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25.04.2008

invitation : journée pour une démocratie vivante

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UNE DEMOCRATIE VIVANTE

Journée de réflexion, d'échange et de travail autour

de la construction du Mouvement Démocrate

le 4 mai 2008 de 10 heures à 18 heures

Lieu : Paris ou proche banlieue

 

 

PREMIERE PARTIE : ATELIERS DE TRAVAIL

Atelier 1– Les élections départementales

Organisation des élections et processus électoral : de la préparation des élections à la

publication des résultats, quelles étapes, quelles méthodes, quels moyens ?

Atelier 2 – Les règlements intérieurs locaux

Faut-il définir un cadre national minimal pour l'organisation et le fonctionnement des

mouvements départementaux ? Un tel cadre devrait-il être obligatoire ou indicatif ? Faut-il

introduire le principe de la subsidiarité entre les niveaux national et départemental ?

Atelier 3A - Règlement Intérieur de Paris

Quelles missions, quelle organisation et quels

modes de fonctionnement pour le mouvement

départemental de Paris : autonomie des

arrondissements, liens avec les activités

municipales, etc.

Atelier 3B - Règlement Intérieur National

Comment faire face aux imprécisions des

statuts dans l'élaboration du règlement

intérieur national ? Quel calendrier et quelle

feuille de route pour son adoption et sa

publication définitive ?

 

 

DEUXIEME PARTIE : DEBAT SUR L’IDENTITE DEMOCRATE (en présence et avec la collaboration de CORINNE LEPAGE)e et avec la participation de CORINNE LEPAGE

Quelles valeurs et quelles orientations politiques pour le projet du Mouvement Démocrate ?

Démocratie et citoyenneté : pourquoi, comment ?

Gauche, droite, centre : où sommes-nous ?

Porter nos valeurs : à l'intérieur comme à l'extérieur, comment faire ?

Le projet politique : comment formaliser et promouvoir nos fondamentaux ?

 

 

Cette invitation est destinée à tous les militants et sympathisants du MoDem. Pour participer à cette journée, et avoir des informations sur les conditions de transport, vous pouvez me joindre en cliquant : ici

23.04.2008

Matraquage médiatique au détriment de la libération d'Ingrid Bétancourt

73b6dcb5afd17440b62e6f34b3266542.jpg Déjà plus de 6 ans de captivité et de nombreuses tentatives de libération, mais malgré tout, Ingrid Bétancourt reste prisonnière des FARC; publiée dans Mediapart, l'enquête de Thomas Cantaloube met en lumière les faiblesses de tout le processus de libération de l'otage franco-colombienne.
 
En 2002, Ingrid Bétancourt était déjà très connue, notamment grâce à son livre, La Rage au coeur, et surtout grâce à ses relations amicales entretenues avec Dominique de Villepin. Sa célébrité va être déterminante par la suite pour la gestion des opérations de libération.
En effet, la famille d'Ingrid, notamment ses deux enfants Mélanie et Lorenzo, ainsi que l'ex-mari Fabrice Delloye, sont omniprésents à la télévision, et dans les différents médias, car à coups de manifestations, de déclarations, de créations d'événements, ils entretiennent une démarche très vive de communication, qui, par l'effet de la douleur de la famille, privilégient les effets d'annonces, les informations exclusives (qui se contredisent parfois les unes avec les autres), et les retournements de situation.  On assiste ainsi à du "sentimentalisme" et non à de l'information.
 
Thomas Cantaloube insiste également sur la méconnaissance de la situation colombienne, sur des informations trop superficielles en possession des intervenants et des organisateurs de la libération, qui, ne comprenant pas le contexte, font perdre sa crédibilité à la France dans les négociations.
 
C'est donc la stratégie mise en oeuvre qui est dénoncée : celle de la médiatisation qui "plonge dans une grande marmite les ingrédients de l'émotion, de la douleur des familles, de la diplomatie publique, de l'indignation facile et des raccourcis politiques qui conduisent à une ignorance de la situation colombienne à l'origine du rapt d'Ingrid Bétancourt". La situation politique, économique et sociale de la Colombie a évolué, ce que l'Elysée ne comprend pas non plus, et ce qui contribue à accentuer l'inefficacité de la France dans cette affaire
 
Jean-Jacques Kourliandsky, chercheur à l'IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques) et auteur de l'ouvrage Ingrid Bétancourt, Par-delà les apparences déclare : "Le président français est tout sauf naïf. Il ne s'adresse pas aux FARC mais à l'opinion française. L'envoi du Falcon et le dernier appel à Manuel Marulanda sont intervenus à des moments de difficultés internes à la majorité et lors du débat sur l'Afghanistan au Parlement. Ingrid Bétancourt est devenue une variable d'ajustement humanitaire".
 
