03.07.2008

MoDem 67, la reconstruction se prépare

Le 8 mai, lors de la journée consacrée à la consultation des adhérents pour la rédaction du Réglement Intérieur National, François Bayrou a dit : "Le Bas-Rhin, ça ne va pas". Réaliste, hélas, mais pas complètement vrai...

 

Le MoDem 67 n'a plus d'instances depuis des mois, et survit grâce au travail de nombreux militants déterminés à faire vivre leur Mouvement Départemental malgré toutes les dernières mésaventures qui se sont déroulées ces derniers mois. Conflits de personnes, dénigrements, réglements de comptes publics, etc, ont beaucoup affecté les militants, et surtout le Mouvement Démocrate local, et les perspectives des futures échéances, bien que réjouissantes pour envisager enfin un peu de stabilité, pouvaient faire redouter le pire!
 


Mais manifestement, c'est le contraire qui se passe! Trois équipes déclarées pour les futures élections, c'est très encourageant! Il y a une réelle vitalité des adhérents, et une volonté de construire. 


 
Je travaille avec l'équipe Ambition Démocrate (rappel : ici) pour qui la démocratie interne et la participation active des militants est le vrai moteur, nous le prouvons par des actes (Journée Démocrate de dimanche par exemple). Et cette équipe est aussi ambitieuse pour ses projets, et sans complexe dans ses choix. Et je dois dire que nous avons donné un certain rythme à cette campagne (qui a démarré de manière informelle depuis de très longues semaines, inutile de le nier). 


 
Je crois que nous avons besoin d'une équipe forte, solidaire et tournée vers l'avenir. Et cette équipe devra être représentée à l'extérieur par une personnalité forte, capable de montrer et représenter à l'extérieur la force de son Mouvement Départemental, et en mesure de s'affirmer dans les prochains débats, sans complexe et de manière crédible. La candidate à la Présidence que nous avons choisi de soutenir est Danièle Meyer. Nous l'avons communiqué hier. Reconnue par ses électeurs (maire de Rhinau, Pdte de la Communauté de commune du Rhin), par de nombreux militants puisqu'elle est fidèle à Bayrou depuis 92 quelles que soient les stratégies adoptées, et enfin par les élus du MoDem puisqu'elle les représente à l'intérieur du Collège des Elus, au Conseil National, elle est celle qui peut relever le défi de remettre nos structures départementales en ordre de marche!  Et il y a vraiment beaucoup de travail!


Pour en savoir plus, téléchargez la nouvelle newsletter d'Ambition Démocrate : Info_Ambi..[1].pdf

Si tu te libères, tu seras libre ; si tu libères un autre, tu en feras ton esclave*

[...] "En Colombie, nous devons encore penser à notre origine, à qui nous sommes et où nous voulons aller. Moi, j’aspire à ce qu’un jour, nous ayons la soif de grandeur qui fait surgir les peuples du néant pour atteindre le soleil. Quand nous ne serons inconditionnels face à la défense de la vie et de la liberté des nôtres, c’est-à-dire, quand nous serons moins individualistes et plus solidaires, moins indifférents et plus engagés, moins intolérants et plus compatissants. Alors, ce jour-là, nous serons la grande nation que nous voulons tous être. Cette grandeur est là endormie dans les cœurs. Mais les cœurs se sont endurcis et pèsent tant qu’ils ne nous permettent pas des sentiments élevés."

[...]

"Je ne pourrais pas croire qu’il est possible de se libérer un jour d’ici, si je ne connaissais pas l’histoire de la France et de son peuple. J’ai demandé à Dieu qu’il me recouvre de la même force que celle avec laquelle la France a su supporter l’adversité, pour me sentir plus digne d’être comptée parmi ses enfants. J’aime la France de toute mon âme, les voix de mon être cherchent à se nourrir des composants de son caractère national, elle qui cherche toujours à se guider par principes et non par intérêts. J’aime la France avec mon cœur, car j’admire la capacité de mobilisation d’un peuple qui, comme disait Camus, sait que vivre, c’est s’engager. (…) Toutes ces années ont été terribles mais je ne crois pas que je pourrais être encore vivante sans l’engagement qu’ils nous ont apporté à nous tous qui ici, vivons comme des morts." [...]

 

extraits de la lettre de 12 pages adressée par Ingrid Betancourt à sa famille en décembre 2007, source : site internet Le Figaro

 

Que tout le monde se réjouisse de cette libération, c'est légitime. Soulagement, joie, admiration, compassion, les sentiments ne manquent pas pour accompagner cette libération d'Ingrid Bétancourt! On ne peut qu'être solidaire du bonheur retrouvé de cette famille!

Et maintenant?

La surmédiatisation a sans doute ralenti certaines opérations pendant tout ce temps de rétention, tout en permettant des récupérations pas toujours passées inaperçues (rappel : note d'avril : ici). Nous avons assisté à un matraquage médiatique résultant d'une réelle méconnaissance de la situtation locale et des enjeux réels de la prise d'otages en Colombie. Le retour d'Ingrid va susciter des démarches de communication pas toujours impartiales, et privilégiant parfois les effets d'annonces et le voyeurisme; la fascination pour l'héroïsme puise ses sources dans l'émotionnel, dans la personnalisation de fantasmes qu'on vit par procuration. Surtout à l'époque des modèles imposés par le projet de Sarkozy, fondé sur l'avoir plus que sur l'être. "Qui est Ingrid Bétancourt et quels sont ses prochains combats?" est une question qui pourrait rapidement se transformer en une série de questions, une série d'épisodes, dont les différentes intrigues reposeront sur le côté magique de l'histoire de ce combat pour des convictions dans lequel on ne retiendra que les réactions et les ressentis... Le modèle de la gloire et non de l'idéal.

Ingrid mène un combat pour la liberté, certes, mais saura-t-elle se libérer des pièges qu'elle ne connaît pas encore et dans lesquels ses enfants et ex mari sont déjà tombés, par excès de volontarisme et de toute bonne foi? Un peu de silence et de respect de ce retour en famille pourraient être préconisés... et un peu de pudeur de la part des consommateurs de l'info seraient bénéfiques... Mais...

 

*citation de Lessia Oukrainka (féministe ukrainienne, 1871-1913), Le Maître de Pierre

28.06.2008

Faire vivre la démocratie interne au MoDem, au niveau local

L'organisation interne d'un parti politique oscille fréquemment entre l'oligarchie et la démocratie, entre l'élitisme et la participation militante au débat et aux décisions. Le sens des mots se perd souvent dans des querelles moralisatrices et faussement pédagogiques qui sont fortement révélatrices des jeux de pouvoir et de concurrence qui se manifestent à l'intérieur d'un parti.
 
Comment faire en sorte qu'un parti ne soit pas une organisation partisane avec une direction unifiée, mais prenne en compte le pluralisme démocratique (qui ne doit pas se confondre avec l'émiettement des opinions)? Comment faire participer les militants à la mise en œuvre de l'orientation stratégique de leur parti, qui elle même découle de sa direction et des représentants exécutifs? Responsabiliser le militant, c'est l'informer et lui donner les moyens de participer à la vie de son parti, et ce rôle-là doit être pris en charge par les instances de proximité. Un parti n'est pas qu'une représentation idéologique nationale, et ne doit pas être confondu avec un groupe parlementaire, il est aussi une organisation locale en perpétuel rapport avec son siège national.
 
