article 10 Convention Européenne des droits de l'homme...
 
Les blogs remplacent aujourd'hui les cafés, on s'y retrouve tous les jours ou presque et on s'exprime... Avec plus ou moins de talent, avec plus ou moins d'audience, avec plus ou moins de coeur...
On peut tout lire parfois, tout écrire, comment faire en sorte ensuite de faire passer les messages?"

 

Et la suite, c'est ici : cliquez!!!

22.03.2009

Et si l'Europe était...

Lucia a décidé de "conceptualiser" un nouveau tag et de mobiliser la blogosphère sur le thème suivant :

"Si j'étais l'Europe, je serais? Un personnage, un animal, une plante, un tableau, une chanson.
Si on n'a pas le temps, on n'est même pas obligé de dire pourquoi."

Joli non?

 

J'aurais du mal à résumer cette jolie initiative en employant le terme "portrait chinois de l'Europe"... Ce serait quelque peu provocateur, même si dans le cadre de la mondialisation galopante qui nous englobe, il est temps de répondre de manière politique et unie au mouvement qui n'attend pas la réponse européenne pour poursuivre sa course infernale à sa guise. Réponse souvent muette, par manque d'unité, de cohérence, de projet commun et de prise en compte de la personne humaine.

 

Je vais donc tenter de réaliser une "exquise esquisse" de cette "délicieuse enfant" qui manque d'amour comme le rappelle Pierre, qui manque de sens et de visibilité, bref de cette fameuse "emmerdeuse" selon les termes de Daniel Riot.

 

Si l'Europe était un personnage : 

Faut-il choisir un personnage héroïque pour représenter l'Europe et symboliser ainsi les combats qui l'attendent pour enfin définir une ligne politique? Je n'en ai pas envie, afin de ne pas réintroduire cette fameuse attente de l'homme ou de la femme "providentiel(le)", de l'Europe qui sauve sans pour autant prendre en compte les contributions de tous ceux qui ont des projets, des besoins, une volonté d'épouser une vision globale pour répondre à l'injustice et à l'arbitraire.

Mario.jpgUn peu d'originalité je choisis Mario! Eh oui Mario le héros des premiers jeux vidéo, Mario le plombier mais qui étend ses compétences au fil de l'évolution du jeu (médecin, athlète, etc...), Mario le tout petit qu'on ne remarque pas dans la foule mais qui par sa force et son courage vient à bout de tous les obtacles, bref... un petit gars qui n'est pas là pour se montrer mais pour vaincre, pour s'impliquer dans ses missions, et pour atteindre des buts. Et tout cela grâce à tous les joueurs qui l'accompagnent...

 

 

 

Si l'Europe était un animal : 

Inutile de préciser que je ne choisirai pas le mouton, même si aujourd'hui, on voudrait la soumettre à un destin calqué sur celui choisi par des personnes peu recommandables... (José Manuel Barroso se prend pour un berger étendant son troupeau avec celui des ses amis berlusconiens et autres volontaires bienveillants...).

Je vais donc plutôt choisir un insecte, la fourmi. Avant tout sociale, elle communique, est reconnue pour son "intelligence collective", les fourmi.jpgcolonies de fourmis fonctionnant de manière globale. Bref, une fourmi prend en compte son environnement et évolue en fonctions des changements, s'adapte et répond aux mutations...

 

 

 

Si l'Europe était une plante : Orchidee3.gif

 

Difficile de trouver quand on prône la fin de l'immobilisme... la plante symbolisant souvent davantage de la décoration d'appartement. Je choisis l'orchidée parce que lorsqu'on sait la faire vivre, elle continue inlassablement de donner de belles fleurs...

 

 

 

Si l'Europe était un tableau :

braque-georges-les-oiseaux-1953-54-9700770.jpg

 

Je propose Les Oiseaux de Georges Braque, peintre qui a bien connu les guerres mondiales (surtout la 1ère sur le front), et qui les considéraient comme des périodes sclérosantes pour la créativité, lui même préférant se consacrer aux objets quotidiens. Après la seconde guerre mondiale, il va élaborer une série de tableaux sur le thème des oiseaux qui pour lui reflètent dans la peinture la liberté, la maîtrise de l'espace et de la pesanteur, et bien sûr la paix et l'évasion vers des univers rêvés, sans limite...

