14.11.2009

Le Mur a pu "raser" à la fin. D’autres murs hérissent encore

Ce blog est ouvert aussi à d'autres plumes (d'autant plus que la mienne est en repos...) :

Ci-dessous un texte de mon ami Antoine Spohr, publié cette semaine sur Agoravox, et qu'il a accepté gentiment à la disposition de ma besace :

 

 

« Trop c’est trop, même quand c’est de la prière » disait ma grand’mère bigote pourtant. Platon, quelque 25 siècles plus tôt, parlait lui-même de l’ hybris. Si, rappelez vous : la démesure.

La commémoration de la chute du mur de Berlin a accaparé à l’excès nos médias. Non ? Pourquoi ? Célébrer le triomphe du capitalisme libéral démocratique sur l’échec du socialisme non démocratique ? Faire oublier d’autres murs physiques ou virtuels encore dressés ?


Bravo pour la liberté. A quel prix ?

On peut aimer l’Allemagne qui a retrouvé son unité politique sous la bannière de la République Fédérale ou au moins se réjouir de la liberté ( et le libéralisme ?-) formellement affirmée, sans donner dans la louange systématique . « Ein Volk », un peuple, çà c’est très ancien ; « eine Demokratie oder Republik »( une démocratie ou République) çà, cela a été bref pour l’ensemble, sous Weimar) ; « ein Geld », une monnaie, le mark a eu une existence agitée jusqu’à l’adoption de l’euro. Voilà l’Ouest désormais pour tous les Allemands, depuis bientôt vingt ans.

Avec un peu de recul ou de distanciation, comme on dit là-bas dans certaines circonstances, on doit quand même chercher à échapper aux chants d’ actions grâces et de gloire, sans bémols ou dièses. 

Ceux qui ont vu « Good bye Lenin » ou « La vie des autres » auront pu focaliser leur attention d’abord sur la condition des milieux prolétariens dans le premier film, puis sur les milieux d’intellectuels ou d’artistes dans le second, tous deux, oeuvres hors du commun . 

D’abord, qu’on se souvienne de la condition ouvrière dans toute l’Europe dévastée par la guerre et pour nous plus précisément, de nos mineurs de Lorraine ou du Nord, des métallos de tout le pays, des petits agriculteurs avant des réformes, des artisans, des petits commerçants et d’autres. 

De leur côté des intellectuels prestigieux, philosophes, économistes, écrivains, poètes prétendaient éclairer l’avenir de leurs espérances dans le communisme. Tous ces gens étaient-ils si loin les uns des autres, du moins dans un premier temps, après la défaite du nazisme ou de la plupart des fascismes ? Ils étaient au contraire souvent très proches, pas tout à fait par l’ idéologie pour le prolétariat qui avait recours aux syndicats, politisés bien souvent à son insu. 

Pour les élites, on voudra bien admettre que d’aucuns étaient dans l’ignorance du totalitarisme criminel qui s’était mis en place à l’Est. Vieux débat.

 Sait on encore qu’il y a eu des longs délais d’attente pour la 2 CV et pour la 4 CV comme pour la Traband..... ? Quel paramètre de l’économie était alors affecté ? La production ? La consommation ? Les échanges ? Les trois et partout en Europe. Etat de crise ! Peut-être pas pour tout le monde, comme à l’accoutumé.

Les effets de la croissance décrits dans « Les Trente Glorieuses » de Fourastié ( publié 1979) n’ont pas été très égalitairement répartis à l’ouest et, d’une certaine façon, restent au moins partiellement applicables à l’Allemagne de l’Est. 

Ainsi la grande difficulté qui semble être devenue le corollaire des progrès exprimés par la croissance globale, sans choix, est celle de l’emploi et donc du chômage qui pollue toutes les sociétés ou économies dites développées. Là au moins, les « Ossis »( Allemands de l’ex DDR ou RDA) étaient restés à l’abri parce qu’ils étaient, par l’emploi, exemptés d’ une désocialisation que chez nous, le chômage promeut, conjointement, à vive allure. Du temps des Houillères du Bassin de Lorraine, entreprise nationale, les employés profitaient dans une France d’économie mixte, d’avantages sociaux de solidarité ( santé, loisirs, économat solidaire, vacances...) comme le prolétariat de l’Allemagne de l’Est, jusqu’à la chute du mur. Paternalisme d’ Etat ? Il était pratiqué aussi dans « le privé » le plus avisé.

Faut-il pour autant en revenir à ce socialisme si liberticide dans l’univers soviétique ? Renoncer à la croissance dans une définition nouvelle qui se profile ? Certes non. 

 

Les autres murs.

Mais c’est une occasion de plus pour réfléchir à nos valeurs réelles, aux aspirations que le plus grand nombre pourrait partager et partant, surtout aux priorités, à l’urgence. Des rêves communs et réalisables ! Des utopies approchables !

Quitte à ressasser des poncifs, j’ose ici à l’occasion de cette commémoration triomphale, mettre en cause un ultra-libéralisme qui montre tous les jours ses cruelles limites, qui ne sait se discipliner ni se réformer ou s’amender, qui perd la boule au casino des spéculations financières et qui, à terme, s’auto-détruira, laissant des ruines pour tous, y compris pour ses responsables enfin désabusés. 

Contrairement aux remparts de Jéricho, aucune trompette, serait-ce celle d’un improbable nouveau Josué, ne suffira à raser les murs de tous les « Walls( murs) Street » de la planète. Est-ce d’ailleurs nécessaire si on n’y cède pas à la démesure, et qu’on rende ces murs transparents et contrôlables ? Mais par qui ?

Pourtant une volonté politique réelle issue d’une démocratie éclairée et non dévoyée par une information scabreuse et bling-bling, ridicule comme celle qui a accompagné la célébration, peut donner le la et rythmer la vie économique et donc sociale du monde . La partition ne s’écrit pas qu’ici , même si c’est ici qu’il faut commencer, en France, en Europe et en Occident car ici aussi subsistent des murs d’intérêts corporatistes ou nationaux, d’ailleurs souvent mal compris parce qu’à trop courte vue. 

Si on ne veut pas limiter la réflexion et le débat possible à ces murs là, il reste loisible et sans doute incontournable de penser à d’autres formes comme celui de Jérusalem, celui que constitue la Méditerranée arpentée par les contrôles de l’espace Schengen, celui plus vaste encore de l’incompréhension des peuples gavés d’intolérance religieuse ou idéologique... Et celui qu’il faut essayer d’abattre en nous-même . 

Robert Badinter disait, il y a quelques mois dans son allocution de récipiendaire du prix de la tolérance « Marcel Rudloff » à Strasbourg :

« La tolérance je ne sais trop ce que c’est, mais l’intolérance, çà oui, je le sais . » A méditer.

Antoine Spohr.

02.11.2009

ambiance au travail, romans, Dr House et Dr Ross

2 novembre, journée des prix Goncourt et Renaudot que je ne m'aviserai pas de commenter n'étant ni une adepte des prix, et surtout, ne connaissant pas tous les auteurs en lice... Ces prix permettent surtout aux auteurs de se faire connaître et de donner envie aux lecteurs de les découvrir, c'est surtout ça l'intérêt!
 
Disons que je profite de l'événement, parce que Delphine de Vigan faisait partie des prétendants pour le Goncourt, elle n'a eu qu'une voix aujourd'hui, mais elle a écrit Les heures souterraines, et c'est déjà tout ce qu'on pouvait espérer lire de mieux en ce moment au sujet du thème très actuel du harcèlement moral des cadres sur le lieu de travail, celui qui fait croire aux cadres qu'ils sont inutiles et qui ne leur permet d'exister qu'au regard de leurs objectifs. Et quand l'objectif n'est rattaché à rien d'autre qu'à lui-même, quand on ne lui donne pas du sens autre que celui du but ultime, pas facile de l'atteindre, de les atteindre, mais très facile d'être atteint au contraire soi-même par ces objectifs devenus maîtres de tout, et mesures de toutes choses.


 
La lecture est une des meilleures opportunités d'évasion et de retour sur la personne et son histoire. Delphine de Vigan ne nous montre pas l'échec d'une personne (et même de deux personnages dont les histoires parallèles se conjuguent parfaitement par des mouvement opposés, la course et l'immobilisme), elle nous montre une personne dans son environnement de travail, dans un contexte complexe d'interactions entre des personnes qui ne veulent pas se comprendre, se rencontrer. Aujourd'hui où l'on est surtout identifié par des statuts (travailleur/chômeur, apte à recevoir l'identité nationale/inapte, avec ou sans papier, méritant/non méritants,...), et le futur ne se dessine que par des objectifs (quand ils sont accompagnés, ce ne sont plus seulement des objectifs, c'est une cohésion), il apparait que l'on est soit inclu, soit exclu dans un système donné. Le roman lui, dépasse les systèmes, il décrit et montre les personnes transversalement, avec leur histoire, leurs émotions, leurs ambitions, leur volonté, leurs faiblesses. Ca change du langage SMS ou de celui de Facebook, c'est plus ... existant, c'est un type de partage plus personnel.