Le projet du Mouvement Démocrate qui continue sa lente et solide construction, qui vise un gouvernement fondé sur l'humanisme permettant de faire face à la mondialisation, permet cette exigence, puisque les logiques d'appareils n'existent pas et ne sont pas souhaitées, même si certaines ambiguïtés subsistent encore provisoirement dans le fonctionnement général; le temps permettra les ajustements nécessaires souhaités par les militants avides de démocratie interne lucide, c'est à dire ceux qui respectent l'exécutif et les autorités de contrôle du pouvoir, avec un regard critique et mesuré. La participation militante dans la réalisation du projet démocrate s'organise, et doit trouver ses méthodes. "Le Mouvement démocrate est un mouvement de citoyens actifs. On n’y adhère pas pour seulement pour soutenir, pour être des supporters, mais pour participer à la mesure de ses forces et de sa disponibilité, pour construire des idées, un programme, des équipes". ( extrait du discours de Bayrou lors du lancement du Mouvement Démocrate au Zénith, le 24 mai 2007)
 
 
Certaines pratiques exemplaires existent déjà et font leur preuve, il est bon de s'en inspirer, afin de transmettre du souffle et des directions aux initiatives militantes et à leur enthousiasme. Prenons l'exemple des journées démocrates, qui se généralisent : elles garantissent un réel débat, c'est à dire des discussions constructives sur des sujets donnés en impliquant tous les volontaires, même les plus discrets. Marielle de Sarnez a récemment (1er juin) utilisé cette méthode pour la rédaction collective du réglement intérieur départemental à Paris, ce qui a permis de fédérer les militants autour de ce projet et de son intérêt. Je vous propose de consulter en pièce jointe le "Vademecum de la journée démocrate" rédigé par Franz Vasseur, conseiller national et militant très actif qui s'est notamment distingué à de nombreuses reprises grâce à ses travaux et ses initiatives sur la démocratie interne (qqs exemples : à Seignosse lors des ateliers, à Villepinte pour les statuts, avec Régions en Mouvement pour les élections des conseillers nationaux et plus récemment à la convention sur l'Europe avec sa contribution relative à la création d'une agence européenne des semences) : s'inspirant de la journée démocrate initiée par Marielle de Sarnez et d'autres journées de ce genre, il a rédigé ce "mode d'emploi", méthodique et pédagogue. Nous nous en inspirerons pour la journée démocrate bas-rhinoise, et je le remercie de me l'avoir transmis! Ici : Vademecum..[1].pdf

 

Et j'en profite pour rappeler à TOUS LES MILITANTS BAS-RHINOIS notre invitation :

 

Première journée démocrate intitulée
"DU CENTRE AU PROJET DEMOCRATE"*
le dimanche 6 juillet de 10h à 16h30à Strasbourg : ASCPA - Club Kayak/Escalade
20 rue de la Plaine des Bouchers - Le Heyritz
Cette journée va permettre à tous les militants présents de travailler, dans la bonne humeur, en petits groupes à l'intérieur de 4 groupes thématiques.
Ci-dessous le programme de la journée :
  • 10h: Accueil et répartition dans les groupes
  • 10h30 à 12h30 : Réflexions et travaux en groupes sur les thèmes suivants :
    1.
    Accueil et formation des nouveaux adhérents.
    2. Quels projets politiques pour préparer les prochaines échéances
    3.
    Quelle organisation de notre Mouvement Départemental pour garantir la démocratie interne et la participation de tous les volontaires?
    4.
    Information et communication : quelle communication interne et externe ?
  • 12h30 à 14h : Déjeuner ensemble autour d'un barbecue.  
  • 14h à 16h : Restitution des réflexions des participants aux groupes puis débat.
Le but de cette journée démocrate n'est pas de produire des grands discours mais des projets concrets, la synthèse des travaux sera transmise à tous les adhérents, puisque les résultats de cet exercice de démocratie interne nous concernent tous!
Vous pouvez nous contacter et vous inscrire pour cette journée :
- soit à l'adresse ambitiondemocrate@hotmail.fr
- soit en appelant Nelly Margotton au 06 60 14 18 91.
Au plaisir de vous rencontrer ou de vous revoir !

 

* Concernant le titre de cette journée, il s'inspire directement de l'article publié par François Bayrou dans la revue Commentaires, que je vous invite à lire : ici

"[...] nous considérons que nous ne sommes pas nés pour subir le monde mais pour le façonner, pour l'ordonner et pour le changer. On n’est jamais obligé de céder à l’inéluctable, car l’inéluctable n’est tel que par notre pusillanimité".

Universités d'été de la Démocratie à Strasbourg, du 30 juin au 4 juillet

Communiqué de presse du Conseil de l'Europe :

Conseil de l'Europe : début de l’Université d'été de la démocratie la semaine prochaine

Strasbourg, 23.06.2008 – « Gouvernance, pouvoir et démocratie », tel est l’un des principaux thèmes de la troisième Université d'été de la démocratie organisée par le Conseil de l'Europe à Strasbourg du 30 juin au 4 juillet.

La manifestation rassemblera plus de 600 participants d'écoles d'études politiques de 16 pays européens.

Elle sera ouverte par Terry Davis, Secrétaire Général du Conseil de l'Europe le lundi 30 juin à 9 h 30. Filip Vujanovic, Président de la République du Monténégro, devrait prononcer un discours d'ouverture.

Roland Ries, Maire de Strasbourg, Göran Lindblad, Vice-président de l'Assemblée parlementaire (APCE), et Meglena Kuneva, Commissaire européenne chargée de la protection des consommateurs, figurent au nombre des principaux orateurs de la séance d'ouverture.

La session de cinq jours comportera un ensemble de conférences et ateliers à thèmes qu’organiseront et animeront quelque 75 experts, spécialistes de la démocratie, des affaires internationales, de la société civile et des médias ainsi que des personnalités internationales comme Kim Campbell, ancien Premier ministre canadien, Egor Gaydar, ancien Premier ministre de la Fédération de Russie, Stanislau Shushkevich, ancien président de la République du Bélarus, Ivan Vejvoda, directeur exécutif de la Fondation balkanique pour la démocratie, et le Président du Congrès du Conseil de l’Europe, Yavuz Mildon.

Jean-Paul Costa, Président de la Cour européenne des droits de l'homme, et Andreas Gross, Vice-président de l'APCE, participeront le vendredi 4 juillet à la séance de clôture au cours de laquelle doit être adoptée une déclaration finale.

Le même jour est prévu également le lancement officiel de l'association européenne des écoles d'études politiques avec la participation de Catherine Lalumière, ancienne Secrétaire Générale du Conseil de l'Europe.

Les séances plénières et les conférences thématiques sont ouvertes à la presse, contrairement aux ateliers et aux réunions à la Cour.

Un point presse sera donné par Jean-Louis Laurens, Directeur général des Affaires politiques du Conseil de l'Europe, le mardi 24 juin à 15 heures (salle 17, rez-de-chaussée du Palais de l'Europe, derrière le kiosque à journaux, près du distributeur).

Pour en savoir plus :

programme : prog_schools_fr.doc

fiche d'information : FS_schools_fr.doc

et surtout : l'article de DANIEL RIOT sur RELATIO EUROPE : ici

27.06.2008

immigration, éthique et tests ADN

Le Comité Consultatif National d'Ethique (CCNE), chargé d'étudier et de rendre un avis sur un décret d'application de la loi Hortefeux sur l'immigration, s'oppose aux tests ADN dans le cadre du regroupement familial. Cette consultation est en effet prévue par la loi.

 

Ce qui est rappelé en substance : la filiation ne s'établit pas par les gènes ou par la science, la biologie, mais plutôt par une histoire. Et outre la dimension éthique, il subsiste aussi des ambiguïtés au niveau juridique (concernant le consentement des étrangers qui vont être soumis aux tests), aucune garantie n'est donnée sur l'accord pour le regroupement familial en cas de  "filiation prouvée",  et il manque aussi l'assurance que les tests ADN ne seraient pas conservés et utilisés à d'autres fins. Les multiples amendements rendent également le texte très peu lisible.