 

Si l'Europe était une chanson :

 

Pas très connue : Il nous faut regarder d'un chanteur poète auteur compositeur interprète éternel, Brel... aussi éternel que le destin auquel aspire notre Europe.

A écouter ABSOLUMENT ci-dessous!

petit extrait :

 

"Derrière la saleté.
S'étalant devant nous
Derrière les yeux plissés
Et les visages mous
Au-delà de ces mains
Ouvertes ou fermées
Qui se tendent en vain
Ou qui sont poings levés
Plus loin que les frontières
Qui sont de barbelés
Plus loin que la misère
Il nous faut regarder"

 

Et une question qui n'est pas posée :

 

Si l'Europe était une ville : sans hésitation ... Strasbourg... alors que les lobbyes pro-Bruxelles se font de plus en plus pressants...

 

Je tague l'Hérétique, Françoise,  Trublyonne, Julien et  Spaulding!

19.03.2009

Il y a quelque chose qui m'échappe.. encore

Dans la série des petites phrases des membres du gouvernement et de leurs fervents soutiens, il faut craindre qu'on commence à s'habituer au pire...

 

preservatif.jpgMais la palme d'or de la semaine est décernée à Christine Boutin qui en réaction aux propos du pape sur les préservatifs, s'est exprimée sur RTL ce matin : lorsqu'on lui demande "Pensez-vous que l'utilisation du préservatif peut-elle aggraver les choses ?", elle répond : "Ce n'est pas drôle de mettre le préservatif quand on fait l'amour".

 

Ah l'ouverture de Sarko... n'a pas de limite. On attend les réactions de la 1ère dame de France, officiellement ambassadrice de la lutte contre le Sida, si "quelqu'un lui a dit" ce qui venait d'être diffusé cette semaine.

 

 

Sinon, il ne faut pas banaliser les risques de propagation du virus du SIDA : le prochain SIDACTION démarre demain et se poursuit jusqu'à dimanche. Vous pouvez faire vos dons en cliquant ici.

17.03.2009

Dialogue de sourds

La peur du demandeur d'emploi qui craint de perdre à la suite de son travail tout ce qui le rattachait à la société : son appartement, son éventuel véhicule, et ses trois repas par jour... (et ceux de sa famille), la peur qui peut le conduire à disjoncter. (cf. film ici)

 

La peur des conseillers du Pôle Emploi de se faire agresser soit justement par ceux qui disjonctent, soit par les autorités parce que par respect des demandeurs d'emploi, ils risquent d'accorder un peu trop de temps à la dimension "conseil" de leur poste et de ne pas atteindre les objectifs de rentabilité : nombre de dossiers traités par jour, classement des chômeurs par catégories pouvant permettre aux stats d'être moins affolantes pour les électeurs, ... Peur de ne plus trouver de sens à leur mission.

 

En près de trois ans derrière mon bureau d'une agence d'intérim spécialisée en bâtiment, il y a quelques années déjà, j'en ai vu des personnes disjoncter pour un acompte exigé immédiatement, par une incompréhension face à l'impossibilité de les placer sur une mission : des téléphones qui volaient, des corbeilles à papiers jetées, des coups de pied dans le bureau, des menaces et des insultes...

 

Désarroi de ceux qui voudraient gagner leur vie.

Désarroi de ceux qui voudraient les aider mais qui sont missionnées avant tout pour d'autres types d'action : satisfaire un client, faire baisser les chiffres.

 

Un idéal : accompagner les demandeurs d'emploi dans leur parcours professionnel, proposer des postes de travail, offrir des perspectives d'avenir...

Une réalité : l'offre et la demande souvent en désaccord, un contexte et des besoins qui ne se croisent pas.

 

C'est le mouvement général de la précarisation des emplois qui est en marche depuis de nombreuses années et qui atteint son paroxysme dans un contexte de crise. Cette précarité se caractérise généralement par :

- des contrats dont le statut exprime une relation de durée limitée entre l'employeur et le salarié.

- des contrats sur des métiers en voie de disparition et exposant le salarié au risque de perdre prochainement son emploi.

- la mobilité imposée.

Et aujourd'hui en période de crise, on ajoute la précarisation des précaires, ou l'incroyable spirale infernale qui plonge les personnes en situation déjà précaire dans un bain d'incertitudes et de danger :

- le chômage longue durée, et la perte des indemnités qui en plus sont payées très en retard depuis quelques semaines ...