Sarkosy va s'adresser demain soir aux Français, par le biais de la télévision, suite à sa baisse de popularité, et répondra de nouveau vraisemblablement à des questions relatives à ses relations avec la presse. Apparemment les journalistes sont mieux renseignés que nos gouvernants, et réalisent un travail de fond beaucoup plus précis. On pourrait demander à notre Hyper Président de changer ses relations avec la presse en l'utilisant davantage pour apprendre, que pour sa promotion.
 
Jacques Thomet met à jour son blog régulièrement concernant l'actualité de Ingrid Bétancourt : ici

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20.04.2008

l'Intégration au banc d'essai

"Je vais remettre la France au travail" a-t-on entendu comme une rengaine il y a quelques mois, à coups de "travailler plus pour gagner plus", "non aux abus dans l'assistanat", "obligation d'accepter les offres de postes", etc etc.
Parallèlement, on créait un "big" ministère chargé de l'identité nationale couplée avec l'immigration et l'intégration, et bien sûr le codéveloppement, sans incompatibilité dans les termes...
Et aujourd'hui, on continue de restreindre les droits aux allocations chômages en obligeant les chercheurs d'emploi à accepter les offres qu'on leur propose (ce qui suppose peut-être que les salariés de l'ANPE ont bénéficié de formations leur permettant de prendre en compte aussi bien les compétences que les projets, et qu'ils ont acquis le rôle de conseillers en choix de poste sur-mesure...)...  Faire correspondre l'offre à la demande, dans le domaine de l'emploi, une nouvelle science?

D'après la circulaire du 20 décembre 2007, il existe maintenant dans chaque région une liste de métiers ouverts aux ressortissants des nouveaux états membres de l'UE et des états tiers, soumis à des dispositions transitoires, mais si on observe ces listes régionales de près, on constate surtout qu'elles sont composées essentiellement de métiers soit très qualifiés dans le domaine de l'industrie, soit affiliés au statut cadre. D'après Mediapart, lorsque l'on interroge les préfectures sur les dossiers en cours et les cartes de séjour délivrées dans le cadre de ce dispositif, on n'obtient pas de réponse, hormis en Seine-Saint-Denis, où l'on évoque quatre réponses favorables sur les 1600 demandes.


 
Quant aux postes d'ouvriers non qualifiés, ceux qui concernent les travaux qui rebutent la plupart des personnes (marteau piqueur, manoeuvre TP, nettoyage, aide en cuisine, ...), et pour lesquels les offres d'emploi sont aussi ouvertes, ils ne sont pas évoqués. Néanmoins, c'est sur ce type de postes qu'on retrouve ceux qu'on appelle les travailleurs "clandestins" et qui, pour certains (300 personnes) ont démarré il y a quelques jours une "grève illimitée". Ils revendiquent avant tout le respect de leurs droits de salariés, en demandant la régularisation de leur autorisation de séjour à Xavier Bertrand, plutôt qu'à Brice Hortefeux.... pourtant en charge de l'intégration! Xavier Bertrand propose un examen des dossiers au cas par cas, comme il l'a répété aujourd'hui à Laurence Ferrari sur Canal+.


 
Si le travail est considéré comme un fort vecteur d'"intégration" sociale, et que le ministère de Brice Hortefeux s'occupe justement de l'intégration, les syndicats qui soutiennent cette action des travailleurs clandestins peuvent effectivement s'appuyer sur l'argumentation d'une intégration réussie en amont du processus d'immigration concernant ces personnes et leur famille.
Mais que signifie aujourd'hui ce mot "intégration", employé tellement facilement et arbitrairement? Avec une vision multiculturelle et humaniste, on pourrait proposer une définition qui respecterait le rôle des héritages (normes,valeurs, cultures) des individus, dans la question des liens sociaux et dans l'épanouissement de la personne humaine. Mais le concept d'identité nationale sous-entend-il cette vision?  Le multiculturalisme est-il une valeur de l'identité nationale telle qu'elle est abordée par le ministère de l'immigration...?