 

Qu'adviendra-t-il donc de cette loi? Le CCNE ouvre-t-il un nouveau débat, qui ne pourra pas être taxé de clientéliste ni de partisan, mais de réellement objectif, éthique et humaniste? A suivre.

 

Ci-dessous le  le texte de l'avis du Comité d'éthique du 26 juin 2008, publié hier soir par Mediapart :

"Vu l'article 13 de la loi n°2007-1631 du 20 novembre 2007 relative à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile;

Vu le projet de décret pris en application de l'article 13 précité,

émet l'avis suivant:

Il rappelle que, dans un avis en date du 4 octobre 2007, intitulé "Migration, filiation et identification par empreintes génétiques", il a manifesté son hostilité à l'usage des tests génétiques; il ne peut que réitérer cette prise de position.

Dans les articles R 211-4-5 et R 211-4-6 du projet de décret il existe une ambiguïté. Ces textes visent à la fois la «demande» d'identification par empreintes génétiques et le «consentement» des personnes dont l'identification est recherchée. Les deux démarches sont nettement distinctes sur le plan juridique.

Comment comprendre que les textes réglementaires soient codifiés alors que la loi ne prévoit qu'une «expérimentation» ne pouvant excéder 18 mois.

L'article 13 I alinéa 2 de la loi prévoit l'intervention du TGI de Nantes devant lequel un débat contradictoire doit s'instaurer. Or le projet de décret ne contient aucune mesure permettant la présence effective de l'étranger devant la juridiction.

Le projet de décret ne précise pas si le candidat qui aurait rapporté la preuve de sa filiation par recours à un test génétique obtiendra le visa demandé.

Afin d'éviter toute possibilité de croisement de fichiers ou d'utilisation de tests génétiques à des fins autres que celles visées par la loi, il est indispensable que le projet de décret précise les garanties données à l'étranger pour la protection de sa vie privée.

En conséquence le CCNE émet un avis défavorable au projet qui lui a été soumis. "

 

25.06.2008

LOUNES MATOUB, 10 ans après

Lounes Matoub (Taourirt Moussa, 24/01/56, route de Ath Douala, 25/06/98), chanteur et poète kabyle. 10 ans qu'il est mort assassiné, 10 ans que sa femme tente de lever les mystères sur cette affaire, en vain, des blocages subsistent de toute part, impossible de faire avancer cette enquête. Il est plus commode d'attribuer les responsabilités uniquement au GIA (qui revendique l'assassinat), mais cette thèse est insatisfaisante pour tous les proches de Lounes Matoub, ainsi que pour les associations et organisations de défense des droits de l'homme.

 

Chanteur et poète avant tout, Lounes Matoub s'est surtout fait connaître et reconnaître par ses engagements et ses prises positions politiques concernant :

- la défense de l'identité et de la culture amazighe

- les valeurs de la démocratie

- la laïcité

"Les gens me connaissent beaucoup plus à travers mes cassettes et disques. La raison est que les médias, principalement la T.V. et les chaînes de radio nationales n'ont jamais levé le veto me concernant. De ce fait, j'ai été tout le temps interdit d'antenne. Je ne suis pas considéré peut-être par eux comme un chanteur au même titre que les autres. Il semblerait que je sois un trouble-fête. Ce n'est qu'après octobre que certains ont "osé" parler de moi. Timidement donc, je commençais à faire surface. Mais j'étais toujours en garde-à-vue. Et je crois que jusqu'à maintenant ce mutisme continue à mon égard." Matoub Lounès - Horizons le 25/26 mai 1990)

En 1994, il fut détenu durant deux semaines par un groupe armé islamiste, puis libéré grâce aux manifestations très suivies et passionnées de tout le peuple kabyle. Il a publié par la suite le récit de cette enlèvement dans Rebelle,  puis a donné un récital au Zénith de Paris quelques mois plus tard, en 1995, dont voici un extrait :

 

Et encore pour le découvrir: Un de ces derniers textes (chanson)

LA VERTU DÉPRAVÉE

 

La Vertu est bienfait, dit l'adage :
Elle est malice de la pureté,
Âme vertueuse qui choit toujours se relève.
Elle façonne le visage posthume
Et nourrit la gloire à son éclosion,
Qui a vertu a postérité.
Eh bien moi, frères, la vertu m'écœure,
Une fois que nous nous sommes répudiés,
L'opulence retentit de mon nom...

 

Point de cabane au loin qui ne frémissait,
Ni de vapeurs opiacées qui ne s'envoûtaient,
Aux chants d'El-Hesnaoui, d'El-Anqua.
De perversité j'ai pavé mes vœux,
Aujourd'hui me harcèle au scandale
La revanche qui surgit à l'improviste.
D'aucuns clament : jamais ne prospère
Celui qui vit sans roguerie :
Voici le temps venu, soyons arrogants.
Vers la ruse donnons-nous licence,
Nous enduirons de souillure
Ceux qui se vêtent de vertu.

 

Par l'immense abîme, toute ma richesse,
Et par mon sang se déversant à flots,
Je suis estropié, chacun me conspue.
Mais jougs dévorés de rouille, jougs déferrés,
Jougs qui ne peuvent plus me figer
Dans le sillon du champ de la probité ;
Ces paupières jadis emplies de pudeur,
Jamais plus ne se baisseront, jamais,
Fût-ce devant qui m'inspirait respect !
La fraternité, je lui briserai les reins,
Je lui tisserai un beau linceul,
Aux maelstroms, je la livrerai.

 

De l'amitié je carderai la beauté,
Je la ravagerai à la chaux de la ruse,
Comme à la boue de ma hideur.
Je m'appuierai sur quiconque est nanti,
Armé de haine pour tout autre,
Quand il naîtrait de mes racines.
La main de Dieu je la ferai mienne
Et je ferai crouler toute sagesse,
Je la bannirai de mon paysage.
Les malfaisants, je les convierai ;
Par leur force je terrasserai
Ceux que mon cœur n'aura pas enferrés.

 

C'est le dépravé tapi dans la bassesse,
Lui qui crache au visage de l'honneur,
Qui élucide le nœud de l'Histoire.
C'est la brute gavée à notre faim
Qui a conquis et brandit le sceptre,
Il a empire sur toutes contrées.
Si ton village vénère l'aliboron,
Sois donc au nombre des premiers
À l'asservir par l'appât de l'avoine.
Si cette ère devient oppressante,
Fuis ! Foule d'autres terres ;
Oublie quel fut le visage d'hier.

 

Extrait du disque Au nom de tous les miens, Paris, Blue Silver, 1997.

traduction : Yalla Seddiki

 

sources : Mediapart, Wikipedia, Amazighworld.

 

24.06.2008

Pouvoir d'achat : pas d'impatience!

Vous êtes impatients d’augmenter votre pouvoir d’achat ?
Vous souhaitez bénéficier davantage des résultats de votre travail ?
Vous voulez alléger vos dépenses contraintes (alimentation, télécommunications, énergie...) ?
Vous aspirez à payer moins d’impôts ?
Vous avez besoin d’aide pour vous loger ?

 

 Désolée, je n'ai pas les réponses à tout cela, mais d'autres les ont préparées spécialement pour nous tous, citoyens français, enfin... électeurs français. A voir sur ce site : http://www.premier-ministre.gouv.fr/information/les_dossi...

