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24.06.2008
Pouvoir d'achat : pas d'impatience!
Vous êtes impatients d’augmenter votre pouvoir d’achat ?
Vous souhaitez bénéficier davantage des résultats de votre travail ?
Vous voulez alléger vos dépenses contraintes (alimentation, télécommunications, énergie...) ?
Vous aspirez à payer moins d’impôts ?
Vous avez besoin d’aide pour vous loger ?
Désolée, je n'ai pas les réponses à tout cela, mais d'autres les ont préparées spécialement pour nous tous, citoyens français, enfin... électeurs français. A voir sur ce site : http://www.premier-ministre.gouv.fr/information/les_dossi...
Voilà ce que nous pouvons lire :
"Le président de la République et le Gouvernement ont mis en place, depuis juillet 2007, une série de mesures pour initier et accompagner un mécanisme vertueux de relance du pouvoir d’achat.
S’appuyant notamment sur trois textes phares, la loi en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat du 21 août 2007, la loi pour le pouvoir d’achat du 8 février 2008 et le projet de loi de modernisation de l’économie du 28 avril 2008, cette politique doit permettre aux Français de gagner plus, de dépenser moins, d’être exonérés d’impôts, d’être soutenus et d’être informés et protégés."
Une grande campagne de communication vient de démarrer, il s'agit de nous prouver que là-haut dans les ministères, on travaille pour notre pouvoir d'achat, comme promis. Mais si faire-savoir et savoir-faire vont de paire, à nous donc de bien décrypter les messages publicitaires, euh non pardon les communications du gouvernement, afin de bien cerner les fondements de cet irrépressible besoin de nous convaincre ... Pour seulement 4 330 000 Euros, nous saurons tout, c'est promis, il suffit de bien regarder sa télé, (en attendant l'écran plat dernière génération que l'on pourra se payer prochainement avec ses bonus de pouvoir d'achat), les spots sont diffusés depuis hier à raison de 1630 diffusions! Pour les distraits qui n'ont pas le temps de regarder la télévision parce qu'ils sont occupés à travailler plus, ils seront aussi informés grâce à la presse, ou sur internet.
On est en décalage avec les chiffres de l'INSEE qui annonce une croissance nulle pour le dernier trimestre? On sous-estime l'impact de la crise des subprimes qui n'aurait pas dit son dernier mot? On néglige la baisse des remboursements des soins par la sécurité sociale? On occulte l'augmentation du prix du pétrole?
Non je ne suis pas de mauvaise foi, ni dans la critique systématique du gouvernement concernant ses méthodes en économie, non, j'ai compris que j'étais simplement TROP IMPATIENTE! Il s'agit d'une vraie remise en question pour moi, heureusement que le gouvernement nous explique tout!
A quand un vrai projet de modernisation économique, qui se base sur l'activité humaine à partir d'une définition de l'homme et de ses aspirations, de ses désirs et volontés et non à partir de ce qu'on lui programme comme aspirations, désirs et volontés? La manière de communiquer et les canaux de diffusion de cette campagne ne sont pas anodins... On nous explique "voilà ce que vous voulez obtenir", et en miroir "voilà ce que voulez savoir sur notre action".
J'aime vraiment beaucoup cette définition de Jean-François Kahn tirée de l'Abécédaire mal pensant :
"Pouvoir d'achat : Expression qui s'est peu à peu substituée à la notion de "salaire" et de "rémunération". Il est significatif qu'elle renvoie aux moyens qui permettent, non plus l'affirmation de l'être, mais l'accumulation d'un avoir, non pour se réaliser, mais pour acheter..."
S'informer, analyser, comprendre... Le fait de vouloir convaincre s'inscrit dans un comportement démocratique, les opinions doivent pouvoir se confronter. Mais communiquer sans manipuler, sur la base de l'argumentation et de l'écoute, c'est un peu plus respectueux... Expliquer plus pour convaincre plus ou expliquer mieux pour convaincre mieux? Le pouvoir d'achat est-il une question posée en préalable de la communication ou une réponse qui donne les moyens de communiquer sur un certain projet de société?...
21:45 Publié dans débats | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Communication
Commentaires
Pourquoi pas une campagne d'informations par le vecteur, le réseau et la formulation publicitaire. C'est la manière la plus efficace pour (comme on dit dans le jargon) pénétrer le marché. Les consommateurs sont également des citoyens.
C'est une sauce à vendre finalement! :-)
Ceci dit, si la sauce est bonne pourquoi pas? Mais si la sauce est mauvaise, voire ne répond pas aux critères de vente il s'agira d'une publicité mensongère et il sera possible de faire une réclamation .
Dans ce cas, je prends au hasard sur internet ce qu'il est possible de faire si on a été abusé par une publicité trompeuse:
"La publicité trompeuse est une infraction punie des peines prévues en cas de tromperie (art. L.213-1), c'est-à-dire d'une peine d'emprisonnement de trois à deux ans et/ou une amende de 1.000 à 250.000 F ; l'amende peut être portée à 50% des dépenses de la publicité constituant le délit ; la publication du jugement dans des journaux peut être ordonnée. Deux types de démarches sont à entreprendre : - il faut faire en sorte que la publicité soit arrêtée ou modifiée, en intervenant soit auprès de l'annonceur, soit de la Direction Départementale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (article L.121-2), soit auprès d'une association de consommateurs qui peut intervenir auprès de toutes instances en mesure de faire cesser la publicité délictueuse ; - en cas de préjudice du fait de la publicité pour un produit ou un service qui dans les faits n'a pas les caractéristiques ou qualités promises, le consommateur est en droit d'en demander la réparation. Si le préjudice est important et chiffrable, celui-ci peut porter plainte auprès du Procureur de la République par simple lettre adressée au tribunal de grande instance du ressort de son domicile (joindre les preuves du caractère répréhensible de la publicité mise en cause). Au cas où l'auteur de la publicité serait poursuivi, le consommateur en est averti par un avis à partie civile et peut demander des dommages et intérêts à l'audience du procès. Si le préjudice n'est pas important ou difficile à chiffrer ou à prouver, le consommateur lésé peut présenter une réclamation directement auprès de l'annonceur ou du responsable du support (journal, directeur du magasin, directeur de radio...) et au Bureau de Vérification de la Publicité (BVP, 5 Rue Jean-Mermoz, 75008 PARIS). Il peut également signaler l'infraction à la D.D.C.C.R.F. Dans tous les cas de figure, il est opportun de prévenir une association de consommateurs. Outre que celle-ci peut conseiller utilement les consommateurs sur les démarches à entreprendre, elle peut, se constituer partie civile à leurs côtés ou si l'intérêt collectif des consommateurs est en jeu, porter plainte en leur nom." (source Etienne Defrance - Droit pour Tous)
Donc prenons d'ores et déjà contact avec 60 millions de consommateurs histoire d'assurer une veille :-)))
Ecrit par : 1cognita | 25.06.2008