 
Entre le droit du travail et le droit à l'intégration, les arguments en faveur de la régularisation des travailleurs sans-papiers en grève devraient pouvoir trouver un écho favorable, et seront révélateurs des véritables objectifs du gouvernement en matière d'immigration. Une régularisation globale ouvrirait les portes au débat de l'intégration et de ses significations, alors qu'un refus concernant la majorité des demandes révélera les intentions de Nicolas Sarkosy lorsqu'il a créé le ministère de Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, ce qui ne manquerait pas de soulever des mouvements publiques au nom des droits de l'homme... Travailler plus pour régulariser plus? C'est un des paris de cette grève.

18.04.2008

question d'engagement

"...Vous savez, je me sens plus de solidarité avec les vaincus qu'avec les saints. Je n'ai pas de goût, je crois, pour l'héroïsme et la sainteté. Ce qui m'intéresse, c'est d'être un homme". Albert Camus, La Peste.
Être un homme est un effort pour Rieux, le personnage qui prononce cette phrase, et dans sa lutte contre la peste, il affirme ne posséder aucune certitude, tout en répondant à l'urgence de mettre du sens dans sa lutte...
 
Les raisons d'un engagement sont multiples et répondent à des contextes vécus de manière forte par des individus qui décident à un moment donné de consacrer du temps à une cause qui leur semble essentielle, au nom d'une réponse à la quête du sens de l'existence.
 
Le numéro d'avril du magazine Enjeux - les Echos consacre quelques pages au thème de l'engagement ("L'engagement en question"), en référence au forum de la Cité de la réussite, qui s'est tenu au Sénat et à la Sorbonne du 4 au 6 avril, animé par des artistes, des écrivains, des historiens, des scientifiques, des philosophes et des hommes politiques. Ci-dessous une petite synthèse partielle et personnelle de cette lecture, avec quelques interprétations et commentaires :
 
1 - l'engagement et la démocratie :
Cynthia Fleury s'interroge sur les intérêts réels de l'engagement, en référence à la tendance naturelle des individus à se regrouper pour partager leurs idées, même si la frontière est souvent mince entre l'association et le lobbying, ou entre la communauté citoyenne et le clan. Elle préconise davantage une "capacité autorégulatrice des intérêt privés", plutôt qu'une possible mise en oeuvre de l'intérêt public qui reposerait sur le fait de l'avoir décrété. Un engagement doit dépasser la sanction et l'empêchement de pratiques non voulues, au profit de la proposition d'une alternative. "La démocratie, c'est d'abord le fruit de ceux qui s'engagent à défendre la cause de la liberté". L'engagement n'obéit pas qu'à la raison, l'émotion prend une place déterminante et provoque l'inconfort, en révélant l'exigence de responsabilisation constructrice. En commentaire, on peut ajouter que si la critique est souvent le point de départ, elle ne peut s'affranchir d'une réelle capacité de proposer des solutions, et d'une invariable détermination de "changer la vie" comme l'écrivait le jeune Rimbaud.

Pierre Moscovici est un peu dans le même état d'esprit lorsqu'il rappelle dans ce même dossier que l'engagement politique s'inscrit dans un positionnement définitif qui consiste à "garder sa liberté de jugement", et en dénonçant l'obéissance face à un chef charismatique. Il reste persuadé qu'à l'origine, l'engagement politique naît de convictions et de rencontres, avant de dériver parfois (souvent?) vers la caricature du carriériste prêt à tout pour le pouvoir.

 

2 - l'engagement qui permet de penser à soi :
Selon Antoine Vaccaro, la philanthropie naît dans un contexte d'inégalités, et ce sont souvent les mieux lotis qui s'intéressent au sort des plus démunis, et jamais de manière totalement désintéressée. Les actions solidaires répondent à un besoin de satisfaction morale, de reconnaissance et de sentiment d'utilité, au nom d'un standing social.  A l'engagement individuel succède ensuite l'engagement du pouvoir public, puisque les préoccupations mettent en lumière les carences sociales. "Hier l'humanité voulait se sauver par le communisme, aujourd'hui, elle le fait par le développement durable. Se sauver et sauver l'humanité, les ressorts ne changent pas, il sont recyclés".

Dans le mariage et dans l'histoire des couples, l'engagement décidé dans l'union représente aussi d'après Camille de Peretti, une réponse au besoin de se faire du bien à soi, dans une époque où l'engagement ne précède plus l'amour, mais au contraire, fixe un contrat à cet amour qui lorsqu'il s'atténue, fait perdre son sens à l'engagement. On ne s'engage pas à aimer, mais on s'engage parce qu'on s'aime. Il est vrai que nos aïeux n'envisageaient pas l'avenir de leur foyer au gré de leur histoire d'amour, et les divorces étaient donc plus rares.