 

 Voilà ce que nous pouvons lire :

"Le président de la République et le Gouvernement ont mis en place, depuis juillet 2007, une série de mesures pour initier et accompagner un mécanisme vertueux de relance du pouvoir d’achat.

S’appuyant notamment sur trois textes phares, la loi en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat du 21 août 2007, la loi pour le pouvoir d’achat du 8 février 2008 et le projet de loi de modernisation de l’économie du 28 avril 2008, cette politique doit permettre aux Français de gagner plus, de dépenser moins, d’être exonérés d’impôts, d’être soutenus et d’être informés et protégés."

 

 

Une grande campagne de communication vient de démarrer, il s'agit de nous prouver que là-haut dans les ministères, on travaille pour notre pouvoir d'achat, comme promis. Mais si faire-savoir et savoir-faire vont de paire, à nous donc de bien décrypter les messages publicitaires, euh non pardon les communications du gouvernement, afin de bien cerner les fondements de cet irrépressible besoin de nous convaincre ... Pour seulement 4 330 000 Euros, nous saurons tout, c'est promis, il suffit de bien regarder sa télé, (en attendant l'écran plat dernière génération que l'on pourra se payer prochainement avec ses bonus de pouvoir d'achat), les spots sont diffusés depuis hier à raison de 1630 diffusions! Pour les distraits qui n'ont pas le temps de regarder la télévision parce qu'ils sont occupés à travailler plus, ils seront aussi informés grâce à la presse, ou sur internet.

 

On est en décalage avec les chiffres de l'INSEE qui annonce une croissance nulle pour le dernier trimestre? On sous-estime l'impact de la crise des subprimes qui n'aurait pas dit son dernier mot? On néglige la baisse des remboursements des soins par la sécurité sociale? On occulte l'augmentation du prix du pétrole?

 

Non je ne suis pas de mauvaise foi, ni dans la critique systématique du gouvernement concernant ses méthodes en économie, non, j'ai compris que j'étais simplement TROP IMPATIENTE! Il s'agit d'une vraie remise en question pour moi, heureusement que le gouvernement nous explique tout!

A quand un vrai projet de modernisation économique, qui se base sur l'activité humaine à partir d'une définition de l'homme et de ses aspirations, de ses désirs et volontés et non à partir de ce qu'on lui programme comme aspirations, désirs et volontés? La manière de communiquer et les canaux de diffusion de cette campagne ne sont pas anodins... On nous explique "voilà ce que vous voulez obtenir", et en miroir "voilà ce que voulez savoir sur notre action".

J'aime vraiment beaucoup cette définition de Jean-François Kahn tirée de l'Abécédaire mal pensant :
"Pouvoir d'achat : Expression qui s'est peu à peu substituée à la notion de "salaire" et de "rémunération". Il est significatif qu'elle renvoie aux moyens qui permettent, non plus l'affirmation de l'être, mais l'accumulation d'un avoir, non pour se réaliser, mais pour acheter..."

 

S'informer, analyser, comprendre... Le fait de vouloir convaincre s'inscrit dans un comportement démocratique, les opinions doivent pouvoir se confronter. Mais communiquer sans manipuler, sur la base de l'argumentation et de l'écoute, c'est un peu plus respectueux... Expliquer plus pour convaincre plus ou expliquer mieux pour convaincre mieux? Le pouvoir d'achat est-il une question posée en préalable de la communication ou une réponse qui donne les moyens de communiquer sur un certain projet de société?...

20.06.2008

Quel démocrate êtes-vous? Test!

A force de lire ici ou là des leçons de démocratie, des exemples et des contre-exemples, des preuves et des dénis, j'avoue y perdre quelquefois mon latin, et entre le radicalisme et la modération, l'exigence peut rester indemne, l'interprétation quant à elle est créatrice de débats... pas toujours démocratiques.

 

J'ai trouvé sur le site des Cahiers Pédagogiques ce petit test, qui peut permettre de réfléchir à sa propre conception de la démocratie, et à une volonté d'objectivité indispensable à tout projet démocrate. Perspective : éducation et démocratie.

 

C'est à vous :

Quel démocrate êtes-vous ?
Un jeu-test, par Andrée Devaux et Pierre Madiot
jeudi 21 avril 2005

 

 

1. Dans une école démocratique, quelle doit être l’attitude d’un enseignant dans sa classe ?

-  A : Le rapport enseignant - enseigné est de fait un rapport asymétrique, donc inégalitaire, la démocratie n’a alors pas sa place ici ; il ne peut y avoir construction de la personnalité et de la citoyenneté que dans l’acceptation de cette règle.
-  B : L’enseignant doit offrir aux jeunes un choix suffisamment grand de modèles à imiter parmi les aînés prestigieux.
-  C : Il n’existe pas de « bons » modèles, Lindividu ne peut se forger son identité que sans contraintes.
-  D : La classe se doit évidemment d’être un lieu exemplaire de démocratie, le creuset d’où partira la construction d’une société plus démocratique.
-  E : L’ordre démocratique est inscrit dans « la charte » de la classe où droits et devoirs de chaque partenaire sont clairement définis.
-  F : La pratique de la démocratie dans la classe au quotidien est bien évidemment ce qui favorise le mieux l’épanouissement des différentes personnalités.

2. Dans quelle mesure les méthodes d’apprentissage peuvent-elles être démocratiques ?

-  A : On sait l’impact du statut scolaire sur le sens donné aux savoirs : ce n’est qu’en créant des processus démocratiques de décision au sein même du travail méthodologique que l’apprentissage deviendra démocratique.
-  B : Les méthodes où l’élève est au centre des dispositifs proposés par l’enseignant qui permettent à chacun de saisir les éléments nécessaires pour construire une problématique, sont les plus démocratiques.
-  C : L’enseignant sait très précisément où il entend conduire ses élèves : son travail consiste à induire les bonnes questions pour obtenir les bonnes réponses, propres à construire du sens.
-  D : C’est en se frottant à toutes sortes de logiques proposées par les différents enseignants que l’élève pourra trouver celle qui lui convient.
-  E : La seule logique d’apprentissage possible est celle que l’élève construit lui-même en exerçant le droit de critiquer les logiques qu’on lui impose.
-  F : La seule logique qui permette à l’individu et au groupe de se développer mutuellement est celle de l’auto-socio-construction du savoir.

3. Jusqu’où doit aller la démocratie à l’intérieur de l’établissement ?

-  A : Il n’y a rien qui échappe au débat démocratique car seul unlycéen-citoyen sera apte à construire demain la société future.
-  B : En garantissant le droit des élèves à participer aux instances citoyennes prévues à cet effet, on les initie à la démocratie.
-  C : C’est « en forgeant qu’on devient forgeron » : la société démocratique est celle qui permet à chacun de découvrir ses capacités, mais aussi ses limites, et aussi de trouver sa place dans la société.
-  D : Institutions-bidon ! Il est nécessaire que l’élève reste force de contestation à l’extérieur du système et ne soit pas récupéré.
-  E : Tout, bien sûr, doit être soumis aux règles institutionnelles de la démocratie.
-  F : La démocratie concerne certes quelques points d’organisation de l’établissement, mais la pédagogie relève, elle, de l’équipe éducative.

