« l'Intégration au banc d'essai | Page d'accueil | invitation : journée pour une démocratie vivante »

23.04.2008

Matraquage médiatique au détriment de la libération d'Ingrid Bétancourt

73b6dcb5afd17440b62e6f34b3266542.jpg Déjà plus de 6 ans de captivité et de nombreuses tentatives de libération, mais malgré tout, Ingrid Bétancourt reste prisonnière des FARC; publiée dans Mediapart, l'enquête de Thomas Cantaloube met en lumière les faiblesses de tout le processus de libération de l'otage franco-colombienne.
 
En 2002, Ingrid Bétancourt était déjà très connue, notamment grâce à son livre, La Rage au coeur, et surtout grâce à ses relations amicales entretenues avec Dominique de Villepin. Sa célébrité va être déterminante par la suite pour la gestion des opérations de libération.
En effet, la famille d'Ingrid, notamment ses deux enfants Mélanie et Lorenzo, ainsi que l'ex-mari Fabrice Delloye, sont omniprésents à la télévision, et dans les différents médias, car à coups de manifestations, de déclarations, de créations d'événements, ils entretiennent une démarche très vive de communication, qui, par l'effet de la douleur de la famille, privilégient les effets d'annonces, les informations exclusives (qui se contredisent parfois les unes avec les autres), et les retournements de situation.  On assiste ainsi à du "sentimentalisme" et non à de l'information.
 
Thomas Cantaloube insiste également sur la méconnaissance de la situation colombienne, sur des informations trop superficielles en possession des intervenants et des organisateurs de la libération, qui, ne comprenant pas le contexte, font perdre sa crédibilité à la France dans les négociations.
 
C'est donc la stratégie mise en oeuvre qui est dénoncée : celle de la médiatisation qui "plonge dans une grande marmite les ingrédients de l'émotion, de la douleur des familles, de la diplomatie publique, de l'indignation facile et des raccourcis politiques qui conduisent à une ignorance de la situation colombienne à l'origine du rapt d'Ingrid Bétancourt". La situation politique, économique et sociale de la Colombie a évolué, ce que l'Elysée ne comprend pas non plus, et ce qui contribue à accentuer l'inefficacité de la France dans cette affaire
 
Jean-Jacques Kourliandsky, chercheur à l'IRIS (Institut de Relations Internationales et Stratégiques) et auteur de l'ouvrage Ingrid Bétancourt, Par-delà les apparences déclare : "Le président français est tout sauf naïf. Il ne s'adresse pas aux FARC mais à l'opinion française. L'envoi du Falcon et le dernier appel à Manuel Marulanda sont intervenus à des moments de difficultés internes à la majorité et lors du débat sur l'Afghanistan au Parlement. Ingrid Bétancourt est devenue une variable d'ajustement humanitaire".
 
Sarkosy va s'adresser demain soir aux Français, par le biais de la télévision, suite à sa baisse de popularité, et répondra de nouveau vraisemblablement à des questions relatives à ses relations avec la presse. Apparemment les journalistes sont mieux renseignés que nos gouvernants, et réalisent un travail de fond beaucoup plus précis. On pourrait demander à notre Hyper Président de changer ses relations avec la presse en l'utilisant davantage pour apprendre, que pour sa promotion.
 
Jacques Thomet met à jour son blog régulièrement concernant l'actualité de Ingrid Bétancourt : ici

894de7acecd34cf255b2f045bf87e30f.jpg