 
Quand on milite pour l'accompagnement individualisé - et personnalisé - des parcours professionnels, à l'intérieur et au-dehors du système entreprise, du système Pôle Emploi et du système scolaire, on milite aussi pour le sens qu'on donne au travail, travail qui a de plus en plus de synonymes approximatifs (boulot, taf,...) dévalorisants, parce qu'on parle de moins en moins des métiers. On cherche un boulot, pas un métier. C'est le boulot qui fait vivre, pas forcément le métier... Les objectifs du boulot sont difficiles à atteindre, stressants... Les objectifs relatifs à un métier sont au contraire les exemples d'une continuité dans la progression... Problème de vocabulaire en entreprise? Les notes de services ne sont pas des romans et n'ont pas ce rôle. Mais elles sont parfois très froides sans les relations humaines. Et les entretiens individuels se transforment quelquefois en audience à la cour, les plans d'action en peine infligée au coupable, on formalise tout tout tout par écrit, non pas pour éclaircir les propos mais pour se couvrir... Malaise.

 

 

On fait de plus en plus appel à des coachs, des psys, des médocs, des médecins... On met des pansements sur les plaies, mais on ne fait pas appel à Docteur House pour diagnostiquer l'origine de ces plaies... (il est vrai, je le concède, que c'est Docteur Ross le plus sexy quand il distribue son nespresso, qui d'ailleurs grâce à sa caféine, permet de tenir tête à la fatigue, et d'atteindre plus "facilement" ses objectifs)...

 

Dans tous les plans Emploi qui se dessinent, l'urgence du "sens" est à prendre en compte absolument. Dans toutes les perspectives de dialogue social, l'individualisation des parcours professionnels par un suivi personnalisé (objectifs avec accompagnement!!!) doit prendre sa place petit à petit, comme dans les plans de reclassement. Utopique? Disons que si dans certaines structures on est loin du compte, il est temps de ne plus traiter les personnes comme des dossiers. Comme dans les romans. Tiens d'ailleurs qu'est-ce que je pourrais bien lire ce soir?

12.10.2009

Management, motivation et ... reporting

Avant de reprendre plus sérieusement la plume et le clavier sur les perspectives de l'emploi en cette fin d'année, je reviens brièvement sur les techniques de management en entreprise en période critique.
 
En effet, à l'heure où l'on favorise les jeunes (...) dans le Plan Emploi avec mesures d'urgence et projets à long terme, il est bon de s'interroger sur les effets pervers de la crise en termes de management. Parce que c'est bien beau d'accompagner nos jeunes sur les chemins de l'emploi, mais va savoir ce qui les attend...
 
Quand on voit ce qui se passe dans certaines entreprises dont les managers sont impliqués dans des épisodes tragiques (suicides, maladies professionnelles, stress, burn out, etc) alors qu'ils sont expérimentés, peut-être faut-il de préférence envisager la nomination sur des postes managériaux de jeunes qui n'ont jamais managé et donc n'ont pas pris de mauvaises habitudes, et qui n'ont jamais été managés non plus et donc n'ont pas suivi de mauvais exemples... ??? En tout cas, cela semble être une option choisie, et donc, on peut se féliciter de voir arriver Jean Sarkozy sur un poste hautement stratégique... Du haut de ses 23 ans, grâce à son passage brillant en 2ème année de droit (félicitations encore!),  il va apporter fraîcheur et renouveau des pratiques dans cet univers complexe, espérons que comme son père, il saura nous donner des leçons, à nous pauvres niais, ensuite.

 

Est-ce que cela est bien raisonnable? Devons-nous accompagner tous les copains et toute la promo de Jean, alias Sarko II, et les placer sur ce type de postes? That is the question...
 
Le magazine Liaisons sociales publie ce mois-ci l'interview de Michela Marzano, philosophe et spécialisée dans la réflexion sur le management et le coaching (qu'elle critique vivement) entre autres. Elle a publié en 2008 : Extension du domaine de la manipulation : de l'entreprise à la vie privée.
 
Dans cette interview, je relève plusieurs points intéressants :
- Elle explique à quel point la réussite professionnelle se confond aujourd'hui avec la réussite de sa vie. L'entreprise donnerait du sens à la vie. D'où l'intérêt pour les managers d'indiquer les directions à prendre à long terme pour mobiliser leurs équipes. 
A l'heure de la crise, les directions se sont profondément modifiées, les contradictions sont de plus en plus nombreuses : les objectifs changent sans arrêt, certains projets sont interrompus ou abandonnés brutalement, et qui est-ce qui est responsable quand tout cela ne fonctionne plus??? Euh... Les salariés. (managers et exécutants). Et les difficultés et échecs se répercutent dans la vie toute entière tellement l'emploi a pris de la place.
 
- Elle rappelle donc les avantages de la philosophie stoïcienne dans ces périodes complexes : nous pouvons effectivement agir sur les choses qui dépendent de nous, mais il subsistera toujours des domaines sur lesquels nous n'avons aucun pouvoir. "Aujourd'hui, on a tendance à croire qu'il n'y a pas d'alternative entre le volontarisme -"je veux, donc je peux"-, qui est un leurre, et l'immobilisme. C'est faux. Ce qui compte, c'est d'être en mouvement , même s'il existe une contrainte à l'intérieur de ce mouvement, des obstacles. L'important est de savoir les reconnaître pour les contourner".
En effet, on a tendance dans certaines entreprises, à croire que si l'état psychologique des personnes est soigné (parce qu'ils répondent qu'ils vont bien), ils pourront travailler mieux. Que les résultats dépendent uniquement des salariés et pas de l'environnement. Santé et rentabilité ne devraient pourtant pas être liés... Car on ne peut pas tout faire.

Le métier de managers est donc de plus en plus complexe et leurs responsabilités sont de plus en plus engagées dans l'évolution des salariés. Pourront-ils "tenir" ou pas? Impossible de gérer l'environnement externe, mais il faut continuer à encourager les salariés... sans tomber dans le piège de "faire comme si" ils pouvaient modifier leur environnement, sans les considérer comme des personnes qui "peuvent tout changer", sachant que c'est aussi ce qu'on attend d'eux-mêmes en ce moment. Et sans pour autant les inviter à se résigner.

 

Les Ressources "Humaines" prennent un nouveau sens : préserver l'humain dans la valse des objectifs de manière à préserver l'engagement et les capacités à progresser.

Accompagner les managers pour que le pilotage de la performance se réduise à du travail et non à des objectifs vitaux.

 

Le management change, les techniques doivent s'adapter...
 
 
Mais certains surdoués peuvent le faire dès 23 ans! Bravo encore à Jean Sarkozy à qui l'on souhaite une belle réussite en tant que patron manager... volontariste, et grande fierté de son papa, allergique à l'immobilisme...
 

 

Voilà à quoi ressembe un entretien... à éviter. Remettre l'homme au centre... 

 

09.10.2009

Les gentils et les méchants : adieu les Bisounours, bienvenue chez nous

"Une loi ne pourra jamais obliger un homme à m'aimer mais il est important qu'elle lui interdise de me lyncher." Martin Luther King

On pourrait citer Alain Juppé aussi, déformer légèrement ses propos et ça donnerait : "Toute personne médiatique, on la lèche, on la lâche, on la lynche"...
 
N'étant pas favorable à certains types de buzz, je m'abstiendrai de commenter certains événements qui font la une de tous les médias et qui sont dans toutes les bouches des opportunistes qui ont besoin de faire parler d'eux. Depuis quelques jours/semaines, on ne les arrête plus. Et puis, ce n'est que la partie visible... du bûcher.
 
On en est là : la société spectacle n'a que deux côtés : il y a les gentils et les méchants.
Il y a les donneurs de leçons et les méchants.
Il y a ceux qui jugent et les méchants.
Il y a ceux qui savent et les méchants.
Il y a ceux qui applaudissent et les méchants.
Il y a ceux qui lynchent et les méchants.
 
Montrez-les du doigt et dénoncez-les, qu'on les envoie tous à l'échafaud, au camp, dans les wagons. Ils sont si méchants.
 
Les méchants n'ont pas d'histoire. Les méchants sont indépendants des contextes dans lesquels ils évoluent. Les méchants sont des choses vides qui sont juste des méchants sans âme. Les méchants ne sont pas des hommes, ils n'ont pas le droit d'être défendus.
 
Elle est belle notre société.
 