4. La démocratie peut-elle s’appliquer aussi aux contenus d’enseignement ?

-  A : Bien évidemment, puisqu’il faut s’appuyer sur le désir d’apprendre et la créativité et de ce fait donner le maximum d’initiatives aux élèves.
-  B : Le prétexte de la transmission culturelle ne doit pas nous cacher les chaînes avec lesquelles on enferme l’individu et on limite sa liberté.
-  C : L’enseignant est le garant du programme et des valeurs qu’il sous-tend, c’est donc lui qui définit le cadre à l’intérieur duquel le débat, pourra prendre place.
-  D : Il est certes souhaitable que les individus aient un droit de regard sur les produits culturels qu’on leur propose pour qu’ils puissent faire leur choix.
-  E : Si on les guide les élèves peuvent tout à fait avoir leur mot à dire sur les contenus.
-  F : Ilest important de mettre en place toutes les instances qui puissent permettre le débat sur ces problèmes, lorsque les élèves seront en mesure de le faire, ce qui n’est actuellement pas le cas.

Solution de notre jeu : Quel démocrate êtes-vous ?

 

Voici les 6 représentants-type que nous avons pu repérer. Vous appartenez à ce type, si vous avez une majorité de réponses (3 ou 4) qui correspondent à un type donné, sinon vous êtes évidemment un démocrate de type mixte, voire même très métissé, si vous avez des réponses dans tous les types ! Dans ce cas, avez-vous conscience de votre manque de cohérence ?

Vos réponses sont :

1A, 2C, 3F, 4C
Vous êtes un démocrate de type républicain !
L’école de la république est pour vous synonyme de démocratie, mais la démocratie semble s’arrêter à la porte de la classe, seriez - vous en retard d’une république ?

1F, 2B, 3B, 4E
Vous êtes un démocrate de type pédago-guide !
Vous êtes là pour aider à l’épanouissement d’un jeune être, que vous voulez protéger. Vous oubliez que votre pédagogie se substitue à l’expérience de votre protégé, l’enfer pédagogique existe, il est lui aussi pavé de bons sentiments !

1B, 2D, 3C, 4D
Vous êtes un démocrate de type libéral !
Pour vous, il est important que l’école offre à chacun des produits de choix multiples dans tous les domaines. Vous concevez l’école comme un immense supermarché où chacun pourra prendre ce qui lui convient. Vous oubliez que tous les élèves n’ont pas le même pouvoir de prendre selon leur appartenance sociale.

1C, 2E, 3D, 4B
Vous êtes un démocrate de type transgresseur !
Pour vous « hors de la transgression point de salut ». Vous ne croyez qu’au grand chambardement. Vous pensez les règles et les interdits comme uniquement répressifs, vous oubliez qu’ils sont aussi structurants.

1E, 2A, 3E, 4F
Vous êtes un démocrate « pur et dur » formel !
Vous semblez être un perfectionniste de la démocratie, organisée dans le moindre détail ; il ne saurait être question de laisser-aller dans la vie scolaire. Ce cadre si bien défini ne serait-il pas mortifère ?

1D, 2F, 3A, 4A
Vous êtes un démocrate de type militant - romantique.
Vous pensez sincèrement que l’école peut aider à changer la société. Vous voulez donner le pouvoir à chacun et plus particulièrement à ceux qui ne l’ont jamais eu. Votre vision du monde vous honore, mais n’est-elle pas peu ou prou utopiste ?

20 juin, journée mondiale des réfugiés

Des chiffres toujours en hausse : 11.4 Millions de réfugiés dans le monde, et 26 millions de personnes internes, chiffres à fin 2007.

Handicap International est née dans les camps de réfugiés cambodgiens il y a 25 ans, avec l'ouverture de centres d'appareillages. 25 ans plus tard, l'association est toujours présente auprès des populations déplacées, au Soudan, au Cambodge, et dans les situations d'urgence.

Voici un des combats que je reproduis, concernant les réfugiés sud-soudanais :

Sud Soudan : Faciliter le retour d’exil
8ce37404703eed691baf18978a9cddbb.jpgHandicap International accompagne le rapatriement de réfugiés au Sud Soudan depuis avril 2006. Thierry Labrouze, chef de projet à Bor, nous explique la façon dont se déroule le projet, actuellement ralenti comme chaque année par la saison des pluies.

Que fait Handicap International sur place ?

Handicap International s'occupe du rapatriement des réfugiés, dont la majorité arrive encore en provenance du Kenya. Le camp de transit à Bor permet d'accueillir les réfugiés dans leur pays après un exil de 17 à 20 ans suite aux conflits des années 1990. Certains d'entre eux y restent seulement une nuit. Ils sont ensuite raccompagnés chez eux, par bus ou camion vers leurs villages d'origine. L'association accorde une attention particulière aux personnes handicapées : des lits leur sont réservés et ils sont ramenés chez eux en voiture.

 

Combien de personnes sont concernées ?

De mi janvier à fin avril, 5 700 personnes ont été accueillies dans ce camp de transit puis ramenées vers leur zone d'origine. Chaque vendredi un convoi routier d'environ 380 personnes arrivait. Six avions, transportant à chaque fois 300 personnes ont également permis d'acheminer les réfugiés. Au total, environ 700 personnes arrivaient à Bor chaque semaine. Les réfugiés sont à 80 % des femmes – dont beaucoup de veuves - et des enfants. Des accessoires essentiels à leur réinstallation leur étaient distribués : des kits de cuisine, des couvertures, des jerricans, des seaux, des matelas, des moustiquaires... Ainsi que de la nourriture pour leur permettre de subsister durant les trois premiers mois de leur réinstallation.

 

Que se passe-t-il actuellement ?

Le retour des réfugiés n'est possible que durant la saison sèche, de novembre à fin avril, ensuite, les voies de communication sont impraticables. En ce moment Handicap International distribue de la nourriture pour permettre aux personnes qui ont été rapatriées en début d'année de se nourrir. Elles peuvent ainsi attendre les prochains résultats de  leur première récolte. Pendant les distributions de nourriture, des séances de sensibilisation aux dangers des mines vont également être effectuées. Les activités de rapatriement à proprement parler reprendront d'ici octobre novembre, dès le retour de la saison sèche.

(article et photo : Handidap International)

Voir le Diaporama : ici

 

Les ONG, les associations sont présentes. Initiatives et valeurs n'attendent pas les concertations pour intervenir... Mais il reste un gros travail de la part des sociétés afin d'accueillir les réfugiés, de les accompagner, de les protéger.

18.06.2008

Vous n'êtes pas les bienvenus...

"Bienheureuse la ville qui a reçu cet homme en son sein, bien ingrate si elle l'a chassé, bien misérable si elle l'a perdu!" Cicéron, Pro Milone.
 
"Nous avons été chassés du Paradis, mais le Paradis n'a pas été détruit pour cela. Cette expulsion en quelque sorte est une chance, car si nous n'en avions pas été chassés, le Paradis aurait dû être détruit". Franz Kafka, Journal intime.

 

 Champ lexical de l'expulsion, de l'exclusion.

 

Malgré les voix des associations, des ONG, des représentants de pays du Sud  (comme Evo Morales), malgré les protestations, les manifestations, malgré Michel Rocard, malgré Jacques Delors, la majorité a tranché (307 voix pour, 206 contre et 109 abstentions) : la "chasse aux clandestins" est lancée en Europe... et adoptée par le Parlement Européen.

Extrait article Mediapart : " Sur 493 millions d'habitants, dont 20 millions d'étrangers, l'Europe compterait entre 4,5 et 8 millions de sans-papiers (contre 12 millions aux Etats-Unis), selon les estimations de la Commission européenne. Ce chiffre augmenterait de 350.000 à 500.000 personnes chaque année.

En préparation depuis trois ans, ce texte, appelé «directive retour», fragilise un peu plus cette population. Il prévoit qu'un sans-papiers puisse être retenu pendant une période de dix-huit mois (au maximum) dans un centre de rétention avant son expulsion. Une fois retourné dans son pays d'origine, il sera interdit de territoire européen pendant au moins cinq ans (davantage s'il représente une menace «sérieuse» pour la sécurité publique).