 

3 - l'engagement qui pallie les carences de l'état

L'état providence a son rôle à jouer dans le cadre de la santé, et en France, par le biais des prises en charges des soins par la sécurité sociale, le système de santé "est organisé sur le principe de la solidarité nationale", comme l'écrit Carine Camby, qui défend ce principe, en y ajoutant l'obligation pour l'état d'organiser ce système de santé qu'il protège. Privatiser les questions de santé qui sont d'ordre public renforcerait les inégalités face au droit d'être soigné selon les moyens financiers des malades.

Mais l'état ne peut pas tout. Maria Nowak rappelle que les citoyens entre eux peuvent compléter certaines insuffisances de l'Etat, dans le cadre de la solidarité : c'est le cas des associations, comme celle de l'ADIE (association pour le droit à l'initiative économique), qui par le développement du microcrédit, encourage l'insertion depuis 1988. En effet, les prêts à la création d'entreprise remportent beaucoup de succès, seulement 2.5% de cas de perte d'argent, et coûtent beaucoup moins cher que les indemnités du chômage. Marie Nowak ne demande l'intervention de l'état qu'au niveau du soutien juridique en préconisant des lois de modernisation économique pour encourager ces initiatives associatives.

Et d'un point de vue plus libéral, comparant l'Allemagne (son pays d'origine) à la France, Frank Esser rappelle que les entreprises ont aussi un rôle à jouer dans la vie publique. Pour ce faire, elles doivent coopérer avec l'Etat sur des objectifs tels que l'apprentissage et la formation continue; il cite la fondation SFR qui attribue des fonds à ses salariés dans le cadre de projets associatifs. Il prône un "management de citoyens" plutôt qu'un management de collaborateurs, afin d'ouvrir ses salariés à autre chose qu'à la vie de bureau, ce qui instaure une dynamique et une progression de chacun et aussi de l'entreprise qui stabilise ainsi son effectif au profit de sa stratégie.

 

 

En guise de conclusion, on peut affirmer que l'engagement prend une dimension globale puisque d'une initiative individuelle pas toujours très claire avec ses objectifs initiaux jusqu'aux encouragements des structures environnantes (entreprises, associations, institutions,...), il peut trouver d'innombrables prétextes à sa réalisation. Mais les personnes engagées sincèrement font souvent peur, car passionnées, désordonnées et isolées, elles ne parviennent pas toujours à rendre le sens de leur projet très lisible. Donner du sens à sa lutte n'est pas si facile à partager... être clair dans ses objectifs ne garantit pas toujours le partage des combats, mais n'est-ce pas une des difficultés fondamentales de la démocratie? Le courage et la force d'affirmer ses choix face aux tentatives de récupérations ne sont pas non plus automatiques. Seul l'engagement durable et déterminé pourra inscrire ses objectifs à l'intérieur d'un projet global de société, et ne se confondra pas avec des réponses ponctuelles à des circonstances imprévues.

 

Bayrou ne partage pas l'idée de l'exigence démocratique

Suite à la conférence de presse de Bayrou de lundi (commentée sur ce blog le 14 avril 2008) s'est déroulée la traditionnelle séance de questions/réponses, dont voici le film réalisé par Eric Julliard de Construire en mouvement :

 

Quelques remarques :
On retrouve bien sûr certaines affirmations du discours : 
- sur la défense du pluralisme en France,
- sur la cohérence réelle dans le projet du MoDem, même si Bayrou reconnaît qu'elle n'est peut-être pas suffisamment claire pour les observateurs extérieurs parce que trop nouvelle,
- sur l'indépendance qu'il définit comme la liberté de dire oui ou non sans arrière-pensée politicienne et comme la capacité de parler avec les uns ou avec les autres au nom de l'intérêt civique; l'indépendance est selon lui l'identité du MoDem.

Ce qui est finalement le plus marquant se situe dans les propos à la fin de ce film vidéo, au moment où Bayrou répond aux questions sur la démocratie interne au MoDem et sur les courants :

 

- Concernant Cap21, assimilé à un courant, il rappelle que l'UDF était un parti justement à courants et que la ligne du MoDem doit être définie différement donc sans référence particulière à Cap 21, ou à d'autres rassemblements. Question : qu'entend-il par courant? Un parti représenté par une telle diversité dûe aux différents parcours de 40 000 nouveaux adhérents et à l'histoire des anciens, peut-il parler d'une seule voix? N'y a-t-il pas un éclaircissement nécessaire sur ce qu'il entend par respect du pluralisme à l'extérieur mais condamnation de la diversité en interne?