Faudra juste redéfinir le terme "gentil". Je vois bien des synonymes aussi divers que variés, mais s'adressant malgré tout à cette seule catégorie : les mafieux, les manipulateurs, les menteurs, les naïfs, les passifs, les sincères et les honnêtes aussi... Combien parmi eux ont-ils du recul sur les choses et sortent de leur cocon surconsommateur pour réfléchir avant de condamner? Bêêêê...
 
Nous vivons dans un monde où la valeur est fondée sur "l'avoir" : avoir une bonne réputation, avoir l'air normal, avoir l'air d'être connecté aux autres, avoir plus de plus pour être un exemple...
La personne? Pffff... tu veux parler de l'autre avec son histoire là? Pfff... Tu voudrais dire qu'on peut simplement ETRE quelqu'un?
 
L'écoute... doit précéder le jugement. Toute PERSONNE a le droit d'être défendue, et de s'expliquer. Toutes les fautes peuvent être condamnées, mais objectivement, et pas sous le coup de l'émotion parce que c'est celui qui parle le plus fort qui a raison... C'est celui qui excitera le plus le voyeurisme et qui racolera le plus de faibles en mal d'émotion qui aura encore raison. Tant qu'on continuera comme ça. Tant qu'on cherchera à avoir le plus et à ne pas être quelqu'un... avec d'autres.
 
 
 
 
Et il paraitrait même que dans certains partis, on pratique le lynchage aussi. Ouais, paraîtrait qu'on a besoin de se défouler sur les autres partout pour se rassurer; on ne cherche plus à avertir, on condamne, on lynche. 
Et on se laisse entraîner par les moralisateurs qui ont un miroir bien poussiéreux...
 
 
 
Bref, la colère passée, je reprends l'écriture de billets. A suivre des billets sur l'emploi, sur l'entreprise. Et sur les gens. Juste pour ce qu'ils sont. En essayant d'ETRE une blogueuse et pas seulement d'AVOIR un support pour répandre tout et n'importe quoi...

24.09.2009

Mes livres à la chaîne

Philippe le mécano fait son malin en me taguant à propos de la chaîne de la lecture :

 "Nous allons rentrer dans la 6 ieme dimension, celle où tout devient possible, où le monde perd ses repères, la pesanteur s'inverse, tout file au plafond:  le Mecano Tague Nelly en Lecture…."  dit-il... c'est ce qu'on va voir!

La lecture restant un de mes passe-temps favoris, je réponds avec plaisir...

Et si entre temps, vous pouvez me divulguer quelques manières de classer des centaines de livres chez soi sans n'en dissimuler aucun et sans bazar, je suis preneuse...

 

 

 

 

 

1 – Plutôt corné ou marque page

Marque page, j'adore d'ailleurs les marque pages en bois ou très "déco", c'est mon côté snobinarde... Si j'avais des problèmes de vue, je porterais même des binocles d'époque pour avoir encore plus de style...

 

 

2 – As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?

Oui ! D'ailleurs, je vous le conseille à tous de m'en offrir ;-). Le nouveau Philip Roth sort la semaine prochaine, ce serait sympa merci.
 
.

3 – Lis-tu dans ton bain ?

Oui, et certains bouquins s'en souviennent...


 

4 – As-tu déjà pensé à écrire un livre ?

A suivre...

 

 

5 – Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ?

Rien de spécial, j'ai lu les Misérables il y a quelques années, c'était fabuleux. Ce n'est pas de ce type de livres dont vous parlez? Alors je n'en ai pas lues d'autres, ou pas encore.
 

6 – As-tu un livre culte ?

Ouais mais franchement, je risque de passer pour une allumée...

 

 

7– Rencontrer ou non l’auteur du livre ?

Je n'en fais pas une obsession, puisqu'on les rencontre surtout en lisant plusieurs de leurs livres. Mais j'avoue apprécier certaines rencontres telles que celles que j'ai eue avec Edgar Morin, c'est plutôt émouvant, même si nos échanges furent brefs. On peut écouter un auteur parler de son livre, de l’histoire de son existence, mais la vraie rencontre est plutôt dans les pages qui nous questionnent davantage… Mais dès que je peux, j’aime bien aller à des présentations dans les librairies.
 
 

8 – Aimes-tu parler de tes lectures ?

Presque systématiquement.
 
 
 

9 – Comment choisis-tu tes livres ?

Soit par l'auteur, soit parce que le titre et le quatrième de couverture m'inspirent. 
 

10 – Aimes-tu relire ?

Un livre culte se relit, ou parfois certains passages surlignés, oui.

 

 

 

11 – Une lecture inavouable ?

Certains journaux de presse dite « indépendante »… de toute neutralité… Donc le Figaro, ou d’autres…

 

 

 

12- Des endroits préférés pour lire ?

Canapé ou lit, transat, baignoire, bref, allongée c’est top...

 

 

13 – Un livre idéal serait pour toi ?

Bien écrit et dont l’histoire ou les thèses me marquent longtemps.

 

 

 

14 - Lire et manger ?

Euh, non pas encore

 

 

 

15 – Lecture en silence, en musique, peu importe ?

Peu importe. Parfois c’est dur dans les transports en commun quand il y a trop de monde.

 

 

 

16 – Le Livre te tombe des mains, tu vas quand même jusqu’au bout ?

Ben oui.

 

 

 

17 – L’auteur que tu regrettes de ne pas avoir lu ?

Il en reste des milliards.

 

 

 

 

18 – Ton livre de chevet tout de suite ?

Ceci n’est pas une crise, de Philippe Dessertine, et en même temps l’Elegance du Hérisson de Muriel Barbery et en même temps le dernier numéro de l’Européen et en même temps… euh oui ça va j’ai compris… 

 

 

Alors les lecteurs à interroger : Orange Sanguine, Barrejadis et Olympe.

22.09.2009

Le temps des MoDemettes

Olympe, dont le blog féministe est à suivre absolument, s'interroge de nouveau sur la parité en politique et me sollicite pour donner mon avis concernant la parité au MoDem à l'occasion des Elections Régionales, notamment dans le choix des têtes de liste. (l'Hérétique a également répondu à la question, ici). En effet, on ne peut que constater que les présidents de région sont très très très rarement des femmes (on en compte deux en France).
 
La parité n'a jamais fait partie de mes (nombreux!) combats internes au Mouvement Démocrate, parce que même minoritaires (1/3 de femmes parmi les adhérents), les militantEs n'ont aucun mal à se faire entendre, en tout cas dans le Bas-Rhin. Lors des élections internes, 4 listes s'affrontaient pour la Présidence, dont 3 menées par des femmes, et c'est aussi une femme qui a gagné. Mais elles sont néanmoins minoritaires au bureau. Par contre, expressives...

 

armoire à balai.jpgEn même temps, j'en ai plus qu'assez d'entendre des invitations  à être présente sur une liste du type "On a besoin de toi sur la liste parce qu'on a besoin de femmes", adressées à des femmes pourtant compétentes et qui ont une vraie valeur ajoutée. Dans un parti idéal, qui souhaiterait renouveler les pratiques et travailler surtout sur un projet et présenter des candidats compétents, ce type d'invitation est absolument inconcevable. Et pourtant, ça arrive encore un peu partout... Donc cette question mérite d'être mise en valeur.
 
Je crois que si effectivement, comme nous l'avions dit et promis au départ, nous avons à coeur de "faire de la politique autrement" (...) et de défendre la démocratie avant tout, c'est l'éducation de nos concitoyens et donc de nos militants qui est prioritaire afin de leur permettre de : 

  • comprendre leur environnement externe (avec tout ce que cela sous-entend comme influences et interconnexions sociales, complexité et contraintes juridiques, économiques, globales, etc, chances et opportunités de construire,...)
  • pouvoir choisir parmi des propositions et pouvoir participer aux décisions.

 

Quand on voit comment les citoyens américains répondent à Obama pourtant pédagogue et volontariste, porteur d'un projet indispensable en terme de réforme de santé, on se dit que la population n'est pas en mesure de comprendre ce vers quoi elle tend, en tout cas là-bas. Avec le gouvernement français actuel qui souhaite abreuver nos temps de cerveau disponibles avec du "consommer plus pour penser moins", on en prend le chemin. Donc donnons les moyens à tous de comprendre les enjeux des grandes questions politiques. Ce type d'ouverture d'esprit conduit nécessairement à la reconnaissance de la place des femmes dans la société, et a fortiori dans les postes de direction. Quand on est capable de comprendre, on est capable de choisir. Choisir les meilleures solutions possibles, choisir les meilleur(e)s représentant(e)s possibles. On ne pensera pas tous la même chose, mais on saura pourquoi on le pense.

 

Bref, on n'en est pas encore là, ce n'est pas une raison pour baisser les bras.