Les enfants et les familles se verront proposer des alternatives à la rétention, mais en dernier ressort, ils pourront être expulsés. Les mineurs non accompagnés ne seront pas non plus protégés.

Alors que 201.870 étrangers ont fait l'objet d'un renvoi d'un des Etats membres en 2006, cette directive s'inscrit dans la tendance, réactivée depuis le 11 septembre 2001, à la multiplication des contrôles et au développement des murs (comme les barbelés de Ceuta et Melilla, séparant le Maroc de ces enclaves espagnoles) et des camps, [...]."

 

Paradoxe : d'un côté on plebiscite l'ouverture des frontières en faveur d'un rééquilibrage de la démographie et aussi pour palier les besoins de main d'oeuvre, et de l'autre on ferme les portes aux indésirables. Va-t-on parallèlement créer une structure de recrutement avec des critères permettant de choisir ceux qui peuvent prétendre entrer et rester en Europe, et ceux qui sont isolés en camp de rétention et renvoyés dans leur pays d'origine? Il y a ce que Michel Foucault nommait les citoyens légitimes, et les illégitimes, selon la volonté arbitraire de la puissance souveraine, qui consiste à stigmatiser certains individus, certaines personnes. Une réflexion sur l'intégration serait un préalable à la définition des critères d'inclusion et d'exclusion, ce qui présupposerait néanmoins l'existence d'une culture europénne de référence. Dans un espace politique vide, la délibération n'a pas lieu d'être, et la citoyenneté démocratique ne peut être qu'instrumentalisée à la tendance du moment. Et si cette tendance est à la peur, au doute, le repli identitaire n'est jamais loin, et la différence de l'autre est reconnue comme une menace, sauf si la place de cet autre est prédéterminée et reconnue par la tendance comme d'utilité publique... (si cet autre est appelé..)

 

Pour terminer, quelques mots d'Aimé Césaire, tirés de Cahier d'un retour au pays natal

"Partir. Mon coeur bruissait de générosités emphatiques. Partir... j'arriverais lisse et jeune dans ce pays mien et je dirais à ce pays dont le limon entre dans la composition de ma chair : « J'ai longtemps erré et je reviens vers la hideur désertée de vos plaies ».

Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : Embrassez-moi sans crainte... Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai».
Et je lui dirais encore :
« Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir. »

Et venant je me dirais à moi-même :
« Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse... »"

17.06.2008

Ambition et Ambitieux...

Question qui aurait pu faire l'objet de quatre heures studieuses pour nos futurs bacheliers, hier lors de l'épreuve de philosophie : Toutes les ambitions sont-elles légitimes?

 

Il s'agirait pour nos apprentis philosophes de dégager d'abord une problématique  : on commence par travailler sur la définition du terme ambition, qui revêt souvent une consonance très péjorative, on parle de personnages "dévorés par l'ambition", on les montre du doigt, on les stigmatise et on les repousse même! Alors que ce terme renvoie essentiellement au désir et à la volonté marquée d'atteindre un but, un objectif, le pouvoir, en quoi est-il critiquable en soi? Tout va dépendre finalement des finalités qui guident cette ambition, et des moyens que l'on va utiliser pour atteindre ses objectifs...

 

Dans la discussion, on s'inspirerait bien sûr de Machiavel (le Prince), et on justifierait ainsi certaines atteintes à la morale en rappelant la vertu de l'efficacité... "Que le Prince songe donc uniquement à préserver sa vie et son Etat : s'il y réussit, tous les moyens qu'il aura pris seront jugés honorables et loués par tout le monde." On pourrait rappeler certaines grandes figures révolutionnaires qui ont donné leur vie et surtout celles des autres pour la liberté, ou une certaine idée de la liberté...

Puis on poursuivrait en faisant intervenir la morale, l'éthique, des traditions judéo-chrétiennes aux doctrines juridiques qui impliquent le droit de défense des victimes; tout n'est pas permis pour servir les objectifs d'une seule personne ou d'un groupe de personnes; le respect de l'autre est une des première limite qui remet en question la légitimité d'une ambition!

Bref, être ambitieux tout en étant démocrate, c'est mettre en œuvre un projet d'intérêt général, qui répond à des attentes et qui prend en compte la liberté de tous ceux qui seront affectés par le projet.

 

Et ce qui va légitimer l'ambition réside justement dans les méthodes et les étapes qui vont se succéder jusqu'à ces objectifs; c'est le cas pour le projet européen, et pour tout projet de société... Fixer des étapes et rendre lisible, faire en sorte que l'ambition de quelques uns soient l'ambition de la majorité, et de la multitude. Et on ne parlera plus d'ambition mais d'avenir!

 

Ce soir, quelle est l'ambition de l'équipe de France de football? Gagner son match, gagner la coupe, jouer un bon football? Le jeu et la stratégie développés seront-ils à la hauteur de l'ambition choisie? Pour qui jouent-ils ce soir???

Réponse dans... très peu de temps...

 

Petit film... machiavélique (mais l'efficacité est-elle au bout?)! Faire du foot autrement, en voilà une belle ambition!

MAJ 23h15 : faire du foot autrement pour gagner! oups... mais si l'ambition non assouvie du coach aboutit au mariage, alors là...

RDV : Le 23 juin, Ambition Démocrate vous dit tout !

L'équipe du MoDem 67 Ambition Démocrate, à la rencontre des adhérents : 1er RDV important : 

Invitation

 

Tout d'abord, nous avons le plaisir de vous convier à notre première réunion avec les adhérents, dans le cadre de notre tournée à la rencontre des militants du MoDem bas-rhinois, et nous vous donnons RDV le :

 

lundi 23 juin à SCHILTIGHEIM,

à la Maison des Sociétés, 1 rue Patrie,

à 20h15


Ordre du jour de cette réunion : "Ambition Démocrate vous dit tout"


1. Présentation de notre groupe de travail et de l'esprit de notre initiative

2. Présentation des axes de notre vision pour l'avenir du Mouvement Démocrate

Ü  Un Modem ambitieux dans ses choix

Ü  Un MoDem force de proposition : une organisation locale en « Ateliers »

Ü  Une démocratie interne vivante, vigilante, exigeante

3. Discussion avec la salle

15.06.2008

ouf... tous ensemble!

C'était incertain, c'était tendu, c'était l'actualité du week-end pour le Mouvement Démocrate : Cap 21 a confirmé son adhésion au MoDem! Le rôle de ses adhérents et de Corinne Lepage doivent prendre toute leur place dans les projets du MoDem, ils représentent une force vive indispensable, organisée et structurée, citoyenne et ambitieuse.

 Ci dessous la dépêche de l'AFP :

15/06/2008

NANTERRE (AFP) — Le parti écologiste Cap 21 a entériné dimanche, lors d'un Congrès statutaire à Nanterre (Hauts-de-Seine), son adhésion au Mouvement Démocrate (MoDem) dont il est membre fondateur, au terme d'un débat "assez chaud" de l'aveu de sa présidente, Corinne Lepage.

"Ca a chauffé" sur la question de la double appartenance Cap21/MoDem, a reconnu devant la presse Mme Lepage, qui vient d'être nommée vice-présidente du MoDem, en charge des commissions de travail.

"On a voté trois fois sur la question de savoir si des adhérents de Cap 21 pouvaient y rester sans adhérer obligatoirement au MoDem. On a fini par dire non", a-t-elle expliqué.