- Concernant la démocratie interne en général, il affirme : "Je ne crains aucune procédure démocratique, mais je combattrai les manoeuvres et les pièges et vous verrez que les militants et les adhérents les combattront avec moi".

- Concernant les propos de Corinne Lepage, qui demande davantage de démocratie interne au MoDem (cf. les deux vidéos de Corinne Lepage sur ce blog) et le respect de la diversité, Bayrou affirme posément : "Je comprends l'exigence et je ne partage pas l'idée".

 Conclusion : les adhérents et militants suivront Bayrou dans son combat pour la cohérence du MoDem, mais lui ne suivra  pas les militants qui travaillent pour cette même cohérence, mais qui exigent que le Mouvement Démocrate soit démocratique. Le MoDem doit effectivment manifester la cohérence de son propos par la cohésion de ses membres, mais celle-ci ne doit-elle pas résulter d'une concertation prenant en compte la diversité des adhérents? Rappelons-nous la raison de toutes les nouvelles adhésions : n'était-ce pas l'idée de la méthode ("faire de la politique autrement") qui a attiré autant de nouvelles personnes? Des questions se posent encore et encore sur la méthode Bayrou, comme si on avait une distinction à opérer entre les partisans de Bayrou et les partisans du MoDem, qui peut-être ne veulent pas la même chose... Bayrou créerait-il le 1er courant au sein du MoDem?

16.04.2008

Souriez, vous êtes "ardoisés"

f71a8499be98165ab9c02a32dc9c2c4b.pngLe nouveau programme d'aide à l'enquête devrait permettre dans tous les commissariats et toutes les gendarmeries de France, de manière mutualisée, un accès à une base de données répertoriant aussi bien les coupables d'actes illégaux que les complices, les témoins et toute personne interpellée. Le nom de ce programme? : Ardoise (Application de Recueil de la Documentation Opérationnelle et d’Informations Statistiques sur les Enquêtes). A l'heure où l'on se plaint de la lenteur des procédures judiciaires, du nombre d'affaires classées "sans-suite" au détriment de l'indemnisation des victimes, et de la difficulté du métier de policier présent sur tous les fronts, on pourrait se dire qu'Ardoise permettrait éventuellement d'assister les forces de l'ordre dans leur travail..., de les faire ressembler davantage aux super flics des séries télé. Les avancées technologiques au service de la police, une simple évolution des conditions de travail?
 
Mais maintenant, la CNIL se penche d'un peu plus près sur cette avancée dite révolutionnaire dans les bureaux des policiers : que signifient les contenus de la rubrique "état de la personne" dans laquelle on peut retrouver certaines "particularités individuelles" telles que "homosexuel", "SDF", "représentant syndical", "handicapé", etc? Ces données sont saisies manuellement, et ne font pas partie d'une liste multicritères pour lesquelles il faudrait cocher au choix l'une ou plusieures d'entre elles, mais des recoupements sont possibles avec des tris sur ces données manuelles; ainsi l'on peut faire malgré tout des recherches sur ces critères manuels et répertorier des listes de personnes homosexuelles, syndiquées,etc. Et toute dérive et détournement des informations (nécessaires?) est permis, puisqu'accessible.
 
Ces pratiques étaient connues dans les cabinets de recrutement et les agences d'intérim, de manière un peu moins visible et rarement aussi extrême, mais toute aussi pernicieuse. La discrimination commence par les classifications arbitraires et volontaires, et peut mener désormais à l'atteinte à la vie privée et toujours plus loin...

 L'affaire est loin d'être "classée", pour le coup, l'enquête va pouvoir avancer, avec ou sans révolution technologique... : entre les pétitions et le recours de la CNIL auprès du ministère de l'intérieur, l'utilisation d'Ardoise devrait être ajournée, et pourquoi pas abandonnée, du moins en tant que telle?


Les réactions :
communiqué Collectif contre l’homophobie (C.C.H.) Montpellier : lire
forum de FLAG : Le site de l'association des policiers gays et lesbiens  : lire
On peut s'attendre à d'autres manifestations...

14.04.2008

Quelques mois difficiles pour les Italiens

1af017debff993c088e2e86ba89ee501.jpgAvant les résultats officiels qui seront publiés demain mardi, la victoire de Berlusconi, 71 ans, a déjà été proclamée et même reconnue par son adversaire, Walter Veltroni.