- le découragement progressif devant l'impossibilité de reprendre une activité stable avant de longs mois.

- la perte du contact avec le monde du travail.

- un accompagnement social de plus en plus réduit puisqu'il ne privilégie en Sarkozie que les "méritants", ... ceux qui travaillent malgré tout, parce qu'ils ont pu conserver une situation stable construite de longue haleine, ou parce qu'ils ont eu la chance de pouvoir revenir sur le "marché" avec de l'aide dont ils ont pu bénéficier, parce qu'ils le voulaient vraiment certes, mais aussi parce qu'ils étaient là au bon moment; ce qui n'est pas le cas de tous...

 

On voudrait nous faire croire que c'est surtout le monde de l'emploi qui a changé et que la précarisation n'est en réalité que la traduction d'une incapacité des individus à s'adapter à ces évolutions. Sans nier ces mutations et ces transformations, on peut surtout constater qu'elles nous ont conduit à la flexibilité, la mobilité et la remise en question, ce qui ne va pas à l'encontre d'un épanouissement professionnel, bien au contraire, à condition de pouvoir l'accompager par des orientations en termes de Ressources Humaines qui s'inscrivent dans ces orientations dynamiques. Et en même temps, elles ont laissé sur leur passage ceux qui n'ont pas compris ces aspects, ceux qui n'ont pas appris à les comprendre, dans un système éducatif complètement décloisonné vis à vis de la vie active.

 

Des pouvoirs publics sourds envers la précarisation qui demeure.

Des personnes en précarité qui n'ont pas compris les mutations du monde de l'emploi.

 

Un fossé immense, une incompréhension incommensurable, un langage caricatural pour revendiquer des droits et pour répondre à ces revendications, alors qu'il faudrait avant tout apprendre à considérer le langage comme l'unique possibilité de se retrouver et de reconstruire une logique apprenante pour tous avec les mêmes mots et le même respect. Mais il est un peu tard hélas, la cassure est présente, les conflits montent, certains rêvent de révolution oubliant les bains de sang qui ont illustré certains mouvements de foule antérieurs. Angoisse d'un peuple conduit à l'opposition... opposition envers un pouvoir en place, envers des réalités en place, ou au contraire envers le désordre.

 

Dialogue de sourds prévu jeudi 19 mars...

 

Alors que la plupart iront rappeler quels sont leurs droits fondamentaux et leur volonté de s'impliquer dans la société, d'autres entendront uniquement le rejet d'un système qui tend inexorablement à se pérenniser, du moins avec le gouvernement actuel...

Il y aura d'autres messages, bien sûr...

 

On peut le dire en langage que tout le monde comprend : "ça craint..." 

14.03.2009

Un poète s'en est allé...

Alain Bashung.

Ce poète et compositeur aux textes souvent énigmatiques et aux mélodies accrocheuses, rythmées ou mélancoliques, est décédé aujourd'hui...

 

L'album "Fantaisie militaire" est dans ma voiture, je l'écoute de temps en temps, c'est mon préféré d'Alain Baschung.

 

extraits de textes :

Je serai toujours cet étranger
Au regard sombre
Un rebel dans vos villes de contraste
Yé n'en pé plou
(Rebel)

 

Ma petite entreprise
Connaît pas la crise
S'expose au firmament
Suggère la reprise
Embauche
Débauche
Inlassablement se dévoile
(Ma petite entreprise)

 

Vertige de l'amour
Désir fou que rien ne chasse
L'cœur transi reste sourd
Aux cris du marchand d'glaces
Non mais t'as vu c'qui s'passe
J'veux l'feuilleton à la place
Vertige de l'amour.
(Vertige de l'amour)

 

ma préférée :

Entre tes doigts l’argile prend forme
L ’homme de demain sera hors norme
Un peu de glaise avant la fournaise
Qui me durcira

Je n'étais q’une ébauche au pied de la falaise
Un extrait de roche sous l’éboulis
Dans ma cité lacustre à broyer des fadaises

(Malaxe)

 

 

et en concert, une de ses chansons les plus émouvantes : "La nuit je mens"

 

 

 

12.03.2009

Politique et litterature ou : comment je me suis décrédibilisée...