Selon elle, environ "20%" des adhérents voulaient garder la liberté de refuser l'adhésion automatique au MoDem. En revanche, les statuts du MoDem ont été approuvés "à l'unanimité".

Cap 21, qui compte "entre 2.500 et 3.000" adhérents, garde une "autonomie programmatique et financière, mais pas politique", a-t-elle précisé.

Cela signifie que des candidats issus de Cap 21 aux prochaines élections seront "des candidats MoDem", a expliqué Mme Lepage, ex-candidate aux municipales.

"Je suis convaincue que le mélange de cultures politiques que représente le MoDem est à même de répondre au défi de construire le parti du développement durable", a-t-elle déclaré dans son discours de clôture, devant une centaine de militants et le président du MoDem, François Bayrou.

"Cap 21 peut et veut jouer un rôle central" dans l'élaboration du projet, car "nous disposons d'une base programmatique et d'une réflexion déjà poussée, qui pourra servir de base au MoDem", a-t-elle ajouté.

M. Bayrou a expliqué qu'"opposé aux courants" où chacun cherche à se compter en vue d'obtenir "un nombre de places en fonction des résultats de la guerre interne", il acceptait l'existence de "sensibilités" telles que Cap 21.

Dans le "respect de l'histoire et des identités", il faut construire "un mouvement riche et pluriel", a-t-il lancé, tout en mettant en garde: "dans l'action, il faut que nous soyons soudés".

Ce congrès de deux jours a accueilli samedi soir des intervenants extérieurs pour un débat sur le développement durable: l'ex-porte-parole des Verts Yann Wehrling, l'ancien conseiller de Ségolène Royal Bruno Rebelle (ex-Greenpeace) et le député UMP François Grosdidier, opposé aux OGM.

"Nous avons décidé de monter une union nationale de tous les défenseurs de l'écologie, qui sera trans-partis", a affirmé Mme Lepage.

Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo, invité à cette soirée, s'était décommandé pour des raisons d'agenda, mais il a "invité l'équipe de Cap 21 à une réunion de travail et de débats le 19 juillet", a indiqué à l'AFP son entourage.

 

Site de Cap 21 (Citoyenneté Action Participation pour le 21ème siècle) : http://www.cap21.net/

14.06.2008

Le non irlandais : lux?

Alors que nos journaux nationaux et régionaux font semblant de s'émouvoir de la victoire du non lors du référendum sur le traité de Lisbonne, reprenant les déclarations des gouvernants nationaux dans les différents pays d'Europe, il est de plus en plus clair aujourd'hui que la désinformation des citoyens et que l'absence de concertation et de prise en compte des enjeux du quotidien des Européens conduisent au non respect du destin initial de l'Union Européenne.

 

Commentant cet événement, Alain Lamassoure, secrétaire national de l'UMP chargé de l'Europe déclare (cf. site de l'UMP) que la Présidence française de l'UE ne devrait pas être handicapée par ce vote car ses projets sont indépendants de la ratification du traité... (à quoi servent donc les institutions...?); il souligne un engagement fort à faire en sorte que l'Europe des citoyens et l'Europe sociale soient au centre des préoccupations du Conseil européen, qui lui-même doit répondre aux problèmes concrets des citoyens. Comment? En faisant confiance à Sarkozy, comme le rappelle Frédéric Lefebvre, ... Ce qui nécessite que le Président français soit capable de tirer des leçons de ces réactions irlandaises, proches de celles des Français et des Néerlandais de 2005...

 

François Bayrou quant à lui, plebiscite un "texte court, simple, lisible et compréhensible par tout le monde" afin de cicatriser la "rupture qu'il y a entre les peuples et les institutions". Il souhaite qu'on prenne acte de cette rupture  en apportant une réponse politique, qui consiste en la prise en compte de l'"exigence pour les citoyens d'être maîtres de leur destin".

 

Le destin de l'UE est entre les mains de la démocratie, vocation que l'on pourrait qualifier de romantique, qui balance entre l'effondrement tragique, les évolutions et mutations trop rapides et inaccessibles d'un côté, et la foi et la confiance en un monde nouveau et exalté, dans lequel le bonheur se conquiet par le progrès et la liberté. Réconcilier les Européens avec l'Europe, c'est bien entendu la base de tous les projets futurs... Les écouter parler de leur craintes, leurs besoins et leurs espoirs... et leur répondre.

 

Extrait de Lux (in Les Châtiments) de Victor Hugo, poème qui marque dans son euvre la transition entre la dénonciation du mal et la célébration du triomphe du bien.

[...]

II

Fêtes dans les cités, fêtes dans les campagnes !
Les cieux n'ont plus d'enfers, les lois n'ont plus de bagnes.
Où donc est l'échafaud ? ce monstre a disparu.
Tout renaît. Le bonheur de chacun est accru
De la félicité des nations entières.
Plus de soldats l'épée au poing, plus de frontières,
Plus de fisc, plus de glaive ayant forme de croix.
L'Europe en rougissant dit : - quoi ! j'avais des rois !
Et l'Amérique dit : - quoi ! j'avais des esclaves !
Science, art, poésie, ont dissous les entraves
De tout le genre humain. Où sont les maux soufferts ?...
Les libres pieds de l'homme ont oublié les fers
Tout l'univers n'est plus qu'une famille unie.
Le saint labeur de tous se fond en harmonie ;
Et la Société, qui d'hymnes retentit,
Accueille avec transport l'effort du plus petit ;
L'ouvrage du plus humble au fond de sa chaumière
Emeut l'immense peuple heureux dans la lumière ;
Toute l'humanité, dans sa splendide ampleur,
Sent le don que lui fait le moindre travailleur ;
Ainsi les verts sapins, vainqueurs des avalanches,
Les grands chênes remplis de feuilles et de branches,
Les vieux cèdres touffus, plus durs que le granit,
Quand la fauvette en mai vient y faire son nid,
Tressaillent dans leur force et leur hauteur superbe,
Tout joyeux qu'un oiseau leur apporte un brin d'herbe.

Radieux avenir. Essor universel !
Epanouissement de l'homme sous le ciel !

[...]

11.06.2008

Le Mouvement Démocrate au service des Européens!

Dimanche 6 juin, Maison de la Chimie, Paris, 9h30; plus de 1000 militants du MoDem de toute la France ont répondu à l'invitation de Marielle de Sarnez et de François Bayrou; je suis très heureuse d'avoir pu participer à cette journée très enthousiasmante, et marquant l'aube d'un projet de société européenne à vocation humaniste, et fortement empreint des dimensions sociales, économiques, démocratiques, et respectueux des valeurs de justice, d'équité et d'intégration. Prochainement vont être mis en place des groupes de travail et des commissions qui permettront aux adhérents volontaires de participer au projet européen tel qu'il sera défendu dans un an, avec en accompagnement un accès aux informations sur l'actualité européenne et ses chantiers. Il est temps de pratiquer enfin le débat politique au Mouvement Démocrate, l'Europe offre des perspectives fortement fédératrices !

  2 tables rondes ont permis de nourrir le débat, toutes deux animées par Marielle de Sarnez, très talentueuse dans ce rôle de chef d'orchestre, maître du temps et de la parole.  

1ère table ronde : l'Europe et son modèle.

Question de départ : y a-t-il un modèle européen?