 

Pendant 5 ans, il va pouvoir gouverner, avec une majorité à la Chambre des députés, mais aussi au Sénat (ce qui n'était pas assuré d'après les différents observateurs jusqu'à hier). Il a annoncé "des mois difficiles pour les Italiens"...en leur demandant du courage... C'est le moins que l'on puisse dire, même si le courage qu'il leur souhaite pour supporter la crise économique et sociale n'est rien vis à vis du courage qu'il faudra aux défenseurs de la démocratie européenne pour collaborer avec le chef du gouvernement italien.

Interrogé sur Europe1, Sergio Romano, éditorialiste au Corriere della Serra, explique pourquoi les Italiens ont de nouveau conduit Berlusconi au pouvoir : il décrit une majorité "amorale" pour qui les conflits d'intérêts n'ont aucune importance. Il rappelle aussi que dans un système bipôlaire, on choisit "le moins pire", et entre la gauche en qui on reconnaît surtout le passé communiste qui fait peur et Berlusconi qui représenterait la droite (très très large droite...), on préfère celui qui contrôle les médias...

On peut supposer que comme prévu, l'ami Sarkozy a reçu un coup de fil ce soir, ou... un SMS?

Bayrou souhaite consulter ses militants : en route vers la démocratie interne?

5a137e9b682a26b6ca710fbe1eef09f3.jpgComment François Bayrou peut-il faire pour sortir de cette situation tendue le Mouvement Démocrate, parti qui alors même qu'il n'est pas encore intégralement structuré comme le prévoient ses statuts, traverse déjà une crise suscitée par des attaques aussi bien internes qu'externes?


Le départ de figures imminentes et emblématiques depuis les élections présidentielles, de Hervé Morin à Jean Arthuis, en passant par  Jean-Marie Cavada et surtout Christian Saint-Etienne (coauteur avec Bayrou de La Troisième Voie, le programme présidentiel) a installé les premiers doutes des adhérents et des observateurs exterieurs quant à la viabilité du projet du Mouvement Démocrate. Les scores réalisés lors des élections municipales, avec en point d'orgue la défaite du Président du MoDem à Pau, ont affaibli le poids du parti à l'intérieur des collectivités locales dans lesquelles les élus sont rares sur les bancs à pouvoir constituer un groupe afin de peser dans les décisions des municipalités et des conseils généraux, à l'image de ce qui s'était déjà produit à l'Assemblée Nationale.
 
Un parti sans élus ou très peu, qui a du mal à rendre clair et lisible son projet, quand au gré des contextes locaux il doit pencher pour des affinités électives tantôt à gauche, tantôt à droite afin de pouvoir exister, et qui doit en plus compter sur la défection des adhérents, fragilise son avenir si aucune prise de conscience des causes de ces événements ne voit le jour.
 
Lors de sa conférence de presse, aujourd'hui à 16h, Bayrou nous propose un diagnostic de l'état du MoDem en analysant essentiellement de manière unilatéralement externe les causes de l'affaiblissement actuel de son parti. Effectivement, comme on avait pu le lire dans Le Monde la semaine dernière, on conspirerait à l'Elysée, sous l'autorité de Nicolas Sarkozy, afin de déstabiliser le Mouvement démocrate : "Depuis quelques jours, nous savons de manière certaine que des mouvements présentés comme internes, la mise en cause de la ligne d'indépendance de notre mouvement, n'avaient en réalité pas grand chose de spontané, qu'ils étaient dirigés et agités de l'extérieur, et pour parler clairement, de l'Elysée. Je veux vous dire ma réaction lorsque j'ai lu ces documents et les échos de presse nombreux qui les précédaient et qui, tous, allaient dans le même sens. Je me suis dit qu'on attendrait du président de la République, dans une telle période de crise financière, économique, sociale, d'éducation, qu'il s'occupe de l'essentiel pour le pays, et qu'il respecte tous ses concitoyens même s'ils ne sont pas d'accord avec lui." Il tient des propos très durs envers le Président de la République qu'il nous présente comme une personne aux antipodes des préoccupations démocrates, en plus de toutes les critiques qu'il peut émettre sur l'action gouvernementale, et sur les crises financières, économiques et sociales qui sont mal gérées, sans parler du possible ralliement de la France à l'OTAN qui brise la capacité de notre pays de dire non et de manifester son indépendance lors des conflits internationaux. Sarkozy est selon lui davantage "le représentant de ses partisans" que le représentant de la France.
 
