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03.07.2008
Si tu te libères, tu seras libre ; si tu libères un autre, tu en feras ton esclave*
[...] "En Colombie, nous devons encore penser à notre origine, à qui nous sommes et où nous voulons aller. Moi, j’aspire à ce qu’un jour, nous ayons la soif de grandeur qui fait surgir les peuples du néant pour atteindre le soleil. Quand nous ne serons inconditionnels face à la défense de la vie et de la liberté des nôtres, c’est-à-dire, quand nous serons moins individualistes et plus solidaires, moins indifférents et plus engagés, moins intolérants et plus compatissants. Alors, ce jour-là, nous serons la grande nation que nous voulons tous être. Cette grandeur est là endormie dans les cœurs. Mais les cœurs se sont endurcis et pèsent tant qu’ils ne nous permettent pas des sentiments élevés."
[...]
"Je ne pourrais pas croire qu’il est possible de se libérer un jour d’ici, si je ne connaissais pas l’histoire de la France et de son peuple. J’ai demandé à Dieu qu’il me recouvre de la même force que celle avec laquelle la France a su supporter l’adversité, pour me sentir plus digne d’être comptée parmi ses enfants. J’aime la France de toute mon âme, les voix de mon être cherchent à se nourrir des composants de son caractère national, elle qui cherche toujours à se guider par principes et non par intérêts. J’aime la France avec mon cœur, car j’admire la capacité de mobilisation d’un peuple qui, comme disait Camus, sait que vivre, c’est s’engager. (…) Toutes ces années ont été terribles mais je ne crois pas que je pourrais être encore vivante sans l’engagement qu’ils nous ont apporté à nous tous qui ici, vivons comme des morts." [...]
extraits de la lettre de 12 pages adressée par Ingrid Betancourt à sa famille en décembre 2007, source : site internet Le Figaro
Que tout le monde se réjouisse de cette libération, c'est légitime. Soulagement, joie, admiration, compassion, les sentiments ne manquent pas pour accompagner cette libération d'Ingrid Bétancourt! On ne peut qu'être solidaire du bonheur retrouvé de cette famille!
Et maintenant?
La surmédiatisation a sans doute ralenti certaines opérations pendant tout ce temps de rétention, tout en permettant des récupérations pas toujours passées inaperçues (rappel : note d'avril : ici). Nous avons assisté à un matraquage médiatique résultant d'une réelle méconnaissance de la situtation locale et des enjeux réels de la prise d'otages en Colombie. Le retour d'Ingrid va susciter des démarches de communication pas toujours impartiales, et privilégiant parfois les effets d'annonces et le voyeurisme; la fascination pour l'héroïsme puise ses sources dans l'émotionnel, dans la personnalisation de fantasmes qu'on vit par procuration. Surtout à l'époque des modèles imposés par le projet de Sarkozy, fondé sur l'avoir plus que sur l'être. "Qui est Ingrid Bétancourt et quels sont ses prochains combats?" est une question qui pourrait rapidement se transformer en une série de questions, une série d'épisodes, dont les différentes intrigues reposeront sur le côté magique de l'histoire de ce combat pour des convictions dans lequel on ne retiendra que les réactions et les ressentis... Le modèle de la gloire et non de l'idéal.
Ingrid mène un combat pour la liberté, certes, mais saura-t-elle se libérer des pièges qu'elle ne connaît pas encore et dans lesquels ses enfants et ex mari sont déjà tombés, par excès de volontarisme et de toute bonne foi? Un peu de silence et de respect de ce retour en famille pourraient être préconisés... et un peu de pudeur de la part des consommateurs de l'info seraient bénéfiques... Mais...
*citation de Lessia Oukrainka (féministe ukrainienne, 1871-1913), Le Maître de Pierre
00:02 Publié dans débats | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : liberté, liberté de la presse
Commentaires
En fait tu rappel un principe simple, la relativité. Je dis simple, mais bien souvent la relativité est traitée très à la légère et on en oubli le plus souvent ses véritables composants.
Il est assez facile avec la puissance des médias, de faire descendre quelques milliers de gens, qui souhaiterais un monde meilleur. Même de les faire signer des pétitions concrètes ou virtuelles. Par contre que çà puisse émouvoir certain qui vivent au beau milieu de la jungle et qui de pour vivent un combat, qui pour eux, n’est qu’une longue suite de risque, çà c’est nettement moins évident, surtout qu’ils ont pour beaucoup aucune espérance pour leur propre avenir. Maintenant, même un combat de papier n’est pas inutile et arrive comme dans ce cas (apparemment) à se faire au moins entendre des ‘victimes’, qui ainsi trouve un écho et un réconfort à leur situation.
Donc avant de refermer cette boîte, il va falloir rebondir sur al suite, ceux qui restent encore aux mains des farcs et les Farcs eux même. L’Amérique Latine sort de 30 ans de guerre froide, et l’on voit dans de nombreux pays ressurgir des gauches parfois durs et extrémistes, qui ont survécu aux chaos engendré par des droites toutes aussi radicales, parfois complètement téléguidé par les états unis et/ou les narco trafiquants. Donc n’enjolivant rien, regardons les choses en face, si nous voulons aider à trouver une réponse .Uribé qui finalement à choisit de résoudre le problème, de façon ferme, mais avec douceur, à été pousser plus par la possibilité que d’autre résolve le problème sans lui, que par une envie de répondre aux attentes de peuples lointains…
Ecrit par : DaN | 03.07.2008
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Ecrit par : philippe | 08.07.2008