Il y a des matins, on se lève et tout va bien. Quand soudain... après avoir été désigné par le sort pour remplir une ingrate besogne, on s'écrie, ravagé par le doute et l'humiliation :

 

"pourquoi moi?????????????"


 
C'est exactement la question qui m'est venue à l'esprit ce soir lorsque l'Hérétique a posté son commentaire sur mon blog : "Bonjour Nelly, Dites, vous n'auriez pas sauté mon tag sur la littérature et la politique, par hasard ?". Mue par ma curiosité légendaire, je vais voir de quoi il s'agit, alors que j'ai déjà 6 ou 7 tags de retard, et là, c'est le drame : je découvre avec la plus grande stupéfaction que ce blogueur que j'apprécie normalement beaucoup malgré quelques désaccords par-ci par-là, a commis l'irréparable; il me demande en effet de m'exprimer sur la littérature et la politique, mais pas de manière libre et inspirée comme je pourrais l'espérer afin de frimer un peu et de vous parler de mes auteurs favoris, avec l'air de savoir de quoi je parle (l'air seulement). Non! Il y a un vrai défi dans ce tag, un défi qui risque de me décrédibiliser à vie, je ne le sais pas encore mais je crains le pire... Je ne vous laisse pas une seconde de plus trépigner d'impatience, je vous explique de quoi il s'agit ou plutôt je "copie-colle" la définition du jeu chez l'initiateur : " il s'agit de choisir de quatre à six écrivains français, ou alors, pour ceux qui préfèrent la littérature étrangère, des écrivains étrangers, et d'imaginer quel serait leur positionnement politique aujourd'hui"... et ce n'est pas tout, il faut considérer leurs "convictions profondes", et surtout choisir des auteurs qui ne doivent pas avoir vécu à une époque postérieure au XIXème siécle...
 
Je répète : "pourquoi moi"????
 
Mais c'est sûrement parce que j'adore faire des choses improbables... et que j'aurai plaisir à mon tour à taguer d'autres victimes, on va se marrer là...
 
 
- Bon allez je commence... (le début de ma fin, sans doute...). Je choisis seulement 4 auteurs, parce ce sera déjà un exploit, restons modeste (ou tout simplement, restons ... discret en matière d'imcompétence).   
Hum. Donc je commence par Molière, histoire d'aborder quelqu'un de connu... Celui qui se moque des faux-semblants, des dévots, des hypocrites, du libertinage, ... bref de tout ce qui  privilégie l'apparence aux dépents d'une vraie richesse humaine intérieure. Il serait mort de rire en écoutant Ségo et sa bravitude, et tous les discours UMPistes vantant les mérites de l'argent, de la puissance et protégeant le côté bling bling du Président. Il inquiétait le pouvoir en place, la bourgeoisie, et en même temps, il prônait toujours en filigrane une certaine morale, une vertu éclairée...
Aujourd'hui, je l'imagine polémiste, commentateur, mais pas forcément partisan ou encarté, bien que sympathisant j'imagine de notre MoDem... Comment ne pourrait-il pas l'être, puisque j'vous l'dis...  mais frileusement, il serait certainement peu compréhensif envers certaines personnalités qui tentent de faire de ce mouvement un parti classique. (et bang, voilà que je te fais passer des messages subliminaux au milieu...).
 
- Vous êtes toujours là? Bon donc je tente un deuxième auteur alors. Un de mes préférés : Descartes! (je sais, j'suis pas une marrante tous les jours, mais que voulez-vous, on se refait pas...). Je ne vous parlerai pas de Descartes le métaphysicien ou du méthodique, de celui qui doute, qui est, qui prouve et qui sait... Non je préfère le Descartes un peu fragile qui écrit à la reine Elisabeth..., le Descartes aussi qui s'occupe de morale, de politique...  subrepticement (je ne suis pas allée chercher mes cours de fac, mais je tente...). L'Europe que nous sommes toujours en train de construire comprend cette pensée dans son patrimoine spirituel et culturel. En effet avec lui on passe de la primauté des lois universelles et transcendantes à celle de l'homme doté de raison et donc d'autonomie morale et de volonté. Avec lui on passe d'une philosophie sur l'univers à une philosophie anthropologique, donc un discours sur l'homme...
Descartes aurait sans aucun doute (sans jeu de mot!) aussi beaucoup de difficultés à s'engager dans un parti, il viendrait cependant certainement aux différentes conférences et conventions du MoDem exposer ses idées sur la liberté et la volonté... répétant en contemplant notre société comme il le disait à Elisabeth "je ne suis pas ici en mon élément", en intellectualisant un système de changement... , en prônant la démocratie du "citoyen éclairé", mais sans nous présenter de mise en oeuvre... car ce type de scénario l'a toujours mis mal à l'aise...
 