Il souhaite poursuivre son "combat pour un pluralisme en France"...pour construire et présenter "une alternative démocratique aux Français". Il ajoute : "ce projet ne pourra être défini, porté et défendu que par un mouvement politique assuré de lui-même, décidé à résister aux menaces et aux tentations, où les élus sont en phase avec les adhérents et les militants, et où les militants eux-mêmes sont cohérents." En clair, il s'agit de former un rassemblement de personnes engagées sincèrement et sans aspiration politicienne, assurer en interne un bouclier anti-chocs externes. Se protéger de l'extérieur qui tue le parti en rendant l'intérieur cohérent.
 
Mais comme aucune analyse sur les causes internes n'a été effectuée, on peut se demander par quelle magie l'interne va se transformer tout d'un coup en un ensemble cohérent et uni, complètement hermétique à toute influence externe... Rappelant enfin l'existence des adhérents et le rôle consultatif qu'on peut leur attribuer, il indique une prochaine consultation de sa base :
"Je le dis aux adhérents qui ont fait le Mouvement démocrate : c’est maintenant à vous de vous exprimer. C’est votre détermination qui fera tranquillement échec à toutes les manœuvres, d’où qu’elles viennent. Je vous appelle à exprimer votre conviction, à prendre à votre tour les choses en main.
Je vais donc soumettre au suffrage des adhérents, dans une consultation à laquelle chacun sera associé, un texte d’orientation qui ne laissera aucune place à l’ambiguïté."
 
"C'est maintenant à vous de vous exprimer" :
depuis combien de temps les adhérents s'expriment-ils? Ont-ils attendu pour dénoncer certaines manoeuvres en cours, certains dangers à éviter, et surtout leurs aspirations à une démocratie interne qui prendrait en compte toute la richesse intellectuelle et pleine d'énergie des militants les plus engagés et les plus fidèles au projet de refondation démocratique? François Bayrou a indiqué également que "si les adhérents ne (le) suivaient pas", il cesserait "évidemment" d'exercer ses fonctions à la tête du parti. Mais qui d'autre à la place? Non M Bayrou, vous devez rester à votre place et enfin justement faire le diagnostic interne qui manque dans l'analyse de la crise actuelle qu'est en train de vivre votre parti, notre parti. Ecouter  des personnes comme Corinne Lepage et les signataires de Construire en Mouvement, qui insistent sur la manière dont on peut construire le Mouvement Démocrate dans le respect du projet original et de la diversité des adhérents, anciens et nouveaux. Avant de poser l'isolation sur un chantier pour abriter des nuisances extérieures, ne prépare-t-on pas d'abord les fondations, puis les murs, en lisant les plans des architectes? Soyez l'architecte d'un édifice, pas le rénovateur d'un bunker. Et la question de la tête du parti ne se posera pas.

 

En complément, le dicours sur lequel s'est appuyé François Bayrou lors de sa conférence de presse : ici.

Le Monde en grève

539097bac916ae20374cb8835654a68a.jpgL'édition du mardi 15 avril 2008 du journal LE MONDE ne paraîtra pas. C'est le 1er mouvement de grève depuis 1976 (protestation contre l'acquisition par le groupe le groupe Hersant de "France-Soir"). 

En effet, suite à l'annonce de la suppression de 130 postes préconisée par le plan de redressement économique, l'intersyndicale demande un vrai dialogue social. Parmi ces 130 postes, deux tiers appartiennent à la rédaction et représentent un quart des journalistes.

 

A l'heure où la presse écrite est en crise, impuissante devant la déferlante des gratuits et de la diffusion des infos sur le net, la qualité qui garantissait la réputation des articles du Monde risque d'être remise en question si la diversité des thèmes et des sujets auxquels nous sommes habitués souffre de capacités de traitement par un effectif moins dense.

Le débat sur la liberté de la presse et ses conditions est ainsi relancé.

Comment être en veille active sur tous les événements du monde et rester objectif, comment intéresser les lecteurs, comment encourager les débats, ...?

13.04.2008

Solidarité et déficit budgétaire : remise en cause de la loi TEPA

La Loi n° 2007-1223 du 21 août 2007 en faveur du travail, de l'emploi et du pouvoir d'achat (dite loi TEPA, ou "paquet fiscal" ), qui a été adoptée par le Parlement  le 1er Août 2007, et mise en vigueur le 1er octobre 2007, n'en finit pas d'être remise en question...
 