D'ailleurs, il y a suffisamment de personnes qui ont faim pour qu'on pense aussi aux besoins dits "primaires" et à de nombreuses autres priorités urgentes. Mais l'éducation, c'est du long terme, et c'est un des fondements de la démocratie. Il ne s'agit pas de faire en sorte que tout le monde soit bachelier, surtout pas, mais juste de nous aider à penser et choisir. 

 

En attendant, on choisit des personnes en fonction aussi de critères liés à des rapports de force, et on oublie parfois nos ambitions de réinventer les pratiques. Je ne me sentirai pas forcément mieux représentée si des femmes sont têtes de liste, je ne me sentirai représentée que si chaque tête de liste prend la peine d'être garant/e des compétences de son équipe capable de répondre aux questions régionales dans l'esprit démocratique que nous nous sommes fixés, ce qui implique la reconnaissance de la femme. A suivre...

14.09.2009

Le cinéma au miroir de l’homme

Il y a la vraie vie pour rencontrer les vrais gens.

Et puis il y a tous ceux que nous ne rencontrerons jamais, nous les croiserons peut-être, nous les observerons éventuellement, nous passerons notre chemin sûrement.

ken-loach.jpgKen Loach fait partie de ceux qui vont à la rencontre de tous ces autres qui voudraient rester humblement anonymes, murés dans des souffrances morales, des douleurs familiales, des mutilations sociales... Ou d'autres plus chanceux aussi.

Un regard attentif et pudique qui guide la caméra sur des personnages vrais, authentiques et vivants... vivants parce connectés à leur quotidien, à leurs proches. Un regard attentif et pudique, mais aussi tendre et non voyeur pour tous ces autres qu'il rencontre et qu'il nous invite à rencontrer...

 

J'ai découvert Ken Loach par le biais d'un de ses films les plus atypiques, Just a kiss, il y a cinq ou six ans au cinéma. Puis j'ai enchaîné sur toute (ou presque) la filmographie des années 90, dure pour ma sensibilité (...), puis les plus récents. Son regard sur ce qu'il nomme "les déshérités".

 

Avec Ken Loach, on ne s'identifie pas aux personnages, on les rencontre, tout simplement. L'auto-contemplation est interdite. On peut reconnaître nos faiblesses universelles et donc relatives, nos peurs, ... mais pas nos rêves et notre aspiration à les vivre par procuration en regardant tout simplement et en observant sans prendre parti... non pas de ça chez lui. Ken Loach ne nous guidera pas vers les chemins de la "bien-pensanse", au contraire, il nous entraîne vers l'empathie et la prise de position qui résulte de l'empathie et de rien d'autre.

 

C'est pour cela que je trouve le titre que le cinéma Odyssée de Strasbourg propose pour cette rétrospective de quelques-unes des oeuvres de Ken Loach très bien choisi... : le cinéma au miroir de l'homme. L'empathie est un lien typiquement humain qui nous relie aux autres, sans concession, sans condition, simplement pour la rencontre et la reconnaissance.

 

La seule chose qui m'échappe chez lui : ses options politiques en France... Mais nul n'est parfait...

 

Du 16 au 29 septembre, venez découvrir ou revoir : (lien vers le site : ici)

 

Looking for Eric

Sweet Sixteen

It’s a free World

Just a Kiss

Raining Stones

Carla’s Song

Ladybird


 

Je serais bien incapable de dire lequel j'ai préféré, je n'ai pas d'échelle pour ce type d'émotions que suscitent ces films. Ladybird m'a vraiment bouleversée, et je vous laisse découvrir simplement la bande-annonce du dernier Looking for Eric, parce que je pense que je ne l'oublierai pas...

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13.09.2009

Offre publique... de foutoir...

La politique spectacle nous a réservé une rentrée sur les chapeaux de roue, sur fond de vaudevilles affligeants et de farces dégrandantes qui encouragent vivement nos concitoyens à ne pas voter pour tous les pantins qui souhaitent nous représenter et dont les préoccupations semblent bien éloignées des nôtres...

 

On serait presque tenté de composer un podium et de décerner les "boulets d'or", d'argent et de bronze à tous ces acteurs en proposant aux spectateurs de prendre leur téléphone portable et pour une modique somme de "quelques" euros par SMS, de voter pour les nominés de la rentrée : Martine Aubry, Brice Hortefeux, les différents donneurs de leçons, Philippe de Villiers, Sarko 1er, Public Sénat, et d'autres qui ne vont pas manquer de mettre leur nez de clown d'ici la fin du mois (on pourrait même tenter des pronostics... Ségo, on t'attend). Le pire, c'est que ça pourrait marcher... et rapporter gros...

 

Mais il ne faudrait pas adhérer à cet hypothétique classement, ce serait répondre à la médiatisation fondée essentiellement sur le buzz et non pas sur les sujets de fond qui eux, animent vraiment notre société,  et influencent notre quotidien, que ce soit la perpétuelle crise économique et sociale, ou la réforme de la santé, la pollution, la scolarité de nos enfants, etc...

 

Je ne souhaite pas sous-estimer l'importance des questionnements qu'ont cependant soulevé les scènes de la politique spectacle et leur tournure inacceptable, mais simplement, je crois qu'ils sont simplement symptomatiques de la disparition de la noble politique qui s'intéresse davantage à son environnement qu'à ses mandats, au profit d'une pauvre politique qui préfère les petites phrases à l'humilité, les discours bien intentionnés aux réels débats, les tactiques politiciennes à une stratégie de parti (ce qui ne signifie pas "stratégie partisane" mais "stratégie d'un groupe"). C'est l'offre (habituelle) publique de foutoir, celle des partis actuels...

 

Comment faire en sorte que la prise de pouvoir repose sur une autorité de fait, fondée sur le charisme et la sincérité, l'honnêteté et l'engagement, le talent et le courage? Une autorité sans autoritarisme des calculs, sans triche ni mépris...

 

J'aimerais beaucoup que l'offre publique de dialogue proposée par le Mouvement Démocrate intègre à ses futurs débats ces interrogations qui ne sont pas celles de naïfs obervateurs de la politique comme l'hégémonie du buzz nous invite à le croire, mais plutôt la traduction d'un regain d'intérêt possible de tout le monde pour la politique noble, celle qui travaille pour tout le monde et pour la planète... Ce serait bénéfique pour tout le monde... et surtout pour les acteurs... Et cette requête fait partie des fondements du Mouvement Démocrate qui préconise un renouvellement des pratiques et l'émergence d'une génération politique nouvelle.

Au programme : la définition d'un débat de société, l'éducation citoyenne à la démocratie, la responsabilité d'un mandat et ses champs d'action, ...

07.09.2009

La main tendue... mais pas la joue!

De retour de La Grande Motte après un très agréable week-end rempli de bonnes surprises et de rencontres motivantes, je viens vous livrer quelques unes de mes impressions. A la différence de la presse, je suis un peu en retard, mais à la différence de la presse aussi, je ne ferai pas d'article racoleur sur des ambitions politiciennes supposées de notre parti... même si elles existent, mais une meilleure connaissance de son fonctionnement et du travail de ses membres serait souhaitée de la part de ces journaleux pseudo-enquêteurs! 
 

Tout d'abord, considérations toutes personnelles, ce fut le parcours du combattant pour arriver jusqu'au site des UR : le train de nuit, pour moi, c'est définitivement ter-mi-né, plus jamais je ne me déplacerai par ce mode de transport... Dormir en tout et pour tout moins d'une heure et tout cela en micro-séquences de 5 minutes, c'est assez éprouvant pour une bobo strasbourgeoise habituée à son confort... Ah faut être vraiment motivée pour braver les obstacles...
 
Concernant l'arrivée sur place, rien à dire, l'organisation était parfaite, l'accueil très sympa, les différents lieux de RDV bien identifiables même sans GPS (...).
Un petit regret cependant, dans le programme détaillé des manifestations, un oubli : aucune mention des commissions démocrates nationales et des RDV avec leurs animateurs... Heureusement, nous étions visibles sous notre chapiteau, et nos visiteurs ont eu le plaisir de se voir remettre le cahier de nos synthèses respectives, près de 40 pages à lire selon les centres d'intérêt, puisque 18 thématiques sont traitées. Je me suis occupée pour ma part de présenter la Commission Emploi dont je suis la nouvelle coordinatrice, ainsi que nos 5 sous-commissions, en compagnie de Chantal Dunoyer qui s'occupe de rassembler tous les supports de veille à ce sujet. Je reviendrai sur ces échanges dans un prochain billet, en tout cas de nouveaux contributeurs motivés vont venir apporter leurs propositions et analyses dans nos prochains travaux!
 
Le programme était riche et prometteur, et les interventions ont été à la hauteur des attentes!