En réponse : quelques perspectives :

- Jérôme Vignon, Pdt des Semaines Sociales de France : partant du constat que le modèle social européen est une expression polémique, il prône l'idée de construire une société qui avance au pas de tous, avec en références des valeurs collectives, une société qui tiendrait compte des enjeux de la  protection sociale,  de manière à encourager des citoyens capables de participer à la démocratie active. Il faut créer un nouvel agenda social en s'appuyant sur les méthodes qui fonctionnent déjà dans certains pays; rien ne peut remplacer un dialogue social vivant avec des rôles clairs attribués à chaque partie prenante. Il faut instaurer des liens entre la formation initiale et la formation continue, intégrer et accueillir les migrants et lutter contre les inégalités, particulièrement en matière de santé. Il termina par cette phrase "Le travail n'est pas une marchandise. Nous ne sommes pas une collection d'atomes et nous sommes voués à devenir des citoyens pour la société."

- Gérard Deprez (de Belgique), Pdt de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures s'est intéressé aux relations entre les trois thèmes de la vieillesse, la migration et la démocratie : il rappelle que le vieillissement de la population, accompagné par une diminution importante du nombre d'habitants sur le continent (entre 55 et 100 Millions de personnes en moins d'ici à 2050, le contraire des Etats-Unis) va avoir un gros impact sur la taille de la population en âge de travailler. Par conséquent, les pressions migratoires vont s'accentuer. La logique répressive et sécuritaire le plus souvent préconisée est certes nécessaire mais insuffisante : il faut une politique d'intégration réussie ; "la politique de l'intégration et la volonté active de l'intégration des immigrés doit être l'une des priorités politique de l'agenda social européen". Et ce débat ne doit pas mettre de côté la question du codéveloppement, dont les Européens ont autant besoin que les pays d'Afrique du Nord ou d'Afrique subsaharienne.

- Emmanuel Todd, historien et démographe. C'est lui qui a joué le rôle du contradicteur le plus remarqué, en se définissant dès le départ comme "le mauvais sujet", et en quelque sorte, "l'eurosceptique", celui qui comme beaucoup d'Européens transmet le « message de ceux qui n'y croient plus ». La question de départ à propos de laquelle il est intervenu est la suivante : L'UE peut-elle faire baisser la pression de la mondialisation?". Le modèle de l'Europe défini comme une prospérité économique a eu ses heures de gloire, mais cette époque a disparu, "le libre-échange au stade actuel est un système perdant/perdant pour tout le monde, c'est-à-dire tout à fait autre chose que ce que l’on pensait". Ses réponses : il invente une nouvelle forme de protectionnisme européen :"Dans le protectionnisme, il n'y a pas l'idée de repli. Il y a l'idée de relance. Si vous êtes protégé, vous pouvez relancer les salaires à la hausse. Vous pouvez donc relancer l'ensemble de la machine et, d'ailleurs, dans un stade suivant, vous pouvez même relancer les échanges d'une façon plus efficace et différente". Inutile de dire que ses positions sont loin d'avoir fait l'unanimité, on peut lui reconnaître le mérite d'avoir suscité de nombreuses réactions, et surtout d'interroger les causes du manque d'enthousiasme ressenti par les Européens pour la construction de l'Union Européenne.

 

- Sandro Gozi, député du parti démocrate italien. Il s'est opposé farouchement à Emmanuel Todd, et s'est intéressé plus particulièrement à la zone euro. Sa proposition : la création de l'Union économique et monétaire, qui permettrait de mieux gérer la dépense publique et de promouvoir des préférences collectives. Pour accroître le bien-être des peuples, il convient de ne plus confondre les objectifs et les instruments, ce qui est le cas pour l'Euro, qui ne devrait être considéré que comme un moyen, et qui n'est pas une fin en soi. Pour répondre à la "mondialisation galopante", il faut créer une dynamique pro européenne avec une politique économique commune. "L'Europe n'est pas allée au bout de sa logique. Elle n'a pas voulu devenir autre chose qu'une puissance normative. Cela est vrai, nous le savons en politique étrangère. Cela est d'autant plus vrai en politique économique".  

 

2ème table ronde : l'Europe dans le monde.  

Question : quels projets doit défendre l'Europe pour peser dans le Monde?  

En réponses : quelques perspectives.

- Jean-Luc Domenach, sinologue. Partant du constat qu'il subsiste de grandes incertitudes concernant les croissances asiatiques, il suggère l'idée d'une politique européenne collective qui adopterait un discours unanime au niveau international. En effet, l'Europe a été jusqu'à présent totalement inefficace en Asie, et a encore quelques difficultés à comprendre les enjeux de la situation asiatique; en choisissant parmi les pays européens un chef de file pour travailler sur ces différentes questions (l'Allemagne serait la mieux placée pour la Chine par exemple), l'Union Européenne trouverait enfin une nouvelle approche qui susciterait une meilleure compréhension des débats liés à l'Asie, et par conséquent une réponse adaptée.

- Marcel Mazoyer, ancien Président du Comité des programmes de la FAO, a abordé le thème de la crise alimentaire, qui dure depuis la seconde guerre mondiale. La production alimentaire, ayant augmenté plus vite que la population, cela n'a pas empêché la croissance parallèle de la pauvreté. Les inégalités sont particulièrement remarquables non seulement dans l'accès à la nourriture, mais aussi dans l'agriculture, car les moyens à disposition des exploitants sont loin d'être équitables . "Sur ce milliard de personnes qui travaille strictement à la main, déduction faites de ceux qui ont pu acheter des tracteurs ou des animaux de travail, une bonne moitié n'a même pas les moyens d'acheter des semences du commerce -tant décriées, mais tout de même parfois utiles- des engrais, des pesticides... Ces personnes cultivent au maximum un hectare et produisent au maximum 10 quintaux de céréales, l'équivalent d'une tonne de céréales à l'hectare. C'est cela le vrai tableau. " L'Union Européenne devrait exiger que les produits africains soient payés au coût de la production.

- Eva Joly, conseiller spécial anti corruption et anti blanchiment au NORAD, est sans aucun doute l'intervenante qui a suscité le plus d'enthousiasme, si l'on se réfère à la standing ovation qui a suivi son discours. Elle a souhaité lors de cette Convention, traiter des liens entre le problème migratoire et le développement. Après avoir rappelé à quel point les peuples qui détiennent les ressources en sont privés suite au pillage des puissants, elle demande une interdiction d'accès à nos centres financiers à tous ceux qui pillent leur pays, et parallèlement, elle déplore l'opacité des paradis fiscaux qui permettent de dissimuler l'argent et d'éviter de payer des impôts. Les justices nationales sont impuissantes pour traiter tous les flux illicites, il est donc urgent de créer une justice pénale européenne. L'Europe doit prendre ses responsabilités pour construire un monde meilleur. La question de l'opacité des paradis fiscaux "est aussi importante que l'était la question de l'abolition de l'esclavage il y a 200 ans".

- Tom Brake, député libéral-démocrate britannique, s'est exprimé sur l'aide aux pays en voie de développement. Son idée phare qui a eu le plus d'impact concerne son projet d'encourager les réformes politiques dans les pays en voie de développement, et sur le modèle de la fondation de la démocratie de Westminster , il appelle à travailler avec des partis frères" (donc démocrates) dans ces pays en accompagnant la formation des militants.  

 

Marielle de Sarnez a ensuite conclu ses deux tables rondes en appelant les militants à retrouver le sens profond de l'engagement européen. Nous devons nous appuyer sur nos valeurs, et promouvoir une vision nouvelle du monde. Démocratie et Droits de l'Homme sont nos bases.

Ces interventions ouvrent les débats, les militants possèdent donc une première base de travail afin de démarrer le chantier de la "renconstruction profonde" de l'Union Européenne appelée par Bayrou.

Pour compléter : la totalité des interventions de la Convention sur le site du Mouvement Démocrate.

Discours de François Bayrou, remarquable :

 

04.06.2008

La newsletter d'Ambition Démocrate