- Allez courage, un troisième."O temps! suspends ton vol; et vous, heures propices! Suspendez votre cours"... Lamartine présente la particularité de conjuguer la poésie et la politique, donc je ne pouvais pas le passer sous silence. Il a beaucoup évolué dans ses convictions tout au long de sa vie, mais attention! Pas à la manière d'un Hervé Morin ou d'un Eric Besson... Il a gardé une âme révolutionnaire qui a pris un peu plus de place à la maturité... Ses préoccupations deviennent le bien-être social, la paix et le progrès grâce aux révolutions de la pensée. Rocardien? (je ne dis pas socialiste, trop compliqué de dissocier ensuite...).

 

- Un petit dernier : Rousseau! Je sais qu'il est genevois et pas français mais ce serait dommage de l'occulter étant donnée son influence sur la Révolution française et puis... j'ai passé des heures sur ses oeuvres aussi bien en France qu'en Allemagne où j'ai eu l'occasion de suivre un séminaire de 3 jours en Forêt Noire qui lui était consacré, pour les étudiants en "proseminar" parmi lesquels je m'étais incrustée... (un séjour inoubliable à Freudenstadt, O. tu te souviens???) Rousseau était un littéraire et un philosophe ... celui du peuple comme source du pouvoir, en mesure de se gouverner directement! Selon lui, l'homme à l'état de nature est injuste, tyran, il dégrade son environnement, il faut donc trouver le contrat social idéal pour harmoniser toute cette communauté humaire et pour la protèger. Chaque individu est une partie indivisible du tout qui n'obéit qu'à lui même en respectant le contrat social. (ndlr : euh... merci de rester jusqu'à la fin maintenant que vous êtes arrivés jusque là). Rousseau défend la démocratie, mais il n'a pas confiance à l'individualité, dont la liberté et la subjectivité des droits sont les caractéristiques. Il ignore le pluralisme...Certains commentateurs affirment qu'il dissout la société dans l'Etat. Il confond les droits individuels et l'intérêt public... Boum, on impose au nom de l'intérêt général... On reconnaît un peu le style du passage en force des réformes au nom d'un projet néo-libéral dépassé par la crise... Eh oui, Rousseau aurait voté Sarko! Pfff, tellement étranger à l'équilibre des pouvoirs... même s'il a permis l'évolution intellectuelle qui a suivi, permettant d'éradiquer (définitivement?) la concentration des pouvoirs en France...

 

 

J'ai finalement terminé mes devoirs! Alors, qui veut prendre la suite??? Personne ne se bouscule au portillon, je vais donc désigner... les élus.

CC, Philippe le mécanicien, Aurélien et Skeptikos!!! Et Hervé parce que j'ai hâte de le lire sur ce sujet!

09.03.2009

Mon ADS... bat de l'L...

Salut les pirates...!!!

 

Je suis membre du comité d'espionnage chargé de vous mettre au pas...

 

J'avoue que j'ai un peu de mal. Vous êtes non seulement des ronchons jamais contents dès qu'on veut vous aider à travailler plus pour gagner plus de temps de cerveau indisponible à la compréhension des réformes, mais en plus vous vous prenez pour des agents en vous appropriant les oeuvres artistiques et les partageant sans faire reconnaître la professionnalisation de votre rôle...

 

Et comme nous sommes dans un grand pays démocratique dans lequel vous êtes dignement représentés par les parlementaires, vous allez voir comme on va rigoler à demain à l'Assemblée Nationale... Ca va vous calmer...

 

Et quand je vois les médias qui osent vous défendre et vous représenter (c'est nouveau que certains journalistes reprendraient leurs responsabilités?), ça me met dans un état... proche de... celui de la France... : le malaise.

 

Petite vidéo de Mediapart intitulée : La loi Hadopi expliquée à mon peer (to peer)

 

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