Mon plus grand plaisir s'est manifesté dans les retrouvailles avec tous ceux que j'avais déjà croisés, soit lors des rencontres précédentes, soit de manière virtuelle par le biais des blogs. Les "stars" du web démocrate se sont retrouvées samedi midi autour du blog's pot et du buffet "Générations Engagées", on a mis des visages sur les noms et les pseudos, ce fut très convivial (j'y reviendrai).
 
Toujours intéressant d'écouter les bruits de couloir, de passer de table en table pendant les repas, de chapiteau en chapiteau pendant les animations, on se fait une petite idée de l'ambiance. Et franchement, on ne parlait  surtout que d'un sujet qui m'a cassé les oreilles tout au long du week-end : le dialogue avec la gauche! le pseudo virage à gauche! les opportunités d'alliance au premier ou second tour! Des inquiétudes de toute part, des découragements aussi, mais surtout un besoin d'éclaircissement. De bonnes blagues qui circulent (F. Bayrou serait en train d'écrire Projet de Pouvoir et Abus d'Espoir, vaut mieux en rire :-)) permettant aussi de ne pas dramatiser...

Dans le lieu idéal pour parler de contenu, d'aspects programmatiques, d'orientations stratégiques avec des intervenants extérieurs, on préfère se laisser influencer par les journaleux en mal de scoop, d'infos excusives ...

Le MoDem à gauche? Vous plaisantez ou quoi? Il est l'heure pour le Mouvement Démocrate de soigner sa comm! A Marseille, on n'a regardé que les photos et écouté que les formules choc de Marielle, au lieu de prendre du recul et de comprendre ce qui nous arrive et surtout de cerner les attentes des adhérents/militants...
 

Faire de la politique autrement, inventer de nouvelles pratiques, faire émerger des générations nouvelles, tout ça, ce n'est pas du blabla pour la plupart de ceux qui sont encore là. Mais les conditions de cette mutation dans le paysage politique ne sont toujours pas claires apparemment, pas lisibles, bref pas sexy!
 
Les Commissions Démocrates nationales ont travaillé dans cet esprit : depuis un an, au nombre de 18, elle mesurent les enjeux des changements en cours dans la société, établissent des problématiques, formulent des diagnostics, des préconisations, propositions, organisent des rencontres avec Madame et Monsieur TOUTLEMONDE!
C'est une grande étape de notre projet, on n'en parle pas assez, mais les militants ne sont pas motivés que par les calculs électoraux, ils ont une vraie soif de projet politique. Nouveau et transpartisan;  ni opportuniste, ni soufflé par les autres.
 
Ensuite le discours de Bayrou, qui même s'il occulte dans son discours ce travail conséquent et cette manifestation démocratique à l'intérieur du MoDem, est avant tout un discours qui exprime une vision, un constat, des perspectives.
 
Bien sûr qu'on peut dialoguer avec tout le monde. D'ailleurs, des rencontres ont aussi eu lieu avec Dominique de Villepin et Nicolas Dupont Aignan.
 
On a beaucoup diabolisé Sarko 1er, et pour cause! Mais l'UMP regorge aussi de personnes ouvertes à la discussion.
 

Il faut occuper des postes pour pouvoir mettre en oeuvre un projet, certes.
Mais le projet du MoDem a la qualité d'être global, de reposer sur une vision de la société française, européenne et mondiale dans son ensemble, sur des perspectives transversales d'application.
Les convergences ne reposeront sûrement pas sur cet aspect global, mais uniquement sur des aspects de détail, sur des mesures...
Mais une décision n'a pas toujours la même sens selon le projet de base et selon les interactions qu'elle suppose avec d'autres décisions, donc les effets seront différents selon le projet choisi...
 
Donc le dialogue peut avoir lieu, mais nous restons fondamentalement différents. Néanmoins, il faut avancer et choisir les meilleurs consensus possibles avant d'éclaircir la route avec un projet vraiment démocrate (tel que présenté il y a deux ans dans la revue Commentaires, par F Bayrou, à relire : ici).
 

J'espère donc :
- que le Congrès d'Arras tiendra compte des travaux des Commissions Démocrates et que les contributions qui vont être apportées se feront dans un partenariat avec ces commissions.
- que nous parvenions à trouver un mode de communication qui permette de faire comprendre où on veut aller, que nous ne sommes pas à gauche puisque pour nous, il est stérile de garder ce type de considérations "géographiques" sur l'échiquier pour construire un projet... La population n'a pas besoin de la gauche ou de la droite, elle a juste besoin qu'on comprenne ses mouvements.
 
Quand on frappe dans notre main, on peut tendre l'autre... Mais la main est un signe de reconnaissance mutuelle, de salutations, ça n'a rien avoir avec un accord.
 
 
Au boulot...

 

A suivre, d'autres billets sur les UR, les discours, et les blogueurs...

04.09.2009

Présentation des travaux des commissions nationales

Cela fera un an en octobre que les commissions nationales se sont réunies pour la première fois au siége du Mouvement Démocrate, rencontre qui a donné lieu par la suite à d'immenses travaux qui permettent de donner du contenu à notre engagement politique et de définir les axes programmatiques sur lesquels pourront s'appuyer tous nos représentants, élus, candidats, militants, s'ils le souhaitent.

 

Différents représentants des commissions sont présents à partir d'aujourd'hui aux Universités de rentrée et vous présenteront leurs travaux. En ce qui me concerne, je ferai le point avec d'autres animateurs sur la commission Emploi.

 

 

La synthèse de tous les travaux sera distribuée sur place, et j'imagine par la suite également aux absents.

Nous mettons tout en oeuvre pour nous mettre en rapport avec tous les acteurs des projets régionaux dans le cadre des élections de juin.

 

Le Programme de ces commissions pour les UR :

Vendredi
 
 
15H 15H30
Jeunesse

15H30 16H00
Intégration

16H00 16H30
Institutions

16H30 17H15
Economie Finance Croissance

17H30 19H
Social Business


Samedi
 
 
09H30 10H00
Sport

10H00 11H00
Emploi

14H30 15H00
Education

15H00 15H30
Aménagement du territoire

15H30 16H00
Communication

16H00 16H30
Culture

16H30 17H00
Justice

17H00 17H30
politique étrangère

17H30 18H15
Durabilité

18H15 19H00
Agriculture

19H30 20H15
Synthèse des commissions par Corinne Lepage

24.08.2009

Pôle Rentrée

Aïe aïe aïe, la situation du Pôle Emploi ne semble pas s'arranger. D'après le Parisien, les 250 agences Pôles Emploi d'Île de France seront demandeur d'emploi.jpgfermées aujourd'hui mardi en raison d'un besoin urgentissime de rattrapage de traitement des dossiers. En septembre vont venir s'inscrire les nouveaux diplômés, en plus de ceux qui achèvent aussi leur vie scolaire sans qualification, et de toutes les futures victimes des surprises de la rentrée en terme de plans sociaux (les sociétés de service ressentent actuellement les conséquences de la crise chez leurs clients... chacun son tour...)

 

Il paraîtrait qu'on mettra tout en oeuvre pour que Pôle Emploi ne soit plus débordé. C'est à dire? On va faire en sorte de pouvoir "traiter les dossiers"? Ou accompagner les demandeurs d'emploi?

 

Les attentes en matière d'emploi sont immenses et le gouvernement a fort à faire pour saisir ce dossier brûlant... L'idéal serait de projeter cette problématique dans une perspective globale, celle du parcours professionnel dans un environnement européen qui nous pousse à être flexible et déterminé, et donc accompagné. De la formation initiale à l'entreprise, de l'entrée dans le monde professionnel à la retraite, d'un métier obsolète à une reconversion, il faut construire des ponts. Non pas uniquement en fonction des besoins du marché selon la règle de l'offre et de la demande, mais aussi dans une perspective plus humaniste de la construction d'un parcours avec différents partenaires, du Pôle Emploi aux DRH, des instituts de formation aux postes de travail, des financeurs aux bénéficiaires...

 

Mercredi sera publié le nombre d'inscrits à Pôle Emploi en juillet. Pendant ce temps débuteront les Universités d'été de la CFDT et de la CFTC, les syndicats reprennent du service après la trêve estivale (on verra d'après les chiffres que le chômage lui ne s'est pas accordé de trêve). Jacques Delors étant présent auprès de la CFTC jeudi, on peut se réjouir d'avance d'une prise en compte des enjeux européens.

 

Le gouvernement a mis en place des mesures pour encourager l'embauche des jeunes. (cliquez ici) . Ces mesures ne s'accompagneront pas de précarité si elles engagent aussi du tutorat en entreprise avec accompagnement, transmission des savoirs, suivi. Et si en amont, le recrutement effectué (ou non) à l'aide de Pôle Emploi s'appuie non pas sur du remplissage de quotas mais sur la prise en compte d'un projet. Mais pour cela il faut du temps et de la disponibilité, et la crise accentue les carences dans ces domaines... et la perte de confiance. C'est une base de travail pour le MoDem qui doit poursuivre ses réflexions dans ce domaine.