Cette semaine, suite au rapport de Didier Migaud (président socialiste de la commission des finances de l’Assemblée nationale), on apprend que le dispositif relatif aux heures supplémentaires coûterait à l'état 4.1 milliards d'Euros, alors qu'il rapporterait 3.6 milliards d'euros en pouvoir d'achat à ceux qui en bénéficient. En effet, ce que le gouvernement nous présente en tant que réussite, à savoir les bénéfices engendrés par les heures supplémentaires et l'augmentation du "pouvoir d'achat" qui en découle, est tronqué : la plupart des heures qui sont décomptées pour mesurer l'impact de ce dispositif ne se rajoutent pas aux heures supplémentaires déjà effectuées avant, car la loi relative aux 35 heures permettait déjà de faire travailler les salariés 39 heures par semaine, en payant les heures dépassant le cadre des 35 heures en heures supplémentaires, ce qui était pratique courante. Ainsi chacun peut bénéficier des exonérations patronales ou sociales sans pour autant augmenter son temps de travail ou celui de ses salariés! D'où un coût important pour l'état, et peu de changements dans les plannings et les porte-monnaie!
 
En outre, le RSA, Revenu de Solidarité Active, coûterait maintenant trop cher à l'état, eu égard à la dette et au déficit budgétaire. Destiné aux allocataires du RMI ou de l'API (allocation parent isolé) afin de leur permettre d'augmenter leurs revenus dès le retour à l'emploi (alors que jusqu'à présent, le premier salaire s'accompagnait souvent de la perte des aides sociales et d'une diminution du budget global du foyer), ce dispositif est déjà testé dans 34 départements, et selon Martin Hirsch (cf. le Monde), il serait "sur la bonne voie" : interrogé par Laurence Ferrari lors de l'émission "Dimanche Plus" aujourd'hui sur Canal +, il souhaite mettre un "coup d'accélérateur" à ce projet, en le généralisant à tout le territoire français, et pour illustrer ses propos, le reportage diffusé montrait beaucoup d'optimisme de la part des bénéficiaires du RSA et des messages de soutien à l'ancien Président d'Emmaüs. Mais François Fillon ne l'entend pas ainsi, en tout cas, il ne pourra pas répondre à la demande du budget estimé à 2 voire 3 milliards d'euros pour 2009.
 
Encourager des personnes isolées des contraintes de la vie d'un salarié au retour à l'emploi, par un revenu supplémentaire, paraît une bonne solution pour ceux qui doivent réorganiser leur vie en fonction d'un nouvel emploi du temps fixé par des horaires de travail : faire garder les enfants, les coûts de transport, etc, sont autant de dépenses à rajouter sur le budget familial. Mais redonne-t-on pour autant du sens au mot "travail"? En partie oui, c'est vrai pour les personnes qui justement sont à la recherche d'un emploi, parce qu'ils sont ainsi rassurés sur le manque à gagner s'ils répondent à des offres de poste. Mais pour ceux qui ne sont pas dans cette démarche, appartenant d'une certaine manière aux "exclus" (personnes non qualifiées dans certaines banlieues, alcooliques, malades, ...) ou n'ayant jamais travaillé, et qui se sont habitués à vivre avec les aides, il faudra aller encore plus loin... mais sans budget. Tout attendre de l'Etat? Non et heureusement, mais comment redonner du sens au "lien social" à tous ces gens? Les associations de quartier, souvent ne demandent pas mieux, mais manquent de moyen. Responsabiliser les citoyens pour qu'ils accomplissent eux-mêmes ce que l'Etat n'est pas en mesure de faire justement parce que certaines priorités nécessitent d'autres chantiers, c'est peut-être surtout le rôle des collectivités locales, qui choisissent les destinataires des subventions allouées, dans le cadre d'un projet de société global. Mais avec une assemblée nationale à majorité UMP et des collectivités locales plutôt à gauche, le projet global a encore quelques années devant lui de dissonances... Des oppositions politiciennes au détriment de la "solidarité active", encore un combat pour Martin Hirsch qui en connaît bien les problématiques.
 
Pour finir, une citation de Jean-François Kahn, Abécédaire mal pensant :
"Pouvoir d'achat : Expression qui s'est peu à peu substituée à la notion de "salaire" et de "rémunération". Il est significatif qu'elle renvoie aux moyens qui permettent, non plus l'affirmation de l'être, mais l'accumulation d'un avoir, non pour se réaliser, mais pour acheter..."

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