 

 

Je signale le billet de l'Hérétique relatif à l'Emploi et à sa synthèse sur les travaux du MoDem (sans compter les futures contributions des commissions nationales... à suivre) : MoDem, mode d'emploi (article emploi)

 

Et attention les yeux, je reproduis ici un extrait d'article du Monde relatif à la fermeture de l'usine Trèves d'Aÿ, malgré d'importantes aides publiques :

 

"D'après la CGT, plus d'un millier de plaintes individuelles ont été déposées contre le groupe, car celui-ci a décidé de fermer son usine d'Aÿ, près d'Epernay (Marne), quelques semaines après avoir reçu 55 millions d'euros du Fonds de modernisation des équipementiers automobiles (FMEA). Participent à cette démarche des salariés de l'entreprise, des élus et des particuliers, qui considèrent que Trèves a employé des aides publiques d'une manière "frauduleuse", et causé, du même coup, un préjudice aux contribuables.

L'affaire débute en novembre 2008. Comme d'autres sous-traitants automobiles sévèrement touchés par la crise, Trèves annonce un vaste plan de restructuration, qui prévoit notamment une quarantaine de suppressions d'emplois (sur 130) chez PTPM, l'une de ses filiales, implantée à Aÿ. Pour protester, des salariés entament une grève de la faim. Le préfet de région et les élus s'en mêlent. Un "comité de pilotage" est mis sur pied pour étudier la faisabilité d'une poursuite de l'activité.

Le 26 mars, lors d'une réunion en présence de représentants de l'Etat, d'élus et de dirigeants de Trèves, un "plan B" est présenté, proposant des réductions d'effectifs limitées à une douzaine de postes. Cette solution semble avoir l'assentiment de tous. Mais, deux semaines plus tard, la direction indique qu'elle fermera le site d'Aÿ (tout comme celui de Crépy-en-Valois, dans l'Oise). Stupeur des salariés et des élus de la région. "L'annonce de l'arrêt de l'activité a été vécue comme une trahison", confie Christine Tuffin, déléguée syndicale CGT chez PTPM.

La décision passe d'autant moins bien que Trèves est le premier industriel à avoir été soutenu par le FMEA (codétenu par PSA, Renault et le Fonds stratégique d'investissement, qui est lui-même propriété de la Caisse des dépôts et de l'Etat). Durant les années 1990, la municipalité d'Aÿ a également épaulé PTPM à travers une opération d'"usine-relais", rappelle le maire (PS), Dominique Lévêque."

 

Ainsi, pour répondre à cette insolence, la CGT organise de manière plutôt inédite "un comité de soutien des contribuables" pour défendre les salariés et dénoncer l'abus d'argent public qui aurait été utilisé pour "le redéploiement de son appareil de production et délocaliser vers des pays à bas coût de main-d'oeuvre."

 

La rentrée sera très chaude côté emploi...

Pour qui tu vas voter en mars mon amour?

cygnes-coeur.jpgCa faisait longtemps que je n'avais pas pris le temps de répondre à une chaîne, et l'Hérétique a (une fois encore, chapeau!) réussi à me rebooster pour m'interroger, avec la blogosphère politique, sur la possibilité pour un couple de vivre en harmonie -!!!- malgré des options politiques différentes de part et d'autre.

 

Je serai brève et je répondrai "oui! bien sûr, sauf bien sûr si monsieur tient des discours extrêmistes"!

L'engagement politique (tel que je le conçois) dépasse largement l'adhésion à un parti qui souvent avantage furieusement ses prétentions électoralistes au détriment de son discours officiel. En tout cas, ce qu'on observe actuellement ne peut contredire cette affirmation, le jeu des tactiques en scène dans les différents théâtres de rassemblements de circonstance pourrait éloigner à vie toute bonne volonté ouverte à l'engagement partisan... (même si j'approuve la participation de Marielle au show de Peillon, je trouve le traitement de cette actualité dans les médias spectaculairement burlesque... snif. Le MoDem en devient du coup encore moins lisible pour le public non averti. Si nous pouvions d'abord communiquer mieux sur notre identité avant de montrer nos affinités possibles pour un monde meilleur... parce que si la présence est indispensable, les enjeux ne sont pas clairs pour tout le monde).

 

Bref, je ferme la parenthèse et je m'explique. Comme je l'ai écrit à plusieurs reprises, mon engagement ne se contente pas d'une participation à l'avenir du Mouvement Démocrate, je suis aussi adhérente d'associations dans lesquelles je travaille pour ma cité et ses habitants, et aussi partie prenante dans certains combats, en anonyme ou pas.

 

L'important pour moi c'est que celui qui doit partager ma vie ne soit pas indifférent vis à vis de la société qui l'entoure, de son environnement, du futur. Qu'il participe à la vie collective, de quelque manière que ce soit. Qu'il se renseigne dans les journaux ou à la radio sur son monde. Qu'il agisse pour ses convictions. Et surtout qu'il supporte mes nombreuses absences dûes à mes engagements. Qu'il les supporte parce qu'il les comprend. Et je supporterai les siennes forcément... L'idéal étant de partager les mêmes pour passer plus de temps ensemble, mais on ne peut pas trop demander non plus ;-). La vie de famille se construit aussi avec tout cela, question d'organisation.

 

Un ami me disait récemment que peu importent les idées politiques, l'essentiel résidant dans la cohérence des discours et des actes. Je lui ai répondu que je n'étais pas d'accord. Le socle d'une idée, d'un engagement, constitué par une culture et des valeurs, est fondamental par rapport à la cohérence, qui elle-même évolue en fonction des échanges avec les autres et des mutations de notre société. Pour moi, le partage de valeurs participe à l'avenir d'une relation amoureuse (à long terme), et comme certaines valeurs sont partagées à droite, à gauche, au centre et au-dessus..., pas d'inconvénient pour moi à devoir partager ma vie avec un gars de droite ou de gauche.

 

 

Tout ceci sans trop en dévoiler néanmoins sur ma vie privée...

 

Voilà... Et maintenant c'est au tour de Skeptikos, Annnie Day, MKag et Michel.

22.08.2009

A Marseille on discute, à Strasbourg on se recueille

Justement je parlais de lui aujourd'hui, demandant de ses nouvelles à une amie qui travaille au Conseil Régional d'Alsace. Il était en convalescence, on n'en savait pas plus. Il est décédé aujourd'hui.
 
Les hommages s'enchaînent, et pas seulement en Alsace. Adrien Zeller était respecté pour son action et son engagement, et pas seulement dans son camp.

 

Aujourd'hui on vante (ou on moque) partout le grand rassemblement de Marseille qui, sous la tutelle de Vincent Peillon tente de dépasser les clivages des camps politiques pour créer un dialogue à destination -espérons-le!- de l'intérêt général, de manière transpartisane : ce qu'il en ressort hélas (à la télé) pour l'instant, c'est seulement une apparence de tactique électorale, alors que ce n'est pas le but. Mais les médias et le public préfèrent le show, donc on ne regarde pas les enjeux... Perso, je ne crois pas que l'essentiel réside dans les alliances mais dans ce qu'on veut en faire; et pour l'instant, je ne vois pas... Ceci est à suivre cependant.
Adrien Zeller justement a eu la personnalité suffisamment forte et enthousiaste pour qu'on s'intéresse aussi à ses idées et ses actions. Pour n'en citer qu'une qui me tient à coeur : il a valorisé et encouragé la coopération transfrontalière, et notamment l'amitié entre la France et l'Allemagne. Je vous invite à ce titre à visiter le site dédié au Programme INTERREG Rhin Supérieur et aux projets concrets qui découlent de la gestion des fonds Européens dont s'occupe notre institution Régionale à titre exceptionnel (ce n'est en effet pas le cas dans les autres régions) : http://www.interreg-rhin-sup.eu/

 

Il est aussi une référence en matière de décentralisation qu'il souhaitait considérer de manière européenne et globale : cf. cliquez ici     

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Ci-dessous le communiqué de presse du MoDem 67 :

Le Mouvement Démocrate du Bas-Rhin tient à exprimer sa tristesse et à saluer la mémoire d'Adrien Zeller, centriste de cœur et d'esprit, européen convaincu et homme de dialogue toujours respectueux du pluralisme démocratique.

 

Figure emblématique et grand défenseur de l'Alsace, il avait su nouer un lien de respect et d'affection avec l'ensemble des alsaciens, son travail incessant sur la décentralisation, son engagement social et européen, le caractère novateur qu'il avait su insuffler à la politique régionale reste un exemple à suivre pour notre famille politique.

 

Anne Meunier, présidente du Modem67

 

 

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un peu d'histoire :

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21.08.2009

Tiens si on s'donnait RDV...

J'ai longtemps hésité, notamment en raison de la distance et de la lenteur des transports dans l'Est (Strasbourg - Lyon : 5h minimum en train, puis la suite encore jusqu'à Montpellier et la Grande Motte), mais finalement j'y serai le samedi et le dimanche. Franchement quand on voit le programme, on ne peut qu'accourir et réserver sa place en vitesse! Rendez-vous compte, en guest star, vous croiserez KaG, le Crapaud, Raphael, Florent, Claudio, Antonin, Christophe, Fotini! De la haute voltige, une niche d'interventions très prometteuses!!!

 

La politique, c'est une question d'échanges aussi, et pas seulement de parrainages facebook... (je pensais avoir atteint le summum de spams de fan-club pendant les Européennes, mais là, on frise l'overdose sur Faceuboukeu...)

 

Qu'est-ce que j'en attends de mon séjour à la Grande Motte?

Tout d'abord des échanges ouverts, qui dépassent les clivages des intérêts départementaux et des querelles stériles qui peuvent parfois (...!!!) survenir.

Ensuite, l'opportunité d'apprendre, de comprendre, d'analyser l'évolution et les mutations en marche dans notre société, de la matière pour ouvrir des perspectives pour le Projet Démocrate qui nous permettraient de pouvoir ENFIN le rendre plus lisible et visible...

De la formation aussi pour être meilleurs en écoute et en campagne.

Et puis des nouvelles rencontres et de la bonne humeur! Histoire d'en garder d'excellents souvenirs et de me procurer un peu d'énergie pour les échéances à venir...

 

Allez, on se donne RDV là-bas!...

Pour vous inscrire : ici

Programme :

15.08.2009

Ils se sont dit OUI!!!

Ah l'été, saison des amours : histoires éphémères, romances pleines de promesses, et surtout unions pour la vie devant M'sieur le Maire... De l'émotion à l'état pur.

 

C'est Philippe de Villiers qui nous donne le grand bonheur de devenir témoins de son oui pour la vie (régionale et puis après pour toujours...), reprenant à son compte un magnifique texte de Carlita, l'Amoureuse, (qui devient pour l'occasion l'Amoureux) espérant ainsi pouvoir enfin faire entendre la voix du MPF qui est aussi peu audible que celle de ... la chanteuse.

 de villiers sarko.jpg

Version librement adaptée : (originale ici

 

Il semble que quelqu’un ait convoqué l'scrutin
Les voix sont des jardins je danse sur les bulletins
Il semble que mes choix soient devenus les mêmes
Qu’à chaque instant qui vole je puisse toucher l'mandat
Qu’à chaque instant qui passe je puisse tuer Ségolène

 

Les gauchos sont planqués, les centristes déraisonnent
Ils croulent sous les gaffes
au plus flou de l’été
l'UMP ne fond plus Nicolas chante doucement
Et même la Gauche Moderne a un air impatient
Et même le Nouveau Centre se donne l’air important

 

Car je suis l’amoureux, je suis l’amoureux
Et je tiens dans l'UMP la seule de toutes les choses
Je suis l’amoureux, je suis ton amoureux
Et je chante pour toi la seule de toutes les choses
Qui vaille d’être là qui vaille d’être là 

[...]

 

 

sarkozy-bruni-de-villiers.jpg

 

 

Eh bé, qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour exister... Allez, je vous laisse, c'est l'heure de ... LA SOUPE!

 

Bravo Nico, t'es le roi... des MAITRES CHANTEURS...

 

NB : sources : photo : ici ; dessin :

14.08.2009

La Besace, le Retour...

Je sais que vous attendez tous le retour de la Besace avec une grande impatience (...) alors je vous fais un petit coucou au beau milieu de mes vacances, parce que je suis en courte escale à Roanne, ville dans laquelle il n'y a rien à faire, rien à voir, rien à espérer, (...), hormis une équipe de basket actuellement au repos, comme mon blog... Ce vide sidéral est l'opportunité rêvée pour se remettre à "politiser" un peu...

 

Donc une fois n'est pas coutume, je viens vous annoncer mon plus fervent soutien au gouvernement français. Si si. Mais je précise : mon soutien concerne la décision du ministre de l'intérieur de suspendre le préfet Paul Girot de Langlade pour "propos diffamatoires, empreints de racisme"... Si vous n'avez pas entendu parler de cette histoire, résumons : le 31 juillet à Orly, ce Monsieur le Préfet, victime de la "répression" de l'aéroport d'Orly malgré son éminent statut, s'en est pris à l'agente de sécurité d'origine antillaise qui a eu l'outrecuidance de le SOUMETTRE à un contrôle de sécurité. Excédé, Monsieur le Préfet lui aurait rétorqué : « Où on est là? On se croirait en Afrique (...). Il n'y a que des Noirs ici».

Une enquête a été ouverte aujourd'hui au parquet de Créteil.

 

"Petite" incongruité : ce Monsieur le Préfet (hors cadre par ailleurs) est comme le rappelle Mediapart  "l'un des quatre hauts fonctionnaires nommés – avec ses homologues de Guadeloupe, de Guyane et de Martinique – pour assurer la coordination locale des Etats généraux de l'Outre-mer... " mise en place par Sarkozy 1er qui déclarait solennellement en février : «Pourquoi des Etats généraux? Parce que le principe de démocratie implique un dialogue, une écoute, une compréhension mutuelle. Que la crise sans précédent que viennent de traverser la Guadeloupe, la Martinique, la Réunion et la Guyane témoigne de l'importance d'entendre ces frustrations, blessures et souffrances. Qu'elle témoigne tout autant de l'impérieuse nécessité de les surmonter pour imaginer l'avenir de l'outre-mer. Un avenir à construire dans le respect et le dialogue

 

Donc il n'a pas eu le choix Monsieur Le Ministre Eric Besson. Il fallait punir... et assortir les discours bien intentionnés de faits bien... attentionnés.

 

Sinon, à Roanne, heureusement, il y a plein de monde que j'aime bien. Non parce que sinon, qu'est-ce que je viendrais y faire...?

 

PS au(x) Roannais qui m'envoient des réclamations relatives à ma description de leur ville : il s'agit d'humour, j'adore venir!

08.07.2009

La chaîne des gémissements d'été

Je n'aime pas trop l'été... D'une part à cause de la chaleur étouffante qui m'empêche de circuler dans tous les sens à la vitesse de la lumière sans me sentir repoussée par les vagues de nonchalance forcée et encouragée par cette lourdeur étourdissante... D'autre part parce qu'en plus autour de nous tout s'arrête...



Donc je profite de ce moment d'humeur pour répondre à la chaîne que mon mécanicien nord-alsacien préféré a créée et intitulée "Est-il normal que"... Je la décrirais de manière caricaturale si j'osais... Il s'agit d'écrire un billet et de s'autoriser à geindre en commençant toutes ses phrases par "est-il normal que", sachant que nos gémissements collectifs résultent simplement de la dernière "petite phrase" de notre président de la République préféré :

“Est-ce qu’il est normal que le dimanche quand Madame Obama veut avec ses filles visiter les magasins parisiens, je dois (sic) passer un coup de téléphone pour les faire ouvrir ? »



Voilà c'est mon tour :

- Est-il normal qu'en France tout s'arrête en été, et particulièrement cette année? On sait que les écoles et les universités sont en vacances, que de nombreuses entreprises ferment en août, et que c'est comme ça... Hormis le fait que c'est une aubaine pour de nombreuses entreprises de fermer cette année pour souffler et mettre tout le monde en grandes vacances pour diminuer les "frais" des départs définitifs qui vont suivre, il est quand même angoissant de se dire que dans quelques jours, il ne se passera plus grand chose entre les murs... et que le tourisme ne va pas forcément apporter autant de "richesses" que d'habitude (sauf si Mme Obama décide en août de faire les boutiques et les musées avec Carla et Rachida, à Paris et Strasbourg, en semaine ET le dimanche).



- Est-il normal que les citoyens soi-disant les plus engagés se mettent aussi en stand-by d'action, tous en même temps?

Quelques exemples? Le PS nous crée tout plein de groupes de réflexion, donc ça réfléchit aux moyens de reprendre le pouvoir, mais bon... En dehors de ça... On verra la suite aux universités d'été fin août/ début septembre... (idem pour beaucoup d'autres partis...)

Les syndicats? L'intersyndicale qui se voulait transpartisane et unie pour lutter en masse et en cohésion au profit de l'emploi et de l'intérêt général vient de reporter toute nouvelle décision à la rentrée... le temps de se poser...



Donc tout le monde suit le mouvement ensuite... Il est urgent de ne rien faire.



- Est-il normal qu'on accepte que tout le monde (enfin presque) se regarde le nombril l'été??? Parce que pendant ce temps là... on s'habitue à tout, on se créé des repères et on accepte ce contre quoi on luttait il y a quelques jours... Et puis le temps de redémarrer la mécanique, à la rentrée, le dynamisme n'est pas prêt à affronter avec suffisamment de recul les nouveautés qu'on devra subir au lieu de comprendre....



Donc M Sarkozy, tu pourras ouvrir tout ce que tu veux le dimanche, tout le monde s'en moque là, surtout que l'été dans les stations balnéaires, on s'habitue à disposer de tout tout le temps. On en reparle en septembre, parce que là, je fais bronzette, tu permets?



Et je tague Olivier, ce cher KaG qui sera ravi de nous faire une petite liste d'humeur... Parce que là, il doute beaucoup, faut faire quet'chose... Mais personne d'autre parce que... "est-il normal qu"'on mobilise toute la blogosphère pour se plaindre? ;-).... Allez, on se remobilise, au moins sur le net...

30.06.2009

Présumé suspect

Toute personne d'origine africaine pourrait l'attester, tous ses amis aussi, la probabilité de se faire contrôler par les forces de l'ordre est plus forte quand on a la peau noire, quand on est d'origine maghrébine, africaine, et qu'en plus on est jeune. Tout cela on le sait. Mais ce qui est nouveau, c'est que des études ont été menées pour quantifier ce phénomène. Médiapart publie aujourd'hui un article intitulé "Contrôles policiers au faciès, la preuve scientifique", dans lequel le journaliste met en valeur l'étude menée par des chercheurs du CNRS.

 

Puisqu'il est vrai que la loi prévoit que "toute personne a l'obligation légale de se prêter aux contrôles d'identité", forcément, "tout devient possible" dans les interpellations intempestives où les suspects sont toujours les mêmes profils, subjectivement catégorisés dans la case "attention danger"... Trouver des critères objectifs et non discriminatoires de choix de contrôle, ce serait participer aussi à un certain apaisement dans les rivalités qui persistent entre forces de l'ordre et quartiers difficiles, mais surtout, ce serait respecter nos principes républicains.

 

Cette étude a été menée sur 5 sites parisiens. (cf exemple sur vidéo ci-dessous qui nous explique son principe).

Voilà ses préconisations au point de vue politique :

 

"• Reconnaître publiquement l’existence d’un problème de contrôle au faciès dans

la police française.

• Encourager et financer les recherches pour déterminer l’ampleur du problème

que constitue le profilage racial en France.

• Entreprendre un examen approfondi des normes juridiques, des politiques et des

pratiques qui sous-tendent les habitudes de contrôle au faciès.

• Modifier l’article 78.2 du Code de procédure pénale afin d’interdire explicitement

la discrimination raciale, de clarifier et de renforcer l’existence de « raisons plausibles

de soupçonner » claires et définies, comme seules justifications des contrôles

d’identité ; et afin, également, de clarifier les raisons qui amènent à la palpation

ou la fouille des intéressés.

• Maintenir et soutenir les organes de contrôle spécialisés et indépendants des forces

de sécurité, tels que la Commission nationale de la déontologie de la sécurité,

les doter des ressources matérielles et humaines suffisantes pour donner suite

aux requêtes dont ils sont saisis, afin de leur permettre d’identifier d’éventuelles

pratiques discriminatoires, y compris indirectes.

• Engager un travail avec les communautés locales et les associations sur les problématiques

de non-discrimination, pour discuter la nature du problème et élaborer

des réponses politiques susceptibles de bénéficier d’un consensus social réel."

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22.06.2009

A découvrir : de l'art brut à l'art numérique

La création artistique, notamment dans le domaine de la peinture, a toujours évolué depuis des siècles s'inspirant des nouvelles techniques qui modifient l'invitation visuelle à entrer dans le monde des artistes : l'homme primitif peignait avec ses mains sur les parois des grottes tandis qu'aujourd'hui, les toiles traditionnelles laissent place au numérique comme support de création, et comme élan pour aller encore plus loin dans la recherche de style, et encore plus vite dans la diffusion des oeuvres, grâce à internet.

 

C'est dans cet esprit-là que trois artistes roannais nous présentent leur expo intitulée : De l'art brut à l'art numérique.

 

Julien Margotton, frère de sa soeur, un des trois exposants nous en dit plus :

 

Encore bravo pour cette grande première! Pourquoi avoir choisi ce titre De l'art brut à l'art numérique?

 

Nous exposons tous les trois dans des domaines assez différents : Benjamin Perche (Princesse Ficelle) fait de l'art naif, Mathilde Comby de la photo et moi de la peinture numérique, je présente aussi quelques un de mes dessins ( tableaux automobiles, Bandes dessinées). A trois, nous traduisons bien ce cheminement de l'art brut à l'art numérique.

 

Tu dessines sans relâche, quotidiennement depuis l'âge de 4 ans, et tu as démarré comme tout le monde avec des crayons, puis des pinceaux! Peux-tu nous dire ce que l'art numérique a apporté à ton travail?

 

Aujourd'hui j'utilise les outils du XXIème siècle, la palette numérique, le must étant la tablette écran qui me permet de dessiner directement sur l'ecran (mais il faut bien sûr investir dans du matériel approprié). On pourra bientôt comparer cette révolution à celle qu'a connue la photo ces dernières années. Je ne m'inscris pas dans le même registre que les peintres traditionnels, mais plutôt dans une démarche tout à fait contemporaine qu'ont les artistes qui profitent de leur époque, et évoluent avec. Comme je dis toujours, "Never back down". Jamais de retours en arrière. J'explore de nouvelles techniques, je profite de ce que la peinture numérique offre comme moyens qui n'existent pas avec le crayon ou le pinceau : superpositions, couleurs, ...

 

Comment penses-tu faire évoluer ton travail et ton art?

Mon travail s'inscrit dans la personnalisation et l'identification que ce soit pour les illustrations automobiles réalisées à l'identique du modèle du propriétaire, ou que ce soit le travail de portrait réalisable sur toutes tailles de format, imprimé sur chassis toile.

 

Julien Margotton s'est lancé en free-lance en janvier 2009, créant sa société de graphiste "Margotton Création". Il travaille depuis toujours 7 jours sur 7. Retrouver son blog afin d'avoir un petit aperçu : http://www.myspace.com/lartistedelafamille

 

Et pour le RDV :

 

Invitation_vernissage bis.jpg

 

20.06.2009

Se recentrer... avant de promouvoir et non le contraire

Pendant que de multiples réseaux internes se constituent à l'intérieur d'un parti qui souffre pourtant déjà d'un manque d'unité et de lisibilité, d'autres militants vont se réunir demain au Siège du Mouvement Démocrate, à Paris, autour de Corinne Lepage afin de poursuivre les travaux des commissions nationales et de leur donner un nouvel élan, une nouvelle dynamique; il s'agit de gagner en visibilité par le biais de projets et propositions concrètes,...  Bref se recentrer sur les fondements réellement "promoteurs" et engagés en interne, ...

 

Je n'ai pas signé l'appel des Promoteurs, pas compris leur demande et la création -encore - d'un nouveau site internet alors qu'on a déjà du mal à se retrouver sur toutes les plateformes existantes. Les ambitions de cette lettre ouverte arrivent après la tempête... et font trop de bruit. Voter des textes en interne au MoDem puis les remettre en cause quelques mois plus tard parce l'on a perdu en externe, c'est un signe d'inconstance. En aurait-il été de même si les circonstances nous avaient donné 3 ou 4 points de plus?

 

Je ne remets pas en cause le contenu de cette lettre, mais simplement sa forme et sa médiatisation. Oui pour un "recentrage" sur nos valeurs, avant de devenir les promoteurs d'une nouvelle sous-commission organisatrice sans tenir compte de l'existant. Les commissions sont là pour comprendre notre société et la faire évoluer dans le sens de nos valeurs. Ensuite, nous pourrons porter les messages. Le contraire, comme on est en train de le voir..., bof.

 

Voir aussi le billet de l'Hérétique, autre vision, mais assez complémentaire.

 

En attendant, le programme de demain qui nous permettra de reprendre  les propositions et de les articuler partout sur le territoire (et à demain pour ceux que j'y retrouverai!)

"·         Expression des participants sur les expériences de l’année passée et de sa conclusion

·         Synthèse des débats

·         Remèdes et vision d’avenir (ordre du jour provisoire à actualiser en fonction des débats)

§  Méthodes, échange de bonnes pratiques

§  Liens avec les Fédérations Départementales

§  Présence des commissions aux Universités d’Été 2009, documents à préparer

§  Création d’intergroupes chargés de la synthèse des Commissions : Développement soutenable, Démocratie, Humanisme"